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ET l’IRM 3T ?

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

ET l'IRM 3T ?

L'année 2004 a été marquée par un échange d'éditorial et de lettres au sein de l'AJNR concernant l'IRM à haut champ et singulièrement à 3 T. JS Ross (9) a ouvert les hostilités dans le numéro de févier 2004 avec un éditorial assez virulant, dans lequel il écrit en particulier : « Finalement l'IRM 3 T est une évolution et non une révolution. Cinq ans seront nécessaires pour voir cette technologie arriver à pleine maturité ».

Il faut souligner que, comme l'indique JS Ross dans son éditorial, il dispose d'un appareil d'IRM 3 T dédié aux explorarations de l'encéphale et installé en juin 2001. Ces critiques du 3 T sont un petit peu tous azimuts : mauvaise qualité de l'imagerie T1, augmentation des artéfacts, en particulier dans la partie périphérique du champ d'exploration qui semble plus lié, comme le dit l'auteur, à l'antenne qu'à l'appareil lui même, faible bénéfice de l'augmentation du rapport signal/bruit, même si l'auteur reconnaît une amélioration des séquences d'ARM, de l'imagerie de diffusion et de l'imagerie fonctionnelle d'activation.

Dans le numéro d'octobre 2004, LN Tanenbaum (10) et MD Shapiro (11) répondent respectivement : « IRM 3T : prêt pour la pratique clinique » et « Le temps de l'imagerie clinique à 3 T est venu ». Ces deux auteurs qui ont utilisé pendant à peu près un an un imageur 3 T, soulignent l'évolution rapide des systèmes d'imagerie 3 T. Shapiro insiste par ailleurs sur le fait, qu'il ne faut pas imaginer dupliquer notre pratique d'imagerie à 1.5T sur le 3 T. Il faut adapter les séquences, en utiliser de nouvelles, modifier les protocoles de manière à optimiser les possibilités de l'appareil.
La conclusion de Tanenbaum est sans appel : le choix du 3 T s'impose.

Dans le même numéro d'octobre 2004, dans un éditorial, PM Pattany (12) essaie d'apporter le mot de la fin : « En conclusion, les systèmes d'imagerie à 3 T ont leurs avantages et leurs désavantages ». Cette phrase semble marquée par le sceau de la prudence. Il souligne qu'il existe pour l'imagerie 3 T une courbe d'apprentissage, ce que Ross avait peut être initialement oublié.

Le congrès de la RSNA 2004 s'est intéressé au cours d'une séance à l'imagerie 3 T. Mais ce sont en fait toutes les séances de neuroradiologie qui sont imprégnées par cette nouvelle technologie, car de nombreuses présentations sont faites sur la base d'explorations réalisées à l'aide de ce type d'appareil.

Finalement, cette polémique n'a montré qu'une chose que nous savions tous, à savoir que l'évolution technologique est souvent extrêmement rapide. Ross condamne l'imagerie à 3 T après une expérience sur un système dédié aux applications neurologiques installées en juin 2001 et Tanenbaum et Shapiro se félicitent de leur pratique de l'imagerie 3 T sur les appareils installés courant 2003. Ils ne comparent pas les mêmes machines, ils ne parlent pas de la même expérience clinique et leurs discours ne sont finalement probablement pas très contradictoires. Les difficultés de Ross sont celles d'une imagerie 3 T balbutiante là où Tanenbaum et Shapiro travaillent sur des appareils dont la maturité est déjà plus grande, avec un corpus d'expérience clinique beaucoup plus important, permettant d'éviter un certain nombre d'écueils.