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Imagerie du Sein

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Imagerie du Sein


Philippe Troufléau (1), Bénédicte Chevrier-Fraboulet (2), A Noel (3), J Stines (1)

(1) Service de radiodiagnostic, (2) Unité de radiophysique - Centre Alexis Vautrin - Vandoeuvre lès Nancy
(3) Centre Hospitalier - Roubaix

Comme lors de toutes les dernières éditions du RSNA, l'imagerie mammaire continue à occuper une place de choix parmi les thèmes traités lors du congrès. Cette année, le sous-comité « imagerie du sein » était représenté par Valerie P Jackson, chairman d'Indianapolis (IN), assistée de Emily F Conant de Philadelphie (PA), de Timothy W Freer de Plano (TX), de Carol H Lee de Guilford (CT) et de Laura Liberman de New York (NY).

S'il n'y a pas eu de révolution ni d'annonce sensationnelle, les évolutions sont continues. La place des événements consacrés à la radiologie conventionnelle diminue au profit des techniques numériques et des autres méthodes d'imagerie (surtout échographie et IRM). On retrouve partout présente l'informatique qui se retrouve au cœur de toutes les modalités mais qui sert aussi à développer des bases de données et des systèmes d'aide informatisée à la détection ou au diagnostic. Parmi les nouveautés, il faut malgré tout signaler une place un peu plus importante pour les techniques non chirurgicales de destruction de lésions mammaires et pour le rôle grandissant de l'imagerie pour l'exploration de l'aisselle.

Comme chaque année, il fallait consacrer de nombreuses heures pour essayer de couvrir toutes les propositions de cours d'enseignement continu, de posters scientifiques ou pédagogiques, de présentations à INFORAD ou de sessions thématiques, sans oublier l'absolue nécessité de déambuler à travers l'exposition technique à la recherche des dernières évolutions technologiques ou des produits industriels destinés à faciliter la vie des radiologues.

Il n'est bien entendu pas possible de se livrer à une recension exhaustive de tous les événements, sessions ou matériels offerts à la curiosité du radiologue spécialisé en sénologie. Les lignes qui vont suivre n'ont pour but que de restituer ce que les auteurs ont pu glaner au décours de leurs déambulations le long des corridors et des présentations auxquelles ils ont eu la possibilité d'assister. Le livre des résumés à lui seul représente une mine d'informations. Le but n'étant pas de traduire tout ce qui dans ce recueil concerne le sein, on invitera le lecteur à s'y reporter pour compléter son information. Il n'est certainement pas difficile de se procurer un exemplaire du livre des résumés compte tenu du nombre important de français ayant participé à la manifestation.

Les posters scientifiques et pédagogiques

Le matériel était riche (46 posters pédagogiques en tenant compte de ceux qui n'ont pas été affichés et d'un poster affiché dans la section radiothérapie concernant l'utilisation d'une table de stéréotaxie dédiée pour faire de la curiethérapie de cancers du sein). Le classement entre posters scientifiques et pédagogiques était parfois difficile à comprendre (la différence consistant essentiellement dans le fait que les posters scientifiques faisaient l'objet de séances de commentaires), mais beaucoup de posters apportaient un éclairage utile sur des techniques d'imagerie déjà connues ou sur des domaines en développement.

Le poster de Dromain C rapporte l'expérience de l'Institut Gustave Roussy en matière de mammographie avec contraste. Elle ajoute à sa série de patientes l'analyse de deux autres séries de la littérature de 22 et 26 patientes respectivement. La sensibilité pour la détection de cancers est de 80 %. L'accent est mis sur la possibilité d'étudier la cinétique de rehaussement (1).

La même équipe de l'IGR a présenté une communication concernant la corrélation entre mammographie avec contraste et angiogenèse. Il n'a pas été trouvé de bonne corrélation avec la densité des vaisseaux étudiés sur des coupes histologiques. Les auteurs estiment que des améliorations sont possibles (double énergie, tomosynthèse, produits de contraste plus spécifiques) (2).

Quatre posters avaient un intérêt pour la pratique quotidienne :
1. Le poster de Murphy TP qui concernait le problème toujours actuel des densités visibles sur une seule incidence (3) ;
2. Celui de Gombos EC avec illustrations des calcifications linéaires non malignes (4) ;
3. Celui de Lewis TM permettant de tester la sagacité des lecteurs pour le diagnostic des calcifications mammaires (5) ;
4. Celui de Kim SM qui illustrait très bien des « trucs » bien enseignés en France pour repérer des anomalies non visibles sur le profil à partir de vues crânio-caudales et obliques, mais en y ajoutant des commentaires approfondis (6).

