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Médecine Nucléaire : de la Médecine nucléaire à l’imagerie moléculaire

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Médecine Nucléaire : de la Médecine nucléaire à l'imagerie moléculaire


(1) Danielle Fabrega, (2) Carine Le Floc'h
Hospices Civils de Lyon) (1), (CHU de Montpellier) (2)


Les grandes tendances

Ce RSNA 2005 marque l'intégration, pressentie depuis 2003, de la Médecine Nucléaire dans une division plus large, l'imagerie moléculaire. Ce mouvement s'est déjà traduit en 2004 chez GE par le rachat d'Amersham ; en 2005, il se concrétise par le rachat de CTI par SIEMENS ; pour l'instant, aucune annonce n'est faite par PHILIPS dans ce registre, la société entretenant plutôt des partenariats privilégiés avec les sociétés de biotraceurs.

Ce RSNA 2005 souligne aussi la collaboration de plus en plus forte des radiologues et des médecins nucléaires comme l'a souligné le Président David H. HUSSEY à la séance d'ouverture. La volonté de rapprochement de ces deux communautés est au moins facilitée par des outils communs proposés par les industriels que sont les machines hybrides TEP-TDM et SPECT-TDM et leurs consoles de travail.

L'année 2005 voit la disparition complète des TEP seuls au profit des TEP-TDM en France comme dans le Monde. Les trois majors se partagent de manière équitable le marché. Dans les prochaines années, l'activité médicale devrait s'étendre au-delà des indications traditionnelles d'oncologie ; la neurologie et la cardiologie ont déjà fait l'objet d'adaptations par les industriels principalement au niveau des logiciels. Le couplage avec un scanner 64 coupes fait du TEP-TDM un outil spécifique à la cardiologie et déjà ciblé sur une clientèle de cardiologues aux Etats-Unis. La question ne se pose pas encore en France où le traceur Rubidium n'est pas encore autorisé.

La même tendance se dessine pour le SPECT qui s'oriente vers le SPECT-TDM mais de façon moins radicale du fait du coût des machines hybrides et de l'apport du scanner qui n'est pas prouvé dans toutes les applications. On peut malgré tout supposer que chaque service de médecine nucléaire s'équipera d'ici à trois ans d'au moins un SPECT-TDM. Aujourd'hui, le marché s'établit à 50% de machines hybrides dans le Monde pour atteindre 60% en France. Cette forte évolution s'explique par la spécificité de la technique dans la recherche de foyers cancérigènes sur le squelette.

Que ce soit en TEP ou en SPECT, la question n'est plus tant de savoir s'il faut lui associer un scanner mais de savoir quel scanner lui associer. En effet, aucun industriel ne résiste aujourd'hui à la facilité de décliner sa gamme de scanner jusqu'au 64 coupes. Proposées seulement depuis 2005, ces machines haut de gamme n'ont pas encore trouvé leur place sur le marché en regard de l'intérêt clinique et de l'investissement nécessaire. En tout cas, la France semble mal armée pour étoffer son plateau technique en machines hybrides si les scanners associés ne peuvent être employés séparément comme scanners de diagnostic.

Au plan technique, aucune annonce de nouveau détecteur ou de nouveau traceur tant en TEP qu'en SPECT n'a été faite, même si chaque fournisseur y travaille. Les industriels semblent avoir besoin de stabiliser les outils proposés avant de franchir de nouveaux paliers, comme le couplage de l'IRM au TEP par exemple.

Les grandes nouveautés sont plus dans l'amélioration du Workflow, notamment par l'uniformisation des interfaces de travail sur toutes la modalités et l'intégration sur une console unique des post-traitements spécifiques aux modalités TEP et scanner ou SPECT et scanner.

Le marché des SPECT seuls ne connaît pas d'évolution importante cette année chez les industriels qui continuent à commercialiser les produits déjà connus. On notera toutefois le regain d'intérêt pour des SPECT dédiés cardiologie jusqu'à présent commercialisés uniquement aux Etats-Unis et maintenant proposées en Europe par GE et SIEMENS.

