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Innovations instrumentales : RSNA 2013 update

Mis à jour le 17/12/2013 par SFR
Les boursiers sont allés à la rencontre de certains industriels, présents sur l’exposition technique. Ils rendent compte des innovations techniques qui ont retenu leur attention. La liste est loin d’être exhaustive et ne couvre pas, par exemple, le traitement d’image. Nous avons fait le choix de citer les principales innovations sans nommer les constructeurs par soucis d’équité et pour éviter les imprécisions sur certains paramètres techniques. Dieu reconnaîtra les siens … 

 
 
 
Un compte rendu beaucoup plus complet sera effectué, comme chaque année, par l’association Française des ingénieurs biomédicaux (AFIB). 


Scanner (Jean-Baptiste Meyer, Constance de Margerie, Suonita Khung, Anthony Dohan)

A nouveau cette année, la réduction des doses d’irradiation tout en préservant (voire même en améliorant, selon certains constructeurs) la qualité d’image est une priorité pour tous. Les méthodes varient avec des filtres spectraux (optimisant le spectre de rayons X et renforçant le contraste air-tissus), une modulation plus fine et de plus grande amplitude du kilovoltage en fonction du morphotype des patients, une double couche de détecteurs (l’une sensible aux photons de faible énergie, l’autre aux photons d’énergie plus élevée) combinée à une modulation angulaire des mAs, des nouveaux logiciels de reconstruction itérative avec des temps de reconstruction acceptables. Pour augmenter la qualité d’image, certains proposent un retour au mode séquentiel ce que permet le passage à de grandes zones de couverture (256 voire 320 détecteurs). La hauteur de couverture est également un point fort des appareils de dernière génération. Certains appareils possèdent encore plus de détecteurs, un foyer flottant, une augmentation de la vitesse de déplacement de la table pendant l’acquisition, ou encore une réduction du temps de rotation. Plusieurs de ces innovations sont souvent combinées chez un même constructeur. Parmi les nouveautés cette année, nous avons également remarqué un logiciel de réduction des artefacts métalliques, permettant de les diminuer en améliorant l’analyse des tissus mous péri-prothétiques. Il se base sur une acquisition en simple énergie, avec reconstruction itérative. Intéressant pour réduire les artefacts en cas d’implant métallique, de plus en plus nombreux. Enfin, un constructeur propose une disposition incurvée de 256 détecteurs pour faire face au faisceau incident et diminuer les artéfacts de bord.


IRM (Francesco Macri, Vincent Hummel, Melanie Kulik)

Cette année, les constructeurs ont concentré leurs efforts sur le côté pratique visant à l'amélioration de la qualité d'image et notamment du confort du patient. Les améliorations portent sur : 1/ l'augmentation de la vitesse d'acquisition, obtenue par la modification des gradients de la machine (leur disposition physique dans le Gantry), par l'emploi de nouvelles méthodes de remplissage de l'espace K, avec réduction des artefacts de mouvement et grâce à l’utilisation d’algorithmes de correction de mouvement beaucoup plus précis; 2/ la réduction des artefacts liés aux éléments métalliques (blooming artefact) grâce à des séquences plus robustes et moins sensibles à la susceptibilité magnétique et à des logiciels de nettoyage et de restauration de l'image. 3/ la réduction du bruit pendant les acquisitions permettant une réduction de 30% d’intensité du bruit lié aux gradients sans altération de la qualité de l’image. Cette innovation, annoncée depuis 2010 est aujourd’hui une réalité. Très intéressant en imagerie pédiatrique et potentiellement pour l’IRM fonctionnelle avec stimulus auditif !

Ultrasons (Anthony Dohan, Roxane Merillon)

Echographie
Les dernières nées des différents constructeurs offrent toutes des qualités d’images optimisées avec pour la plupart un processeur de post-traitement assurant de bonnes performances à la fois en imagerie parenchymateuse et en imagerie vasculaire. Les émetteurs Doppler sont adaptés aux conditions difficiles et permettent l’acquisition en mode triplex avec une faible altération de l’image. Les machines haut de gamme disposent dorénavant d’un mode échographie de contraste hypersensible permettant de diminuer les quantités habituelles de contraste, ainsi qu’un module d’élastographie « shearwaves ». De nouvelles sondes de 18 Mhz raviront les radiologues ostéro-articulaires.
Mais la grande nouveauté cette année est l’arrivée de la fusion d’images, permettant de synchroniser l’acquisition en temps réel avec une imagerie en coupes (TDM ou IRM ou PET) antérieure. Ces nouveaux modules proposés en option par presque tous les constructeurs faciliteraient le guidage pour les gestes de radiologie interventionnelle.