Un poster de Wang J était consacré aux carcinomes d'aspect stable en mammographie qui sont toujours difficiles à diagnostiquer même si on analyse des séries de clichés consécutifs. Les auteurs insistaient sur l'apport complémentaire des autres méthodes d'imagerie (7).

Un autre poster traitait des cancers atypiques en mammographie et en échographie (8).

Un bon poster didactique faisait le point sur le rôle de l'imagerie dans le bilan d'extension du cancer du sein. Il n'apportait pas d'information très originale, mais permettait d'insister sur le rôle complémentaire de la mammographie, de l'échographie et de l'IRM (9).

Une dizaine de posters étaient consacrés spécifiquement à l'échographie couvrant divers aspects concernant la séméiologie, l'élastographie, les produits de contraste et des systèmes d'aide informatisée à la décision.

Le poster de Chung SY concernait l'élastographie avec analyse informatisée du signal ultrasonore. Les auteurs ont étudié 100 tumeurs qu'ils ont vérifié histologiquement et concluent à une sensibilité de 87 %, une spécificité de 85 %, une valeur prédictive positive de 88,3 % et une valeur prédictive négative de 82,9 % (10).

Plusieurs posters étaient consacrés à l'aide informatisée au diagnostic ou à la décision.

Astley SM et al se sont intéressés au bilan de l'étude CADET (CAD Eval. Trial) de Manchester (UK). La base de données est de 10 000 cas de mammographies de dépistage. Sept radiologues ont participé à l'étude. Ils ont eu un apprentissage sur un set de 100 cas avec deux cancers minimes non détectées lors de la lecture initiale. Ils ont eu ensuite 400 cas avec augmentation progressive des cas anormaux et retour d'information avant de relire la série initiale. Il y avait 0,27 fausses marques par film. Celles-ci sont plus nombreuses en cas de sein dense. Les performances des lecteurs sont améliorées par l'apprentissage. Les auteurs concluent qu'il est indispensable de consacrer beaucoup de soin à la formation des lecteurs quand on met en route un protocole expérimental pour évaluer les performances d'un CAD (11).

Malich A et al se sont intéressés au potentiel du CAD pour la détection plus précoce des cancers. Leur base de données comporte 105 cancers non détectés initialement dont 53 diagnostiqués immédiatement grâce à la clinique, à l'échographie ou à l'IRM. Treize cancers n'étaient pas visibles même a posteriori. Ils ont testé un système CAD : Second Look, 4.0 de CADX, USA. Le CAD a marqué au moins sur une vue 21 sur 35 masses et 9 sur 9 microcalcifications au prix de 0,44 fausses marques par film pour les masses et 0,31 pour les microcalcifications. Ils concluent que le taux élevé (68,9 %) de détection du CAD permettrait de faire des diagnostics plus précoces, mais constatent que le nombre élevé de faux négatifs peut limiter l'application en routine clinique (12).

Nishikawa RM et Jiang Y de Chicago ont affiché un poster très compliqué consacré au CAD en dépistage. Ils montrent que le CAD augmente le nombre de cas détectés mais aussi les taux de reconvocation. Les facteurs affectant l'efficacité du CAD sont nombreux : nombre de lésions ratées par les radiologues, efficacité du CAD pour marquer les lésions manquées, efficacité des radiologues pour utiliser utilement les marques CAD, prévalence des cancers dans la population et variabilité entre les radiologues. Ils concluent que, si le CAD peut être utile, son évaluation risque d'être compliquée et qu'il sera probablement difficile d'élaborer une méthodologie inattaquable (13).

Le poster de Drukker K étudie la possibilité d'utiliser l'informatique pour aider à la détection et à la caractérisation des lésions mammaires en échographie. Ils utilisent un préprocessing, une filtration puis une étape de classement. Le système a été testé sur une petite base de données. Il s'est avéré robuste et a été testé avec succès sur deux plates-formes de constructeur différentes. On pourrait donc à terme imaginer d'avoir un CAD en option sur les échographes du futur (14).