Le marché de la « médecine nucléaire » se porte bien et connaît globalement une progression annuelle de l'ordre de 2 à 3%.


L'offre industrielle

Dilon
http://www.dilon.com

Cette société américaine propose cette année une caméra haute résolution, spécifique mammographie, la Dilon 6800, qui se présente comme une machine compacte et mobile de la taille d'un échographe.

Fin 2005, 20 machines ont été vendues aux Etats-Unis et une à Londres. Cette société n'est pas présente sur le marché français.


Gamma Medica
http://www.gammamedica.com

L'activité principale de cette société américaine, non représentée sur le marché français, repose sur des outils d'imagerie moléculaire : TEP, SPECT, TDM et s'adresse à des structures de recherche (universités, laboratoires de recherche).

Une machine dédiée au petit animal intègre les trois modalités TEP, TDM et SPECT permettant ainsi les acquisitions soit TEP-TDM, soit SPECT-TDM.

Parallèlement, GAMMA MEDICA a intégré dans un mammographe HOLOGIC des capteurs gamma permettant d'améliorer la résolution pour la détection de lésions sur les seins denses.


GE Healthcare
http://www.gehealthcare.com

GE présente sa division en tant qu'imagerie moléculaire et fonctionnelle qui inclut la division radiopharmacie (fabrication de cyclotrons et de modules de synthèse pour le FDG et autres traceurs), la médecine nucléaire et l'imagerie pré-clinique.

TEP-TDM

Sur les trois dernières années, GE annonce détenir 50% du marché aux Etats-Unis et 40% en Europe. Le parc installé GE en TEP-TDM est de 1 000 sites dans le Monde.
Depuis trois ans, seules des machines hybrides sont vendues. En France, deux TEP seuls ont été installés dont un a évolué en TEP-TDM alors que le second n'évoluera pas pour des raisons financières. Une version d'upgrade, le DISCOVERY LS, est proposée uniquement aux Etats-Unis.

GE propose dans sa gamme une déclinaison du TEP-TDM Discovery Dimension ST déjà existant avec comme objectif de répondre spécifiquement aux besoins cliniques. Après le Discovery ST orienté oncologie et cardiologie, GE commercialise le Discovery VCT dédié cardiologie qui est associé à un scanner 64 coupes.
Le Discovery STe, dernier né de la gamme, offre une résolution spatiale supérieure grâce à des cristaux de plus petite taille et complète les performances du ST en répondant à des applications neurologiques.
Les machines ST et STe se déclinent en version scanner 4, 8 ou 16 coupes.

En France, le marché s'oriente vers des TEP associés à des scanners 8 coupes, dont l'apport essentiel est dans la synchronisation respiratoire. Le scanner 16 coupes reste marginal.

A noter que toutes les machines disposent d'un tunnel de 100 cm de profondeur et de 70 cm de diamètre, champ utilisé en totalité pour l'acquisition TEP et scanner.

GE propose des acquisitions 3D en standard. L'acquisition 2D abandonnée par les autres constructeurs est proposée en option et défendue par GE pour l'obtention d'images moins bruitées (utilité pour certaines applications avancées ou pour les patients corpulents) et pour les nouvelles applications essentiellement hors champ FDG.

La console Advantage Workstation fait partie des outils communs au TEP et au scanner pour le post-traitement et la fusion des images.

La plateforme d'acquisition et traitement propose quatre nouveautés: VuePoint une méthode de reconstruction Fully 3D Iterative, 4Dx le mode d'acquisition simultané Dynamique et Statique permettant d'intégrer les acquisitions synchronisées (Cardiaque ou respiratoire) dans le déroulement classique de l'acquisition, d'un zoom à l'acquisition permettant d'obtenir des images plus résolutives et enfin de Rad-Rx une modulation des épaisseurs de coupes CT sur la longueur totale d'exploration.

GE estime que la progression d'activité du TEP-TDM avoisinera les 50% dans les trois ans à venir et s'interroge sur l'association des modalités TEP et MR. L'apport du MR par rapport au CT est discutable, sauf peut être en imagerie fonctionnelle.