Elastographie

Depuis 2009, l’élastographie a été le sujet de plusieurs études cliniques et publications, notamment dans le domaine de l’échographie mammaire, avec augmentation de la spécificité pour la caractérisation des masses, pouvant potentiellement intégrer à l’avenir la classification BIRADS et l’évaluation de la fibrose hépatique. Les domaines d’application s’élargissent notamment dans le domaine de la caractérisation des nodules thyroïdiens et prostatiques.

 
 
 
Tomosynthèse (Roxane Mérillon)
Cette nouvelle technologie révolutionne la mammographie. Elle améliore la détection des cancers (distorsions et masses), et diminue le taux de rappels en comparaison à la mammographie 2D seule. La détection de microcalcifications est équivalente voir discrètement supérieure. La FDA a approuvé en 2013 le nouveau mode permettant de générer l’image 2D à partir de la tomosynthèse, évitant l’irradiation supplémentaire de la mammographie classique en 2D. Les avancées technologiques permettent d’utiliser la tomosynthèse pour réaliser des biopsies, pour localiser plus précisément et plus rapidement les lésions parfois difficiles à voir ou non visibles en 2D, diminuant ainsi le temps de la procédure et l’irradiation. Une autre évolution est la possibilité de combiner l’imagerie fonctionnelle en 2D avec injection de produit de contraste (angiomammographie) et morphologique d’acquisition rapide de la tomosynthèse, en fusionnant les images.

Radiologie interventionnelle (Pierre Durand, Lambros Tselikas)

Tables de vasculaire

Cette année, les tables sont plus mobiles et ergonomiques avec un gros travail sur la réduction de la dose. Des systèmes différents basés sur la possibilité d’obtenir une mesure de l’irradiation à un point donné permettant l’adaptation et la réduction de la dose en temps réel ou une adaptation de la dose pour une qualité d’image donnée en constituent les principaux moyens. Actuellement tous les constructeurs proposent des systèmes avec une gamme de logiciels dédiés pour la réalisation d’acquisitions rotationnelles, de post-traitements variés, des systèmes de guidage et bien sûr de fusion.

Navigation et aide au guidage

Plusieurs systèmes de guidage étaient présents sur l’exposition technique : qu’ils soient optiques ou électromagnétiques, nécessitant un couplage à une acquisition scannographique, ou échographique.
Deux systèmes ont attiré notre attention : 1/ un système de guidage des gestes percutanés sous tomodensitométrie développé à Grenoble, permettant une localisation temps-réel et un affichage multiplanaire par rapport à un marqueur fixé sur le patient, et une acquisition scannographique avec des résultats cliniques prometteurs. 2/ Un système optique de suivi d’aiguilles sous échographie développé à Baltimore qui affiche la trajectoire de l’aiguille en surimpression de l’image d’échographie, en temps réel.

Imagerie multimodale (Pierre Durand, Lambros Tselikas)

PET-IRM

Il existe historiquement, deux types d’acquisition en PET-IRM : une acquisition dissociée des TEP d’une part (ou PET-CT) et des données IRM, et une acquisition simultanée de ces deux données, la correction de l’atténuation étant fournie par les cartographies DIXON en IRM. Désormais deux constructeurs proposent des systèmes hybrides avec une acquisition simultanée TEP et IRM. Leur intérêt dans les lymphomes, les tumeurs neuroendocrines (combinaison à l’octréotide) et pour l’oncologie pédiatrique paraît important. Les limites actuelles sont la durée des examens (environ 2h) et l’étude incomplète des structures osseuses corticales et du parenchyme pulmonaire. Leur potentiel en neurosciences est immense et leur évaluation dans des protocoles de recherche clinique est souhaitable.