En plus de l'échographie, les systèmes d'aide au diagnostic se développent aussi en IRM. Shore K et al utilisent un logiciel qui calcule le rehaussement de l'ensemble du sein avec un seuil. Ils repèrent tout ce qui se rehausse de plus de 50 %, produisent des cartographies en fausse couleur et étudient ensuite les courbes de rehaussement. Les auteurs signalent l'intérêt potentiel des post-processing (correction de mouvement, reconstructions multiplanaires MIP) (15).

Pediconi F et al se sont intéressés à la même problématique. Ils ont utilisé un nouveau logiciel fournissant de manière automatique des courbes de rehaussement de signal. Le logiciel détermine également la taille tumorale avec une excellente corrélation avec la taille réelle des lésions. Les présentations en fausses couleurs permettent de différencier la lésion de la zone périphérique où il y a aussi une angiogenèse tumorale (16).

Un poster concernant un CAD en IRM a également été présenté dans la section physique. Les auteurs développent des nouveaux algorithmes pour corriger les irrégularités de champ magnétique, étudier l'extension tumorale et produire des courbes d'évolution temporelle du signal de rehaussement. Le travail a été fait en collaboration avec R2 Technology (17).

Quelques posters concernaient la mammographie numérique. Kappadath SC et al se sont intéressés à l'intérêt de la double énergie (28 et 49 kVp) pour l'étude des microcalcifications. L'utilisation d'anodes Molybdène et Rhodium n'est probablement pas optimale. Ils considèrent que dans les conditions de leur étude, l'apport reste limité malgré l'utilisation de techniques de réduction du bruit qui améliorent la visibilité des calcifications (les calcifications testées sont relativement volumineuses puisque leur taille se situe entre 250 et 300 microns) (18).

Le poster de Watanabe H et al n'apporte rien de nouveau, mais démontre sur fantômes la meilleure détection des microcalcifications sur le cliché centré numérisé comparé au couple écran-film (19).

Le poster de Kobayashi H et al est très technique et sans corrélation clinique. Il concerne l'évaluation du couple Rh/Rh en mammographie numérique (20).

Quelques posters concernaient l'IRM. Ils seront évoqués ailleurs dans cet article.

Un poster assez intéressant de Beckers BW et al permet de se souvenir que, contrairement à ce qui a pu être affirmé auparavant, on peut observer de nombreux artefacts en mammographie numérique. Ils sont liés au détecteur, aux systèmes de lecture des détecteurs et de plaques photostimulables, à des images fantômes de rémanence et à des artefacts de reconstruction (21).

Beaucoup d'autres posters étaient de bonne qualité et d'un intérêt scientifique ou pédagogique certain, par exemple, celui de Washington Stephens T (22) concernant l'imagerie radiologique et ultrasonore du cancer du sein chez l'homme fait une bonne mise au point sur cette pathologie rare qui représente moins de 1 % des cancers du sein ou encore deux posters concernant la scanographie (23, 24) et des posters consacrés aux produits de contraste en échographie.

Pour terminer, on peut aussi signaler un autre poster de qualité préparé par une équipe française concernant l'hyperplasie canalaire atypique et la métaplasie cylindrique atypique (25). L'objet du travail est la prise en charge des lésions atypiques diagnostiquées par macrobiopsie assistée par aspiration 11 gauge : chirurgie systématique ou surveillance mammographique ? Il s'agit d'une étude rétrospective concernant 570 macrobiopsies dirigées sur des microcalcifications, 80 ont mis en évidence des lésions d'atypies seules : hyperplasie canalaire atypique (HCA) ou métaplasie cylindrique atypique (MCA). Les caractéristiques ont été étudiées : cliniques (antécédents familiaux, personnels, âge, statut ménopausique, THS), radiologiques (ACR, taille, nombre total de prélèvements et avec microcalcifications, pourcentage d'exérèse) et anatomopathologiques (HCA, MCA, nombre de foyers d'atypies, histologie finale). Au final, le taux global de sous-estimation histologique est de 33 % (hyperplasies canalaires atypiques + métaplasies cylindriques atypiques). Pour les métaplasies cylindriques atypiques, le taux de sous-estimation est inférieur à celui des hyperplasies canalaires atypiques seules, estimé à 19 %, avec une répartition plus homogène entre les deux types de carcinomes : 2 intracanalaires et 3 canalaires infiltrants. Aucun des différents paramètres étudiés n'apparaît significativement lié au risque de carcinome. Il existe une tendance : tous les carcinomes sous-estimés parmi les métaplasies cylindriques atypiques correspondent aux métaplasies cylindriques atypiques hyperplasiques, mais aucun cancer n'a été retrouvé parmi les métaplasies cylindriques atypiques non hyperplasiques. Concernant ces métaplasies cylindriques atypiques, les résultats sont cependant difficilement comparables aux données de la littérature car peu d'articles ont été publiés en individualisant ce type histologique en particulier, mais les métaplasies cylindriques atypiques semblent avoir un risque de sous-estimation histologique inférieur aux hyperplasies canalaires atypiques.

