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Imagerie cardio-vasculaire diagnostique et interventionnelle

Publié le 14/02/2011, mis à jour le 14/02/2011 par SFR

Gilles Goyault, Hôpital cardiologique, Lille

Imagerie cardiaque
L’imagerie cardiaque non invasive profite depuis plusieurs années d’importants progrès techniques la rendant accessible à un grand nombre de praticiens. Cette spécialité radiologique s’adresse souvent à un public de radiologues peu familiers avec la pathologie cardiaque, l’imagerie du cœur et des coronaires étant jadis le domaine réservé de nos confrères cardiologues. C’est pourquoi de nombreuses sessions étaient consacrées aux bases techniques, anatomiques, fonctionnelles et pathologiques nécessaires au démarrage d’une activité d’imagerie cardiaque.

En marge de ces sessions d’initiation, les équipes référentes présentaient leurs derniers travaux. Ainsi, en IRM, Kirschner et al. ont présenté un nouveau produit de contraste spécifique du myocarde infarci à la phase aiguë (chez l’animal). Cet agent de contraste permettrait de distinguer les récidives d’infarctus sur cicatrice et les infarctus péri-opératoires des revascularisations. Lors de la séance « le temps, c’est de l’argent », visant à présenter les dernières techniques permettant de réduire la durée des examens, l’imagerie ciné multicoupe en une apnée fait aussi bien dans l’évaluation de la fonction gauche que le traditionnel ciné monocoupe en apnée pour un temps d’acquisition réduit d’un facteur 5 (Nassenstein et al). A 3T, l’imagerie cardiaque temps réel à 50 images par seconde promet des possibilités encore jamais offertes dans l’exploration morpho-fonctionnelle du cœur (Frahm et al). A suivre…

En scanner, Siemens et le scanner double source ont dominé la session organisée sur la perfusion myocardique. Weininger et al., Choo et al., Ho et al. ou encore Techasith et al. ont montré l’intérêt du couplage morpho-fonctionnel du coroscanner avec la perfusion myocardique sous stress ou au repos pour améliorer la performance diagnostique du scanner dans l’évaluation du retentissement des sténoses coronariennes. Le scanner est la seule modalité d’imagerie permettant l’étude simultanée de la sténose et de ses conséquences hémodynamiques, mais au prix de 2 injections, de 2 acquisitions (donc d’une irradiation augmentée) et d’un temps machine de 20 minutes en moyenne par patient…

De nombreuses sessions étaient par ailleurs consacrées à la réduction de dose, critique en imagerie cardiaque et possible tant par la réduction du kV (Leipsic et al), l’utilisation d’un pitch élevé avec le scanner double source (Sommer et al) que grâce aux dernières versions de reconstruction itérative proposées par les constructeurs (IRIS, ASIR, AIDR et ICT pour Siemens, GE, Toshiba et Philips).
En pathologie, l’imagerie du cœur droit et en particulier l’évaluation non invasive de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) et de ses conséquences étaient à l’honneur : fraction de raccourcissement régional du ventricule droit (VD) comme marqueur de dysfonction biventriculaire en IRM (Basha et al) ou corrélation de la circularité du VD en systole comme prédicteur d’HTAP en scanner (Nagatani et al).

Enfin, le cœur droit étant étroitement lié au poumon et le tabac aux coronaropathies, Rémy-Jardin et al ont rapporté le très intéressant concept d’imagerie cardio-thoracique intégrée permettant l’exploration du thorax, incluant le coeur et les coronaires, en une apnée et sans gating cardiaque grâce au mode « high pitch » de la dernière version du scanner double source Siemens.

Imagerie vasculaire non invasive
Quelques nouveautés cette année en imagerie vasculaire non invasive comme la présentation d’un très intéressant produit de contraste IRM de type USPIO permettant de marquer l’athérosclérose chez le lapin (Nitta et al). Un tel produit permettrait d’évaluer l’efficacité des drogues hypolipémiantes in vivo.

Schreiner et al. ont présenté l’intérêt de la mesure du calcium score de l’aorte abdominale comme marqueur de sténose des artères rénales avec un rendement comparable au calcium scoring des coronaires.

Enfin, Anzidei et al ont montré la supériorité de l’ARM en précession libre avec injection de gadobenate diméglumine par rapport à l’ARM injectée de premier passage dans le bilan diagnostique de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs et son impact sur la prise en charge.

Imagerie vasculaire interventionnelle
Bien qu’étant un domaine concurrentiel avec la chirurgie vasculaire et la cardiologie, l’angioplastie périphérique intéresse et attire encore de nombreux radiologues. Ainsi, Lachan a présenté les dernières avancées dans le traitement endovasculaire de l’artériopathie des membres inférieurs et notamment les résultats prometteurs des stents coatés dans les artères de jambes et des ballons coatés dans les fémorales superficielles. La supériorité du stenting primaire dans les sténoses fémorales superficielles par rapport à l’angioplastie simple est à nouveau confirmée pour les lésions TASC A et B avec une perméablilité à 1 an de 92 % (Schneider et al). En revanche, ces résultats sont nettement moins bons pour les lésions TASC C et D avec une perméabilité à un an de seulement 37 %.

Une première cette année : la présentation par l’équipe de Bartling du premier agent d’embolisation multimodal. Il consiste en une particule sphérique de 60-200 µ contenant des atomes d’iode et recouverte d’USPIO permettant son utilisation en XA/CT et en IRM. Applications chez l’homme à suivre…

En embolisation périphérique, Pisco et al. ont présenté les résultats du traitement par embolisation de 24 patients atteints d’un adénome prostatique symptomatique. Ce traitement conservateur permet une réduction du volume prostatique et une amélioration du bilan urodynamique sans dysfonction érectile, du moins à court terme. Si ces bons résultats venaient à se confirmer, l’embolisation de l’adénome prostatique devrait trouver sa place dans l’arsenal thérapeutique de l’hypertrophie bénigne de prostate, à l’image de l’embolisation des fibromes utérins chez la femme.

Enfin, une séance très intéressante sur l’organisation de la radiologie interventionnelle a confirmé la nécessité pour le radiologue interventionnel de prendre pleinement conscience de son rôle de clinicien. L’enquête auprès des patients a montré l’intérêt d’organiser une consultation pré-interventionnelle, de savoir préscrire des antalgiques simples et d’assurer le suivi post-interventionnel dans un service clinique, plaçant le radiologue dans un vrai rôle de thérapeute et permettant une identification en tant que tel par le patient (Tapping et al, Borst et al).