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Imagerie Digestive

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Imagerie Digestive


Anne Bailly (1), D. Régent (2)
(1) Service de Radiologie. CHU Clermont-Ferrand
(2) Service de Radiologie. CHU Nancy

Cette année encore la coloscopie virtuelle a tenu le haut de l'affiche des communications en imagerie digestive, avec peu d'innovations par ailleurs.

Estomac, œsophage
Plusieurs communications ont été présentées cette année sur la gastroscopie virtuelle avec des performances diagnostiques comparables à celles de la gastroscopie optique dans la caractérisation morphologique des cancers ou bien des lésions ulcéreuses (1,2).
Le scanner multicoupe après remplissage à l'eau s'avère plus précis que l'échoendoscopie dans le bilan d'extension des tumeurs gastriques, notamment pour les stades avancés (3,4). Par contre, il est peu sensible pour la détection des lésions superficielles (muqueuses et couche superficielle de la sous muqueuse) (5).

Pancréas
les communications cette année ont encore confirmé les sensibilités diagnostiques similaires de l'échoendoscopie, du scanner multicoupe et de l'IRM dans le diagnostic des lésions kystiques (6,7).
Z. Li et al. Ont également mis en évidence l'intérêt du scanner de perfusion pour distinguer pancréatite aiguë et cancer pancréatique (8).

Urgences
Osuagwu et al., sur une étude rétrospective de plus de 1000 dossiers, ont montré que l'utilisation préférentielle du scanner par rapport à l'échographie dans les bilans d'appendicite aiguë permet de réduire de façon significative les faux positifs et les risques de perforation chez l'adulte (9). La métaanalyse de A.Van Randen et al. Sur les études comparant scanner et échographie, souligne cependant malgré la supériorité affirmée du scanner, l'importance des biais dans toutes ces études prospectives (10).
D'autres études ont également montré la supériorité diagnostique des reconstructions multiplanaires par rapport à la seule étude axiale des coupes dans la prise en charge des abdomens aigus, et notamment pour la mise en évidence du niveau de l'obstacle dans les occlusions du grêle. L'utilisation croissante du scanner en urgence et le surcoût engendré par ces examens n'engendreraient pas de surcoût pour l'hôpital, tout en améliorant la prise en charge et le devenir des patients (11).
L'utilisation de protocoles en ultra basse dose (120 kV, 12,5-100 mAs) s'avère également possible en urgence, dans l'étude prospective de U.K Udayasankar et al. (12).

Rectum
Le TEPscan reste encore bien inférieur à l'IRM et au scanner multicoupe dans la détection des métastases hépatiques de cancer colorectal (13,14).

Coloscopie virtuelle
Préparation
La préparation laxative restant encore un des principaux obstacles à une bonne compliance à la coloscopie virtuelle, cette année encore 2 équipes ont présenté leurs résultats avec une préparation digestive limitée (aucune restriction diététique pour Jonhson et al., régime pauvre en fibre et ingestion de bisacodyl pour ramollir les selles pour Jensch et al.), tout en conservant le marquage des selles, sur des populations avec des cancers colorectaux connus ou suspectés. Les résultats s'avèrent intéressants en comparaison avec la coloscopie conventionnelle surtout pour les patients présentant des polypes ≥ 10mm (15,16).

Aide à la détection
Il semble maintenant clair que les logiciels d'aide au diagnostic améliorent de façon significative à la fois la sensibilité diagnostique tout en diminuant le temps d'interprétation pour les lecteurs non expérimentés en coloscopie virtuelle, surtout pour les polypes de petite taille et de taille intermédiaire (17,18,19).
Krug. Et al. (20) se sont attachés à comparer 3 logiciels chez 32 patients (sur un total de 53 polypes) : Vitrea (Vital Images), et Viewform (Philips) ont une sensibilité équivalente (respectivement 66 à 83 % et 53 à 94 %) mais avec un taux élevé de faux positifs (7,9 à 32,3, et 1,0 à 7,9 respectivement) alors que Leonardo (Siemens) possède une sensibilité moindre (70%) mais avec un taux acceptable de faux positifs (5,2).