INFORAD

L'imagerie était présente à INFORAD (26, 27) avec trois présentations à l'Inforad Theater (28-30).

La présentation du dimanche matin concernait un système interactif d'aide au diagnostic en IRM (28). Le logiciel permet l'analyse du rehaussement dans une région d'intérêt où l'on segmente les zones de rehaussement. Les auteurs insistent sur le rehaussement périphérique des lésions dont ils estiment qu'il représente un bon critère. Le logiciel améliore les performances pour le diagnostic de malignité (68 % pour le CAD contre 53 % pour le lecteur humain). Le logiciel s'utilise en temps réel et analyse des données en 1, 2 et 3D. Il identifie des anomalies de texture, de morphologie et la cinétique de rehaussement. Dans l'ordre d'importance des facteurs à prendre en compte, on trouve : la cinétique de rehaussement, l'aspect des bords des lésions, le rehaussement périphérique, le rehaussement de la masse et l'intensité du rehaussement. 69 % des radiologues consultés se sont déclarés intéressés par le logiciel. Les auteurs, Thompson S et Penn AI, ont présenté une communication sur le même sujet lors de la session scientifique consacrée à la mammographie numérique.

Une autre présentation faite à l'Inforad Theater concernait l'intégration du CAD dans le workflow d'une unité de mammographie. Les auteurs, Giger ML et al, ont développé une station de CAD multimodalité (radiologie, échographie, IRM) (29). Après segmentation automatique qui ne nécessite du radiologue que de pointer le centre de la lésion, le logiciel analyse les caractéristiques lésionnelles. Il indique pour chaque modalité la probabilité de malignité et affiche des images comparables issues de la base de données. L'interface de présentation est identique dans les trois modalités et représente les lésions dans une « boîte » qui comporte son environnement immédiat. De projet de station intelligente est développé en collaboration avec R2 Technology.

Une équipe de Stanford a développé un outil de décision Bayesian liant les caractéristiques des descriptifs BI-RADS aux pathologies. Le logiciel intègre aussi les facteurs de risque et permet ensuite d'éditer un compte rendu. Il fournit aussi une liste de diagnostics différentiels classés par ordre de probabilité. L'objectif final est de favoriser les corrélations avec les résultats anatomo-pathologiques (30).

Les grands thèmes

Les quinze sessions scientifiques ont permis de faire le point sur les différentes techniques actuelles et futures d'imagerie mammaire.

Mammographie

La densité mammaire reste un sujet d'actualité.

Dans la nouvelle édition du lexique ACR-BI-RADS, la définition des catégories de densité mammaire a été précisée :
1. Presque entièrement graisseux (graisseux homogène) (< 25 % de glande)
2. Opacités fibroglandulaires éparses (graisseux hétérogène) (25 à 50 % de glande)
3. Dense et hétérogène (51 à 75 % de glande)
4. Extrêmement dense (dense homogène) (> 75 % de glande)

Lorsque des lecteurs classent des mammographies dans ces catégories selon les anciens critères, le pourcentage de densité glandulaire évalué quantitativement dans chaque groupe est plus faible que celui qui est précisé dans cette nouvelle édition (31). Ceci va nécessiter un nouvel apprentissage afin de se familiariser à ces nouvelles définitions et de limiter les variations inter-observateurs.

La densité mammaire décroît avec l'âge avec une décroissance plus marquée dans la 4e et 5e décennie chez les patientes sous THS. Cependant, chez deux tiers des femmes, cette densité reste stable. Chez un tiers, elle décroît avec l'âge en particulier dans la 4e et 5e décennie, mais cette évolution est moins fréquente chez les femmes sous THS (32).