SPECT et SPECT-TDM

A sa gamme, GE dispose de deux SPECT double tête, grand champ pour des applications généralistes : l'Infinia (550 exemplaires au Monde depuis sa sortie en 2003 dont 220 depuis 18 mois) qui est le produit phare, et la Millenium MG (5000 exemplaires installés dans le Monde depuis 2000) proposée comme seconde machine d'un service.

L'Infinia dispose d'un statif ouvert. Ce SPECT est disponible avec des cristaux épais (5/8ème) ou fins (3/8ème) en fonction des applications envisagées. Elle est disponible en version solo ou en association avec un scanner.

Contrairement à l'Infinia, la Millenium est une machine figée : une seule épaisseur de cristal disponible (3/8ème), pas de collimateur Fan Beam, pas d'évolution possible vers une machine hybride.

GE a pris la décision cette année de compléter sa gamme distribuée en Europe d'un SPECT doté de deux têtes à angulation variable dédié cardiologie, la Millenium Myo Sight jusque-là réservée au marché américain. Une version monotête est toujours disponible, la Millenium MPR (tête rectangulaire) ou MPS (tête carrée), mais peu présente.

L'ensemble des SPECT de la gamme travaille avec une console de post-traitement Xeleris introduite en 2003 et issue de la fusion des technologies de GE et de Sopha Médical.

Pionnier dans le concept de la machine hybride SPECT-TDM, GE a jusque-là résisté à la surenchère du nombre de coupes en scanner. Le SPECT-TDM appelé Hawkeye constitué du SPECT Infinia et d'un scanner monocoupe passe cette année à la troisième génération de scanner (4 coupes) avec changement de générateur et de couronne de détecteurs à la clé. Cette nouvelle version, Hawkeye 4, devrait répondre à l'ensemble des applications hormis les examens d'angio scanner ou de cardiologie.

Les améliorations, globalisées sous le terme générique «Evolution for Bone» concernent les scintigraphies osseuses. Elles tiennent au gain en résolution (de 2,5 à 5 mm) et au temps d'acquisition scanner qui s'établit désormais entre 3 et 5 minutes. Annoncée à la Society of Nuclear Medicine, cette évolution peut être installée sur les machines Hawkeye 1 en version 2.

Compte tenu des performances des nouvelles machines, les modalités de travail changent dans les services : là où on réalisait un passage corps entier puis une tomographie, on peut désormais programmer trois séquences tomographiques pour couvrir la même région anatomique avec un gain annoncé en résolution et en temps. De la même façon, une procédure adaptée à la cardiologie appelée « Express Cardiac » existe ; d'autres applications sont attendues sur le même principe.

Dans ses perspectives de travail, GE s'interroge sur la meilleure façon de répondre au besoin d'examens combinés, en particulier s'agissant d'applications cardiologiques requérant des scanners haut de gamme. Faut-il une architecture intégrée correspondant à la génération Hawkeye ou bien des modalités juxtaposées permettant au scanner d'avoir une activité diagnostic séparée plus cadencée ? Des sites comme Zurich, Ramdam ou Ontario ont par exemple fait le choix d'un scanner dans une pièce adjacente à celle du SPECT.

Imagerie Pré-clinique

GE dispose d'une gamme complète d'outils pour l'imagerie du petit animal : imageur optique (OPTIX), micro-TEP (VISTA), micro-TDM (LOCUS décliné en trois versions) et micro-TEP-TDM.


Hitachi
http://www.hitachimed.com

HITACHI commercialise toujours le TEP-TDM, Sceptre P3, constitué du TEP SIEMENS et d'un scanner 4 coupes HITACHI. L'originalité de cette machine hybride tient au fait qu'elle intègre une source de Césium 137 pour une double correction d'atténuation, DAR (Dual Attenuation Correction). Ceci permet d'améliorer les images notamment de patients porteurs d'implants.

Ce matériel n'est pas distribué en France.