Divers
L'équipe de Pickardt a présenté ses premiers résultats de screening sur une population de 2501 patients, en utilisant la classification C-RADS, afin de servir de point de repère pour les études ultérieures (21). Rappelons que cette classification , basée sur le même principe que celle qui existe en sénologie, prend en compte 2 types de lésions :
- les lésions coliques (C0 : préparation ou extension inadéquate, C1 : pas de polype ≥ 6 mm, C2 : polype de 6-9 mm, C3 : polype ≥ 10 mm ou ≥ 3 polypes 6-9 mm), C4 : masse invasive),
- et extracoliques (E0 : exploration très limitée, E1 : normal, E2 : lésion mineure, E3 : lésion insuffisamment caractérisée, E4 : lésion potentiellement importante).
Elle donne également une terminologie descriptive standardisée des polypes : forme (sessile, pédonculée, plat), taille (le plus grand diamètre sur les reconstructions MPR ou 3D, le terme de masse étant réservé aux lésions de plus de 3 cm), localisation (en utilisant les noms des segments coliques), densité (tissulaire homogène, ne contenant ni air ni graisse).
Les lésions C1 ne nécessitent aucune surveillance particulière, les C2 un suivi par coloscopie virtuelle ou optique dans les 3 ans, à partir du stade C3 la coloscopie optique est indispensable.

En ce qui concerne l'utilisation des protocoles low-dose, l'expérience munichoise montre qu'il est possible d'utiliser des paramètres d'acquisition à 120 kV, 100 mAs (décubitus) et 40 mAs (procubitus) avec des sensibilités de 96 %, 92,1 % et 78,9 % respectivement pour la détection des polypes de grande taille, intermédiaires (6-9 mm) et petits (< 5 mm) (22).
CD Jonhson ne rapporte pas de différence significative en modifiant une collimation de 2,5 ou 1,25 mm, dans son étude utilisant une lecture 2D avec recours si besoin aux images 3D (23).
En ce qui concerne l'utilisation des reconstructions 2D et 3D, il semble acquis que la lecture des images 3D améliore de façon significative la performance diagnostique par rapport à la seule lecture 2D, au détriment d'un temps d'analyse plus important (19 +/- 6,4 min en 3D et 12,3 +/- 5,9 min en 2D pour des lecteurs expérimentés) (24), et ce surtout pour les lecteurs inexpérimentés (25).

Citons également un travail original de Shah-Patel, vantant le lait entier comme produit de contraste intestinal en remplacement du Volumen dans les explorations tomodensitométriques abdomino-pelviennes. Son coût moins élevé et sa meilleure tolérance en font un substitut intéressant, en l'additionnant pourquoi pas de chococolat en pédiatrie, comme l'a suggéré Brant-Zawadzki … ! (26).


Enfin, de nombreux posters de qualité étaient également en consultation libre sous format papier et électronique, et parmi ces derniers, un travail pédagogique remarquable des japonais N Hongo et al. Sur le diagnostic et l'identification des hernies internes par le scanner qui dépasse tout ce qui a pu être fait dans ce domaine au cours des dernières années. Il pourra être consulté sur le site internet du RSNA : « Imaging of internal hernia of the abdomen in multidetector CT era » LL-GI2731.

Références

1. Kim H.J, Kim A.Y, Lee J et al. Clinical performance of CT virtual gastroscopy in localization and characterization of gastric cancer: comparative analysis with optical gastroscopic findings. RSNA 2006;SSC10-01:267

2. Chen C.Y, Liu G, Jaw T et al. Differrentiation of malignant and benign gastric ulcers: comparison between CT virtual gastroscopy and gastroendoscopy. RSNA 2006;SSC10-04:268

3. Ba-Ssalamah A, Pinker K, Matzek W.K et al. Can the non invasive hydro-multidetector CT replace the endoscopic ultrasound in the preoperative staging of gastric cancer? RSNA 2006;SSC10-02:267

4. Zhang H, Pan Z, Du L et al. Comparative imaging in TNM staging of gastric cancer. RSNA 2006;SSC10-03:267

5. Kim S, Kwak S.W, Lee J.W et al. Early gastric cancer: CT findings correlated with pathology. RSNA 2006;SSC10-05:268

6.Chaudhari V, Raman S.S, Farell J et al. Comparison of endoscopic ultrasound with MDCT and MR imaging in discriminating among pancreatic cystic lesions. RSNA 2006;SSG10-03:354