La taille mammographique est le facteur radiologique le plus important pour les carcinomes intracanalaires même si la corrélation avec la taille histologique est faible. Une micro-invasion est plus souvent retrouvée dans les lésions de grande taille mammographique, mais le grade histologique, la présence d'une micro-invasion ou de marges positives ne sont pas corrélés avec les autres critères mammographiques comme le type de microcalcifications ou la présence d'une masse associée (33).

Le délai entre la mammographie de dépistage et l'annonce du diagnostic histologique dépend de plusieurs facteurs. La diminution de ce délai permet de réduire l'anxiété des patientes et d'améliorer leur satisfaction (34).

La relecture dans un centre spécialisé de 283 mammographies réalisées dans d'autres cabinets, à la demande du médecin, a modifié la prise en charge des patientes dans 49 cas et a détecté 21 nouveaux cancers (35).

Lorsque les patientes sont adressées en premier lieu dans un service de radiodiagnostic et non d'emblée à un chirurgien, il y a une diminution des consultations de chirurgie et une réduction des coûts (36).

La double lecture des clichés de dépistage n'est pas un standard dans tous les pays.

Dans la série de Kopans (183 585 mammographies de dépistage), la seconde lecture a permis d'augmenter le taux de détection de cancers de 3 % avec une faible augmentation du taux de faux positifs (37).

En Grande-Bretagne, une troisième lecture est réalisée en cas de discordance entre les deux premiers lecteurs. Cette troisième lecture a permis la détection de 9,1 % des cancers ; la cause principale de discordance était les microcalcifications (38).

A Brème en Allemagne, malgré une formation intensive initiale, il a été constaté une amélioration des performances des lecteurs au cours des deux premières années du dépistage. La sensibilité est passée de 74 % à 92 % (39).

Une équipe hollandaise a montré que des résultats meilleurs étaient obtenus lorsque seuls les cas difficiles sélectionnés par le premier lecteur étaient relus par plusieurs relecteurs pour un temps global de relecture équivalent ou moindre que celui d'une relecture de tous les clichés par un seul relecteur (40).

Dans une série américaine de 33 084 patientes, l'examen clinique par une infirmière expérimentée a permis le diagnostic de 7 cancers occultes sur la mammographie (soit 3 % de tous les cancers dépistés) pour un coût de 50,841 $ par cancer (41).

La mammographie numérique

Les résultats de l'étude norvégienne OSLO II ont été présentés avec un recul de deux ans. 24 907 femmes ont été randomisées entre mammographie numérique plein champ et mammographie conventionnelle sur film. Le taux de détection de cancers a été respectivement de 5,9 ‰ (8,3 ‰ 50-69 ans, 2,7 ‰ 45-49 ans) et de 4,1 ‰ (5,4 ‰ 50-69 ans et 2,2 ‰ 45-49 ans). La mammographie numérique plein champ a eu un taux de détection plus important que la mammographie conventionnelle, mais la différence n'était pas statistiquement significative : les deux techniques sont donc comparables pour le dépistage mammographique (42).

L'un des avantages de la mammographie numérique est l'intégration à un PACS (43).

Le temps d'interprétation des mammographies sur console est plus long que le temps d'interprétation sur film pour deux équipes, mais les avantages de la mammographie numérique sont jugés plus importants que ses inconvénients : qualité d'image jugée meilleure, temps d'acquisition plus rapide, intégration à un PACS (43, 44).

La mammographie numérique par balayage permet une réduction de la dose glandulaire moyenne de 35 % par rapport à la mammographie conventionnelle sur couple écran-film en pratique clinique grâce à l'absence de grille et à une meilleure qualité du rayonnement (45).

Une réduction de dose de 25 % pourrait également être obtenue en mammographie numérique plein champ avec détecteur au sélénium amorphe pour des résultats identiques, en utilisant une anode tungstène avec un filtre rhodium à la place d'une anode molybdène avec un filtre molybdène (46, 47).

Les études comparatives présentées en mammographie numérique ont surtout été réalisées sur fantômes :

Par rapport à la mammographie conventionnelle, la mammographie numérique augmente la résolution en contraste, mais dans certains cas, diminue la résolution spatiale (48).

Il n'y a pas de différence significative dans la détection des microcalcifications simulées entre les différentes technologies de mammographie numérique plein champ (49).

