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Imagerie radiopédiatrique

Publié le 14/02/2011, mis à jour le 14/02/2011 par SFR

Eléonore Blondiaux, Hôpital A Trousseau – Paris

Le RSNA comprenait cette année en imagerie pédiatrique et prénatale 129 posters électroniques, 38 séances scientifiques et 23 sessions thématiques.

Les principaux thèmes abordés étaient la diminution de la dose d’irradiation avec une réflexion associée sur la qualité de l’image et sur le développement de nouvelles techniques d’IRM en pédiatrie et en prénatal.

Imagerie pédiatrique : comment diminuer l’irradiation sans diminuer la qualité de l’image ?
L’équipe de X. Li et al (1) a montré l’influence de la taille des patients et des paramètres d’acquisition en scanner thoracique sur le risque à long terme de cancer et sur la dose délivrée à l’organe. Sur 30 patients âgés de 0 à 16 ans, cette équipe a utilisé un modèle permettant d’estimer la dose délivrée à l’organe, qui n’est pas reflétée par le CTDI (Computed Tomography Dose Index) traditionnellement utilisé et a montré que le risque de cancer est exponentiel avec la taille de la cage thoracique.

Dans une étude sur l’adaptation des paramètres d’acquisition (mAs, KeV) au cours de l’angioscanner coronaire chez l’enfant en fonction de l’âge et du poids, Henzler et al (2) ont montré une diminution de la dose effective de l’ordre de 20 mSv (2005) à 2-3 mSv (2010), sans diminution de la qualité de l’image et avec une excellente corrélation avec les autres modalités d’imagerie (échocardiographie, IRM, coronarographie et SPECT (Single photon emission computed tomography)

Selon le principe : «le meilleur moyen de diminuer l’irradiation, est d’éviter l’exposition», O. Arthurs et al (3) ont montré la faisabilité de l‘aurétrocystographie en IRM interactive chez des 10 enfants non sédatés (âge moyen = 1,9 mois). A 1.5 T, en plus des séquences habituelles du protocole d’uro-IRM, cette équipe a comparé les résultats de l’urétrocystographie rétrograde conventionnelle à ceux de l’URC en IRM et n’a montré que 3 faux positifs au cours de l’IRM.

L’équipe de Max Lewis et al (4) a montré qu’il est envisageable de diminuer le nombre de clichés d’une radiographie de squelette entier au cours du bilan de maltraitance. Les critères ACR (American College of Radiologists) préconisent la réalisation d’une vingtaine de clichés sur le squelette appendiculaire et axial. Au cours de cette étude rétrospective, 10/930 enfants de moins de 2 ans avaient une fracture du rachis, du bassin ou des extrémités et tous avaient des ecchymoses en regard. On pourrait donc envisager de ne réaliser ces clichés qu’en présence de signes cliniques et limiter ainsi l’exposition aux Rayons X.

L’équipe de Babyn et al (5) a comparé, chez 60 enfants suivis pour une scoliose, la qualité des images et les types d’artéfacts sur les images de rachis obtenues avec le système EOS et en radiographie conventionnelle. Cette analyse montre qu’en plus de la réduction de dose, le système EOS offre une qualité d’image significativement supérieure à celle de la radiographie standard, malgré la présence d’artéfacts de battements cardiaques et lignes denses parallèles.

L’IRM du corps entier a fait l’objet d’une mise au point de très bonne qualité par Chavhan et al (6) sous la forme d’un poster. Les auteurs montrent la possibilité de réaliser une IRM corps entier pour des pathologies non cancéreuses (histiocytose, neurofibromatose, ostéomyélite chronique récurrente multifocale, maltraitance). Il est par ailleurs possible de sensibiliser la détection des ganglions métastatiques par l’injection d’USPIO (Ultrasmall SuperParamagnetic Iron Oxide).

Imagerie prénatale
Sur 102 IRM fœtales réalisées à 1.5 T sur le placenta, H. Bonel et al (7) ont comparé rétrospectivement les valeurs de coefficient de diffusion (ADC) chez les fœtus normaux et ceux présentant un retard de croissance intra-utérin. L’examen de référence était l’examen anatomopathologique. Les auteurs ont montré que les valeurs d’ADC étaient diminuées chez les fœtus présentant un retard de croissance intra-utérin (RCIU) par rapport aux normaux (146.4 ± 10.63 versus 177.1 ± 18.90 mm2/sec dans le groupe contrôle, p < 0.01).