MEDX
http://www.medx-inc.com

Cette société, non présente sur le marché français, propose deux SPECT : le GE Optima, mono ou double tête angulée pour les applications cardiologiques et générales, et le GE InteCam dédié thyroïde (fabriquée en Chine).


Naviscan
http://www.naviscanpet.com

Cette société née en 2000 propose un TEP dédié mammographie : le PEM Flex. Cette machine se présente comme un mammographe. Les détecteurs sont intégrés dans les palettes de compression (de part et d'autre du sein). La résolution obtenue est de 1,5 mm pour une acquisition de 5 à 10 minutes. Le traceur utilisé est le FDG.

Cette machine est également utilisée pour le suivi des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.

Le PEM Flex détient l'agrément FDA et est commercialisé à 60 exemplaires aux Etats-Unis. Aucune représentation en Europe du fait de l'absence du marquage CE.


Philips
http://www.medical.philips.com

PHILIPS ne présente pas de nouvelle machine cette année mais a porté ses efforts sur les consoles. Ainsi, l'interface d'acquisition Jetstream devient unique pour l'ensemble de la gamme SPECT et SPECT-TDM, les consoles SUN basculent sur PC travaillant sous Windows XP. Côté TEP-TDM, la console Extended Brillance Workspace commune aux deux modalités fait son apparition.

PHILIPS favorise toujours les partenariats avec les sociétés spécialisées dans l'imagerie moléculaire, comme SCHERING par exemple avec un projet de recherche sur le cancer du sein, plutôt que l'intégration complète de ce type de sociétés. La médecine nucléaire est ainsi intégrée dans la division Radiation Oncology.

TEP-TDM

Depuis deux ans, l'offre PHILIPS bascule complètement sur les machines hybrides TEP-TDM avec des propositions d'upgrade de son parc installé. En France, PHILIPS annonce détenir 43% du marché.

Les machines ALLEGRO (TEP-TDM) et C-PET (TEP sans scanner) sont abandonnées pour ne conserver à la gamme que la GEMINI GXL.

Cette dernière, annoncée au RSNA 2004 et aujourd'hui installée sur 3 sites en France (3 machines sont en commande), est l'association d'un TEP Rapid Resolve (dernière version : tunnel de 70 cm de diamètre, cristaux GSO dopés au zirconium pour une meilleure efficacité et un meilleur rendement lumineux) et du scanner BRILLANCE en version 6, 10, 16 ou 64 coupes. Il se distingue de la concurrence par la constitution d'un statif composé de deux anneaux séparés
La version haut de gamme (64 coupes) est jusqu'à présent réservée au marché américain dans la mesure où le coût d'une telle machine est prohibitif en France si elle est réservée uniquement au repérage anatomique et à la correction d'atténuation (pas d'autorisation d'utilisation du scanner en diagnostic contrairement aux Etats-Unis).
En France, le marché se limite aux machines 16 coupes et est constitué majoritairement de scanners 6 coupes (50 %).

PHILIPS se distingue de la concurrence par un ensemble de processeurs de reconstruction dédiés, Rapid View, permettant les reconstructions 3D via le logiciel RAMLA LOR (Line Of Response). Ce dernier, basé sur un traitement exhaustif des données plutôt qu'un échantillonnage, améliore la résolution spatiale. En 2006, la puissance du reconstructeur sera encore augmentée pour un gain de temps estimé à 40 %.

En 2005, PHILIPS a adopté le concept d'une nouvelle console secondaire, Extended Brillance Workspace, intégrant les post-traitements des deux modalités (CT Viewer et TEP Viewer) et le logiciel de fusion Syntegra.

SPECT et SPECT-TDM

PHILIPS détient environ 25 % du marché mondial et du marché français des SPECT et SPECT-TDM.

Concernant les SPECT seuls, PHILIPS conserve à sa gamme deux modèles double tête grand champ à angulation variable, SKYLIGHT et FORTE, et un modèle simple tête, MERIDIAN.