Imagerie du carbone 13

L’imagerie du carbone 13 hyperpolarisée permet des acquisitions IRM/spectrométrie en utilisant un matériel standard, seule l’antenne doit être adaptée. Ce traceur n’est pas radioactif. L’hyperpolarisation du carbone 13 permet d’obtenir un bon rapport signal sur bruit et, en fonction du métabolite injecté, une information fonctionnelle sur les processus métaboliques dans la zone étudiée : le pyruvate comme marqueur métabolique des cellules tumorales (car chez elles, la voie métabolique du glucose est moins efficiente : effet Warburg); le fumarate comme marqueur de nécrose, le bicarbonate pour la mesure de l’équilibre acide-base. Sur le plan clinique, l’intérêt de ces méthodes est montré par Kurhanewicz et al. (Kurhanewicz et al, The Emerging Clinical Role of Hyperpolarized 13C MR in Prostate Cancer Imaging) pour le diagnostic des tumeurs de prostate, la recherche d’un échappement au traitement anti-androgénique et pour la localisation d’adénopathies profondes tumorales.

PACS (Francesco Macri)

L’augmentation des examens d'imagerie médicale et leur numérisation croissante dans les sociétés industrialisées crée une forte demande d'archivage, que l’on souhaite sécurisée et fiable. Les constructeurs des systèmes de PACS (Picture Archiving and Communication System) ont axé leurs efforts sur la polyvalence et l'intuitivité de l’interface utilisateur, sans omettre la réduction de l'espace virtuel nécessaire pour stocker les données. Certains PACS intègrent des systèmes de visualisation et de traitement de l'image futuristes et faciles à utiliser permettant de rendre des images en 3D à l’attention des cliniciens et des chirurgiens.
Ceci serait intéressant pour le suivi de l'évolution de la pathologie par le biais à la fois des images et de concomitantes analyses statistiques et pour les chirurgiens pour la planification de leurs gestes chirurgicaux. Certains PACS ont intégré la compression progressive, et à plusieurs reprises, des images stockées les plus anciennes (programmable), sans perte importante d’information. Tout cela vise à réduire l’encombrement de la mémoire et donc le coût pour nos établissements. Tous les développeurs de PACS travaillent sur la compatibilité avec les systèmes et logiciels déjà présents dans les établissements pour fluidifier le work-flow du radiologue, qui disposerait de tous les outils de visualisation et de traitement d’image sur une même station. Certains proposent même d’intégrer le dossier-patient informatisé au PACS. Enfin, l’accès à distance semble moins complexe et facilite la visualisation et traitement des images pour le radiologue « comme s’il était à l’hôpital », mais aussi pour les correspondants avec des fonctionnalités limitées mais adaptées à leurs besoins de consultation. On tend vers des services de radiologie « sans film » ni CD, tout en préservant la consultation immédiate, l’accès permanent avec une bonne sécurisation des données et de l’anonymat.

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Implication du radiologue en chirurgie plastique du sein


Chères consoeurs, chers confrères, chers amis,

Suite à l'évaluation très favorable de la dernière journée que nous avons organisée en avril 2016 à Lyon sur le thème de l’imagerie du sein et de la chirurgie plastique, nous organisons une nouvelle journée le samedi 1er avril 2017 à la salle Multimedia du Centre Léon Bérard à Lyon. Le nombre de participants sera limité, pour garder un caractère d'interactivité à cette journée. 
Le public concerné est celui des radiologues pratiquant la sénologie, spécialement ceux à très forte orientation sénologique.

Vous trouverez ci-joint le programme de cette journée et la fiche d'inscription. L'implication du radiologue en chirurgie plastique du sein et sa place fondamentale dans ce domaine seront les fils conducteurs de cette journée car les implications entre ces deux domaines deviennent de plus en plus fréquentes et le radiologue sénologue se doit de bien connaitre ces différentes interactions.

Dans l’attente de vous rencontrer, nous vous prions de croire, chères consoeurs, chers confrères, chers amis, en nos
sentiments dévoués les meilleurs.

Organisateurs : 
Christophe TOURASSE
Emmanuel DELAY