L’équipe de Chauvin et al de Philadelphie (8) a présenté en poster électronique des images de ciné-IRM sur le fœtus en séquence en True-FISP ciblée sur une région d’intérêt. Cette technique permet d’étudier en temps réel en IRM le mouvement des coupoles diaphragmatiques, la déglutition, le péristaltisme intestinal et des anomalies des mouvements fœtaux suspectées en échographie.
Neff W et al (9) ont présenté deux études sur l’intérêt d’une analyse de régression logistique basée sur la mesure du volume pulmonaire fœtal observé/ attendu (o/e FLV : observed/ expected fetal lung volume) pour prédire le risque de circulation extra-corporelle à la naissance (ECMO) et le risque de pathologie respiratoire chronique chez les foetus présentant une hernie diaphragmatique. Chez 172 fœtus, les auteurs ont montré une différence significative (p < 0.001) entre le o/e FLV des fœtus ayant nécessité une circulation extra-corporelle ou non et ceux ayant survécu ou non. R. Barth (modérateur) a rappelé que l’appréciation subjective du volume pulmonaire fœtal par un radiologue entraîné est aussi performante que les méthodes de planimétrie les plus sophistiquées. Les techniques de mesure du volume pulmonaire fœtal sont variables selon les équipes qui utilisent soit des méthodes semi-automatiques ou manuelles, et qui incluent ou excluent la trachée et les hiles dans le volume d’intérêt. Georges Taylor a fait remarquer par ailleurs que la variabilité des mesures était accentuée par la variabilité inter-observateur ajoutée à la variabilité physiologique propre à chaque fœtus au cours de la grossesse.

Enfin, Frisch et al ont présenté une étude de faisabilité de l’analyse des vaisseaux en séquences angiographiques IRM en 3D FFE chez la brebis gestante. Cette étude ouvre un nouveau champ pour la recherche de signes en prénatal d’hypertension artérielle pulmonaire, déterminant essentiel du pronostic chez les fœtus présentant entre autre une hernie diaphragmatique (10).

Références :

(1) Patient Specific Radiation Dose and Cancer Risk in Pediatric Chest CT: A Systematic Evaluation of the Effects of Patient Size and Scan Parameters. X. Li, E. Samei, W.P. Segars, G. M . Sturgeon, J. G . Colsher, D. P . Frush.
(2) Coronary CT Angiography in Pediatric Patients: Diagnostic Accuracy and Radiation Dose. T. Henzler, U.J. Schoepf, W. Huda, C. Fink, S.O. Schoenberg, A.M . Hlavacek.

(3) Interactive Real-time MR Voiding Cysto-Urethrography (iMRVC) for Vesico-Ureteric Reflux in Unsedated Infants. O. Arthurs, A.D. Edwards, I. Joubert, M. J. Graves, P. A. Set, D.J. Lomas.

(4) The Yield of the Various Radiographs in Skeletal Surveys for Suspected Child Abuse: Should ACR Practice Guidelines Change? M. Lewis, B. Karmazyn.

(5) A Comparative Study of the Artifacts and the Quality of Scoliotic Spine Images Obtained by EOS and Computerized Radiography. P. Babyn, N. Faridian-Aragh, J. Stimec, H. Moshonov.

(6) Whole-Body MR Imaging in Children: Principles, Technique, Current Applications, and Future Directions. G.B. Chavhan, P.S. Babyn.

(7) Diffusion-weighted Magnetic Resonance Imaging of the Placenta in Fetuses with Placental Insufficiency. H.M. Bonel, L. Raio, B. Tutschek, M. Nelle, D. Surbek.

(8) Cine MR Imaging in the Prenatal Evaluation of Thoracic, Abdominal, and Limb Anomalies
N.A. Chauvin, M. Epelman, T. Victoria, D. Jaramillo, T. Feygin.

(9) Logistic Regression Analysis for Prenatal Prediction of Survival and Need for Extracorporeal Membrane Oxygenation in Fetuses with Congenital Diaphragmatic Hernia Based on the Observed to Expected MR Fetal Lung Volume. W. Neff, K. Kilian, A. Debus, T. Schaible, S. O. Schoenberg, K. Büsing.

(10) MR Angiography of the Fetal Vessels: a Feasibility Study in the Sheep Fetus. M. Frisch, J. Yamamura, J. Graessner, K. Hecher, G. B. Adam, U. Wedegärtner.