La SKYLIGHT, héritée de la gamme ADAC est le fleuron de la gamme. Elle a une configuration innovante avec ses deux têtes montées sur une double suspension portée par un portique à quatre piliers. Cette architecture la rend très ouverte et polyvalente. Le changement des collimateurs est automatique et robotisé (collimateurs dans un mur technique à l'arrière du portique, pouvant accueillir jusqu'à 6 collimateurs).

La FORTE, SPECT également d'origine ADAC, a une configuration classique avec un statif circulaire, un lit raccourci et des capots redessinés aux couleurs PHILIPS.

En 2004, PHILIPS a intégré les détecteurs EPIC AZ à ces deux SPECT. Ils utilisent un algorithme combinant les signaux de 17 photomultiplicateurs adjacents à la zone d'événements, avec rejet avant calcul des scintillations hors fenêtre d'énergie, alternative à la méthode de localisation habituelle d'Anger.

La MERIDIAN, modèle mono tête de configuration classique est très peu présente sur le marché français (une seule installée).

PHILIPS offre aussi un SPECT dédié à la cardiologie, la Cardio MD, dont plusieurs centaines d'exemplaires sont installés aux Etats Unis. Sa commercialisation en France est très limitée du fait des restrictions liées à la carte sanitaire. La demande est essentiellement orientée vers des équipements polyvalents.

PHILIPS aborde le marché des machines hybrides en associant les modalités existantes dans sa gamme. La machine hybride appelée PRECEDENCE est ainsi constituée du SPECT SKYLIGHT et du scanner BRILLANCE en version 6, 16 ou 64 coupes.
La version la plus évoluée annoncée au RSNA 2004 en version 64 coupes, se place dans les modèles haut de gamme pour le marché français pour des raisons de coût et d'encombrement. Sept machines ont toutefois été installées en Europe en 2005.
Chacune des modalités peut être mise en œuvre indépendamment. En effet, il est possible d'utiliser l'équipement pour des examens SPECT seuls ou TDM seuls, sans restriction.

Le SPECT-TDM et le TEP-TDM disposent en commun du même lit, du même environnement Jetstream et du même logiciel de fusion Syntegra. Dans cette configuration hybride, le mur de collimateurs et le mouvement longitudinal ne font plus partie de la configuration de la SKYLIGHT.

L'ensemble de la gamme SPECT et SPECT-TDM bénéficie de la console de traitement Jetstream Workspace (PC sous Windows NT), interface spécifique à la médecine nucléaire et distincte de la console TEP-TDM qui est plus orientée imagerie (identique à celle du scanner). La Jetstream Workspace est conçue comme une solution de management du Workflow.

En 2005, PHILIPS a mis l'accent sur l'optimisation du Workflow de l'acquisition à la visualisation des images avec des transferts d'images automatisés entre consoles et un affichage protocolisé pour chaque utilisateur.

De nouvelles applications sont introduites, comme l'imagerie parallèle (« Concurrent imaging ») qui permet d'obtenir plusieurs jeux de données (avec des paramètres individuels tels que matrice, coups, zoom, énergie) en une seule acquisition.

De nouveaux traceurs basse énergie sont annoncés sans date précise de mise sur le marché.

Imagerie Pré-clinique

PHILIPS n'annonce pas de nouveauté dans ce domaine.
La signature de contrats avec des sociétés telles que CELLPOINT et SYTOGENE laisse toutefois présager la sortie de nouveaux agents biotraceurs.

Un centre de recherche axé sur l'imagerie du petit animal ouvrira prochainement à Eindhoven pour l'ensemble des modalités dont le micro TEP Mosaïc, modèle réduit de l'Allegro ayant un tunnel de 18 cm de diamètre et une résolution de 2 mm. La correction d'atténuation est réalisée via une source de Césium 137.

En France, sept TEP dédiés petit animal sont installés en milieu universitaire.


Positron
http://www.positron.com

Cette société américaine propose toujours le TEP mPower et travaille avec la société chinoise Neusoft pour l'adjonction d'un scanner 2 coupes. Une machine hybride devrait être annoncée à la Society of Nuclear Medicine 2006.