Dans un fantôme RMI, il y a un taux de détection plus élevé avec un système mammographique plein champ couplé à un CCD (Senoscan Fischer) qu'avec un système de plaques photostimulables haute résolution (Siemens) (50).

Dans une analyse contraste-détail, la qualité d'image de trois systèmes étudiés (unité CR fuji « FCR 5000 MA Plus » et deux capteurs plein champ GE « Senographe 2000 D » avec conversion indirecte basée sur du silicium amorphe et IMS « Giotto Image MD » avec conversion directe) a été jugée assez comparable en particulier dans les valeurs d'exposition utilisées en clinique (51).

La détection et la caractérisation des microcalcifications peuvent être influencées par le détecteur, les structures environnantes et l'agrandissement. Le capteur au silicium amorphe a de meilleures performances avec un environnement uniforme et des images standard. Le couple écran-film a de meilleurs performances avec un environnement uniforme ou de type tissulaire et en agrandissement. Les deux systèmes ont des performances équivalentes avec un environnement tissulaire et des images standard (52).

CAD

Le CAD marque la majorité des cancers visibles non détectés par la double lecture et peut donc permettre d'augmenter le taux de détection des cancers (53).

Un système permettant d'identifier automatiquement un foyer de microcalcifications sur les clichés antérieurs et d'évaluer son évolutivité sur les clichés actuels a été présenté (54).

Dans le système américain, l'ajout du CAD dans le cadre d'un programme de dépistage mammographique augmente le coût marginal par année de vie sauvée de 18,9 % par rapport au dépistage seul (55).

En cas de carcinome intracanalaire, le CAD a identifié la lésion dans 91 % des cas sur les clichés au moment du diagnostic et dans 16 cas sur 23 sur les clichés antérieurs (où les lésions étaient radiologiquement visibles) (56).

Un nouveau système expérimental fournit d'une part une détection automatique des lésions mammographiques et d'autre part une classification : il permettrait une amélioration des performances (57).

Echographie

Le nouveau lexique BI-RADS ultrasons permet une meilleure description des images échographiques.

Dans une série de 62 lésions revues par 5 radiologues, il y a eu une excellente concordance inter-observateurs pour la détermination de l'orientation, de la forme et des limites des lésions, une concordance moyenne pour les contours et les modifications acoustiques postérieures, et une concordance assez bonne pour l'échostructure. Cet accord inter-observateurs a été plus élevé que celui obtenu avec le lexique BI-RADS mammographique (58).

L'incidence des cancers dans les lésions classées en ACR-BI-RADS 3 (probablement bénignes) sur des critères échographiques est similaire à celle des lésions classées dans la même catégorie sur des critères mammographiques (59).

La majorité des cancers détectés par échographie le sont dans des seins denses (catégorie 3-4) mais dans une population à haut risque, des cancers peuvent aussi être détectés par échographie dans des seins dont la densité est inférieure à la catégorie 3 (moins de 50 % de glande). Ces seins ne devraient donc pas être exclus du dépistage échographique (60).

L'échographie 3D pourrait permettre une meilleure caractérisation des masses solides comparativement à l'échographie classique 2D, mais dans cette étude, la comparaison a été faite de manière rétrospective sur des images 2D figées et sur des données 3D enregistrées (61).

L'imagerie d'harmonique tissulaire permettrait une meilleure détection des lésions solides dans les seins graisseux, mais la caractérisation n'est pas améliorée par cette technique même si la description des caractéristiques échographiques est différente de celles observées en échographie conventionnelle (62).

Pour les lésions de moins de 10 mm, 14 sur 19 tumeurs ont été mieux visibles en THI qu'en mode B (63).

Dans une étude, 53 lésions (20 fibroadénomes et 33 cancers) ont été analysées par échographie avec injection de produit de contraste (OPTISON®) : il y a une augmentation des vaisseaux périphériques et intratumoraux dans les lésions bénignes et malignes à la phase précoce après injection, mais à la phase tardive (8-18 minutes), il y a une accumulation de produit de contraste uniquement dans les cancers (63).

L'injection de produit de contraste (Sonovue, Bracco) pourrait également améliorer la caractérisation des ganglions augmentés de volume chez les patientes atteintes d'un cancer du sein : la présence d'une métastase ganglionnaire se traduit par une absence de perfusion de l'agent de contraste dans la zone atteinte, qui peut alors être précisée par une cytoponction guidée (64).