7.Kim M, Byun J.H, Park S.H et al. Multimodality assesment of pancreatic cystic lesions: comparative evaluation using CT, MR and endoscopic ultrasonography. RSNA 2006;SSG10-08:356

8. Li Z, Hu D. The comparative study of CT perfusion in pancreatic carcinoma and acute pancreatitis. RSNA 2006;SST07-09:581

9. Osuagwu F.C, Raman S.S, Crawford T.L et al. Impact of increased preoperative helical CT utilization on negative appendectomy and appendiceal perforation rates: an 11 year review of 1016 patients wih suspected acute appendicitis. RSNA 2006;SSG13-01:361

10. Van Randen A, Bipat S, Zwinderman A.H et al. Computed tomography and ultrasonography in the detection of acute appendicitis: a meta-analysis. RSNA 2006;SSK13-07:452

11. Otero H.J, Ondategui-Parra S, Erturk S.M et al. The influence of imaging in intestinal obstruction management rising costs. RSNA 2006;SSG13-08:362

12. Udayasankar U.K, Kalra M.K, Waldrop S.M et al. Foreign body, air, stone targeted (FAST) Ct of the abdomen and pelvis in patients with acute abdominal pain using ultra low dose CT protocol. RSNA 2006;SSK13-01:451

13. Cnatwell C.P, Betty B, Holalkere N.S et al. Liver lesion detection and characterization in patients with colorectal cancer: is non-enhanced PET/CT or contrast-enhanced PET/CT or liver MRI better? RSNA 2006;SSK11-01:446

14. Valls C, Martinez L, Rubio E et al. Helical CT versus PET/CT in the preoperative detection of liver metastasis from colorectal cancer. RSNA 2006;SSK11-02:446

15. Jonhson C.D, Manduca A, Carston M.J et al. CTC of the noncathartic colon: performance appraisal using combined unsubtracted and stool subtracted data sets. RSNA 2006;SSC09-01:264

16. Jensch S, de Vries A, Peringa J et al. CT colonography with limited bowel preparation: performance characteristics in 159 patients at increased risk for colorectal cancer. RSNA 2006;SSC09-02:265

17. Mang T.G, Peloschek P.L, Plank C.M et al. Effect of computer-aided detection as a second reader in multislice CT colonography: a multi-observer study. RSNA 2006;SSA04-03:201

18. Halligan S, Altman D.G, MallettS et al. CT colonography: assessment of radiologist performance with and without computer-aided detection. RSNA2006;SSA04-06:202

19. Sheafor D.H, Neuman J.D, Virmani S et al. Computer assisted reading (CAR) in CT colonography: benefit to readers. RSNA 2006;SSQ10-02:537

20. Krug L, Romano V.C, Hein P.A et al. Comparison of three different CAD systems for virtual colonoscopy. RSNA2006;SSA04-08:203

21. Pickhardt PJ, Kim DH, Taylor AJ, Burnside ES. CT colonography reporting and data system (C-RADS): prospective categorization for screening in 2,501 patients. RSNA 2006;SSQ10-03:537

22. Graser A, Kolligs F.T, Kramer H et al. Results from the “Munich colorectal cancer prevention trial”: comparison of low-dose 64-MDCT colonography and video colonoscopy in screening population. RSNA 2006;SSG11-01:356

23. Jonhson C.D, Rochester M.N, Fletcher J.G et al. Two and a half mm versus 1.25mm CTC collimation: does thinner collimation translate into improved performance? RSNA 2006;SSG11-03:357

24. Gallo T, Nieddu G, Tartaglia V et al. Comparison between 2D and 3D image analysis in reporting CT colonography. RSNA 2006;SSG11-08:358

25. Fletcher J.G, Johnson C.D, Mac Carty R et al. Primary 2D versus primary 3D virtual dissection interpretation at CT colonography (CTC): results in 452 asymptomatic patients. RSNA 2006;SSG11-07:358

26. Shah-Patel L.R, Koo C.W, Baer J.W et al. Cost-effectiveness and patient tolerance of low attenuation oral contrast: milk versus Volumen. RSNA 2006; SSG06-03:345