25 machines installées depuis 1981 uniquement sur le continent nord américain.


Siemens
http://www.siemens.fr/medical

En 2005, SIEMENS fidèle à sa stratégie d'offrir une solution globale en Imagerie Moléculaire, a réalisé l'intégration de la société CTI. En conséquence l'offre Siemens comprend maintenant les solutions cliniques et les applications pré cliniques : imagerie du petit animal, les bio traceurs et les cyclotrons. Pour les deux dernières activités, le champ d'application se limite à ce jour essentiellement aux Etats-Unis avec le réseau PETNET de distribution des biotraceurs (FDG et autres) et la fabrication de la gamme de trois types de cyclotrons à Knocksville.
Depuis, la division Médecine Nucléaire est dénommée Imagerie moléculaire.

TEP-TDM

Au plan mondial comme en France, SIEMENS détient un tiers du marché du TEP-TDM mais se présente par contre comme le leader en Europe.

Comme l'ensemble de la concurrence, SIEMENS abandonne la commercialisation du TEP seul, ACELL, et travaille à l'upgrade des TEP installés en TEP-TDM.
La gamme de TEP-TDM, BIOGRAPH, commercialisée depuis 2000 continue à bénéficier d'évolutions. Après avoir amélioré la sensibilité en remplaçant les cristaux BGO par des cristaux LSO, SIEMENS a augmenté en 2004 la rapidité de détection en introduisant une nouvelle chaîne de détection (PICO 3D) dont la fenêtre de coïncidence n'est que de 4,5ns et a amélioré la résolution spatiale grâce au détecteur Hi-Rez (bloc de 13 x 13 éléments contre 8 x 8 jusque-là).
Comme annoncé au RSNA 2004, l'évolution suivante a porté sur la résolution temporelle avec le couplage du TEP à un scanner haut de gamme SENSATION 64. La gamme est ainsi aujourd'hui constituée du Biograph 2, 6, 16 et 64 selon son association avec un scanner Emotion ou Sensation.

A ce jour, aucune machine Biograph 64 n'est installée en France où le marché est constitué majoritairement de scanners 6 coupes, la machine 16 coupes restant une exception.

A noter que les BIOGRAPH disposent d'un tunnel de 70 cm de diamètre, champ utilisé en totalité pour l'acquisition TEP et scanner. Ce critère devient primordial pour les patients obèses.

Cette année, SIEMENS présente deux nouvelles applications orientées oncologie et neurologie. Le logiciel True D pour la comparaison de l'examen en cours avec les antériorités du patient. Le logiciel Syngo Scenium est quant à lui axé sur la maladie d'Alzheimer.

SIEMENS est le seul fournisseur à disposer d'un TEP/MR expérimental.

SPECT et SPECT-TDM

SIEMENS annonce une progression du marché français de l'ordre de 5 à 10 %. En 2005, les SPECT-TDM représentent environ un quart des dossiers traités en SPECT.

La gamme de SPECT seul est toujours constituée de l'e.CAM mono ou double tête, fabriqué par SIEMENS et vendu également par TOSHIBA sous le nom de T.CAM.
La c.CAM, SPECT dédiée cardiologie jusqu'à présent réservée au marché américain est proposée depuis un an en Europe.
Il s'agit d'un SPECT double tête à angulation variable, rectangulaire petit champ. Les cristaux sont d'épaisseur 8,5 mm. Le fauteuil d'examen inclinable (pour s'affranchir des mouvements du diaphragme dans certains examens), dispose également d'une découpe permettant d'amener les têtes en contact de l'organe à explorer (limitant ainsi l'atténuation).

SIEMENS commercialise depuis début 2005, le SYMBIA T, SPECT-TDM annoncé à la SNM 2004 et conçue dès le départ comme une machine hybride. En France, l'installation de cinq machines, et les commandes en cours, positionnent SIEMENS en leader.