Le CAD pourrait être appliqué aux images échographiques pour une meilleure détection des lésions et une meilleure classification (14).

Inverventionnel

Un nouveau système de prélèvement : en-bloc® Biopsy System, déjà présenté il y a deux ans et maintenant approuvé par la FDA, permet de réaliser des biopsies percutanées en un seul fragment. Une étude multicentrique rétrospective a comparé les résultats de ce nouveau système avec ceux du Mammotome 11 G. Il y a moins de cancers infiltrants identifiés à la biopsie chirurgicale parmi les CIC identifiés avec le système en-bloc® qu'avec le Mammotome (4 % vs 17,1 %) et moins de lésions malignes parmi les hyperplasies atypiques identifiées par les biopsies percutanées (65).

Il est utile de séparer les lésions atypiques identifiées dans les biopsies à l'aiguille en plusieurs catégories : en cas d'hyperplasie canalaire atypique focale ou modérée et d'hyperplasie lobulaire atypique, une surveillance mammographique pourrait être proposée à la place d'une exérèse chirugicale car le risque de malignité est faible (3 à 4 %). Par contre, en cas d'hyperplasie canalaire atypique sévère, l'exérèse chirurgicale est nécessaire en raison du fort risque de cancer associé (41 %) (66).

La présence de carcinome dans les prélèvements obtenus par biopsie guidée par stéréotaxie ne comportant pas de microcalcifications (alors que la lésion contenait des microcalcifications) est associée à une sous-estimation de la taille de la lésion par la mammographie. Il y a un taux de reprise chirurgicale et de mastectomie plus élevé, à la limite de la significativité (67).

Cinquante cancers du sein ont été traités par cryothérapie. Il n'y avait plus de résidu tumoral invasif dans la pièce opératoire de toutes les lésions de moins de 16 mm (n = 36), mais il persistait du carcinome intracanalaire en périphérie dans 4 cas. Dans les lésions plus volumineuses, la nécrose était incomplète (68).

L'identification d'une atteinte métastatique axillaire en préopératoire permet d'éviter la réalisation d'une procédure de recherche du ganglion sentinelle (et permet ainsi une réduction des coûts et du temps d'occupation de la salle d'opération). Plusieurs communications ont rapporté les résultats des prélèvements ganglionnaires échoguidés :

La sensibilité et la spécificité sont bonnes que ce soit pour les cytoponctions à l'aiguille fine (69, 70) ou pour les microbiopsies à l'aiguille 14 G réalisées avec une technique adaptée permettant d'éviter une blessure vasculaire ou nerveuse (71). Les critères échographiques retenus pour identifier un ganglion anormal étaient : contours « bulbeux », épaississement asymétrique du cortex, aplatissement ou perte du hile graisseux. Dans une étude, des critères vasculaires en échographie doppler ont également été utilisés. S'il n'y avait pas de ganglion suspect, c'est le plus volumineux qui était ponctionné (sur 31 ganglions d'aspect échographique bénin, 7 étaient positifs à la cytoponction).

L'IRM mammaire

Le grand nombre de sessions et posters traitant de l'IRM mammaire présentés cette année au RSNA témoigne de l'essor de cette technique en Imagerie sénologique.

Cinq grands thèmes se dégageaient de ces différentes présentations :
- la méthodologie de réalisation, optimisation et interprétation des examens,
- la technique, les nouvelles applications,
- femmes à haut risque de cancer du sein, IRM pré-thérapeutique,
- indications et résultats,
- l'IRM interventionnelle.