La gamme de SPECT-TDM SYMBIA T est constituée d'un SPECT nouvelle génération, double tête et d'un scanner EMOTION totalement intégré, selon différentes versions. Le SYMBIA T ou T2 fonctionne avec un scanner EMOTION 2 coupes qui peut être utilisé séparément uniquement dans la version T2. Le SYMBIA T6 est doté d'un scanner EMOTION 6 coupes permettant une acquisition scanner de 1,5 min.

La gamme SYMBIA offre une gamme de collimateurs complète en basse, moyenne et haute énergie. Le choix entre les cristaux fins (3/8ème - 9,5 mm pourquoi le préciser là alors que nous n'avons mis aucune autre dimension ?) ou épais (5/8ème) est toujours possible.
Malgré la compacité de la machine, l'installation devra prendre en compte un poids de 3,5 tonnes.
La console d'acquisition basée sur le concept Syngo, permet d'aller de l'acquisition au traitement des images. La console de traitement peut être déportée.

Le SYMBIA T2 est le SPECT-TDM le plus vendu en France. Ce type d'investissement modifie la donne puisque le prix d'un SPECT-TDM est le double d'un SPECT seul. C'est pourquoi SIEMENS lance en 2005 le principe d'une opération séquentielle avec l'acquisition d'un SYMBIA S prêt à recevoir un scanner dans un second temps. Même si une telle opération génère un surcoût de l'ordre de 25 %, elle permet de lisser les dépenses et de laisser la technique se stabiliser.

SIEMENS estime que chaque service de médecine nucléaire disposera au moins d'un SPECT-TDM d'ici 5 ans. En effet, malgré un faible recul sur le bénéfice de cette technique, les sites installés voient déjà une tendance à basculer les examens du SPECT au SPECT-TDM avec un gain sur la localisation des tumeurs. On peut illustrer l'intérêt de cette technique par la substitution de la technique de détection du ganglion sentinelle.

Imagerie Pré-clinique

Grâce au rachat de CTI (qui détenait la société CONCORDE fabricant de micro-TEP), SIEMENS dispose maintenant de deux modèles de micro TEP pour la recherche pré-clinique sur l'animal : le FOCUS 120 pour le petit animal et le FOCUS 220 pour le primate.
Parallèlement, SIEMENS possède également un micro-TDM et un micro SPECT-TDM.


Spectrum Dynamics
http://www.spectrum-dynamics.com

Cette société émergente propose un SPECT dédié cardiologie doté de détecteurs CZT. Ce système est composé d'un fauteuil ergonomique permettant l'accès de la tête angulée au contact du patient afin d'améliorer la résolution.

Un SPECT-TDM, le D Spect cardio CT, est également présenté pour les applications cardiologiques.

La commercialisation débute sur le continent américain avec une volonté de diffusion jusqu'en Europe.


Terarecon
http://www.terarecon.com

Cette société californienne a sorti en 2005 une mini caméra, MGC 500, dédiée à la recherche du ganglion sentinelle.
Cette caméra est utilisée soit sur un bras articulé soit comme une sonde d'échographie. Deux collimateurs sont disponibles : standard ou haute résolution.
Aucune installation réalisée à fin 2005.


Toshiba
http://www.medical.toshiba.com

TOSHIBA poursuit son accord de commercialisation du SPECT e.cam SIEMENS en Asie.

Conclusion
Le marché de la médecine nucléaire se porte plutôt bien avec une croissance annuelle de l'ordre de 2 à 3%.
Le rapprochement avec la radiologie est de plus en plus évident au travers des machines hybrides TEP-TDM désormais systématiquement proposées ou des SPECT-TDM émergents aujourd'hui mais promis à une explosion dans les prochaines années. On peut illustrer également ce rapprochement entre médecine nucléaire et radiologie par le développement d'une gamme complète d'outils pour l'imagerie pré-clinique du petit animal
Au plan technique, les trois majors sont dans une phase de stabilisation technologique (amélioration des interfaces homme-machine, uniformisation des consoles) sans nouveau détecteur ou traceur.
Il est à souhaiter que les années futures soient consacrées à l'adaptation des besoins en terme de scanner.