Méthodologie de réalisation, optimisation et interprétation d'une IRM mammaire

Comment optimiser une IRM mammaire ? C'est à cette question qu'un poster de l'exposition apportait de nombreuses réponses (72) :
- Tout d'abord, des conditions d'examen satisfaisantes sont indispensables : fiche de renseignements cliniques remplie, patiente prévenue de la durée de l'examen et correctement positionnée (antenne adéquate, mise en place d'une compression latérale).
- Sur le plan du protocole, l'association de séquences en pondération T2 (ou STIR) à des séquences dynamiques en Echo de gradient T1 avec saturation du signal de la graisse et injection de Gadolinium (0.1 à 0.2 mmol/kg à 2 cc/s suivis de 20 cc NaCl) apparaît indispensable. L'acquisition dynamique se fait sur 6 à 8 minutes. Le codage de phase ne doit jamais se faire dans le sens antéro-postérieur mais de droite à gauche (plan axial) ou de haut en bas (plan coronal ou sagittal). Les grands FOV doivent être favorisés, limitant les artefacts de repliement. L'épaisseur de coupe doit être inférieure ou égale à 3 mm et la taille du pixel à 1 mm. Les plans de coupe sont réalisés de préférence dans les axes axial et sagittal, permettant de mieux reproduire le plan les incidences mammographiques. Enfin de nombreux systèmes d'aide au diagnostic apparaissent aujourd'hui sur le marché.
- Concernant l'interprétation, certains pièges sont à éviter : mauvaise qualité d'injection, mouvements de la patiente entre deux acquisitions dynamiques, artefacts (de déplacement chimique, de susceptibilité magnétique ou encore de répétition).
- Enfin, certaines adénomégalies axillaires sont visibles sur l'examen et doivent être décrites. L'IRM permet ainsi de réaliser un bilan lésionnel loco-régional (et controlatéral).

Un système de « score » lésionnel a récemment été mis en place par Fischer et al afin d'aider les radiologues dans l'interprétation des IRM mammaires. Ce score portait sur la caractérisation du pic de rehaussement (initial et à 3-8 minutes), des bords, de la forme et du caractère centrifuge ou centripète du rehaussement. Malich A et al proposent neuf nouveaux signes complémentaires observés en pondération T2, après étude de 641 IRM mammaires (73). Il s'agit d'éléments plutôt rassurants : présence de septas lésionnels, fort hypersignal, absence d'œdème ou plutôt péjoratifs : adénomégalies, fort hyposignal, prolongement lésionnel en crochet atteignant le pectoral, épaississement cutané, anomalie mamelonnaire, développement de la vascularisation péri-lésionnelle, œdème, rehaussement à bords nets initialement devenant flous à partir de la 7e minute après injection.

Plusieurs auteurs rapportaient leur expérience quant à la caractérisation des lésions selon leur type histologique (74-77). Ainsi, les carcinomes mucineux, de meilleur pronostic que les autres types carcinomateux, présentent un rehaussement plus ou moins rapide selon leur richesse cellulaire (et inversement proportionnel à leur taux de mucine) mais toujours sans wash-out (élément caractérisant habituellement les lésions malignes) (77).

La vitesse d'injection du Gadolinium peut faire varier non seulement le taux de rehaussement des cancers du sein mais aussi l'aspect de la phase tardive (78).

Un traitement court par anti-œstrogène diminue les prises de contraste non spécifiques du tissu mammaire bénin sans réduire la visibilité des lésions malignes, améliorant ainsi la valeur diagnostique de cet examen (79).

Technique et nouvelles applications

L'équipe de Bonn en Allemagne rapportait une comparaison des performances de l'IRM à haut champ (3T) à celles d'une IRM 1,5T standard : l'ensemble des lésions étaient détectées par les deux appareils, cependant l'excellente homogénéité du signal (malgré l'utilisation de grands FOV) permettait une meilleure résolution spatiale et temporelle avec analyse morphologique améliorée de ces lésions à 3T (80).

Les séquences sagittales bilatérales simultanées hautes résolutions (VIBRANT GE Medical System) permettent grâce à un grand FOV d'étudier les deux seins dans le même plan d'étude similaire à la mammographie avec une grande rapidité d'acquisition (1 min 11 s pour les deux seins contre 1 min 33 s pour un sein en séquence classique). La comparaison à des séquences classiques montrait que la qualité de l'image et la résolution spatiale étaient inférieures mais n'altéraient pas le niveau diagnostique. Enfin, la saturation du signal de la graisse s'applique aussi bien sur ces séquences (81).

Le rôle de la spectroscopie dans l'aide au diagnostic a été souligné par deux communications (82, 83). Elle aide (par la mise en évidence d'un pic de Choline) à la distinction entre pathologie bénigne et maligne lorsque les critères morphologiques et cinétiques sont indéterminés. Elle permet de mieux sélectionner les patientes nécessitant une biopsie à l'issue de l'examen par IRM.

L'application d'autres techniques a fait le sujet de plusieurs communications scientifiques :
- L'IRM HiSS (haute résolution spectrale et spatiale, réalisée sur une région d'intérêt) apporte une meilleure visualisation des anomalies avant injection de Gadolinium (84). Ses applications restent à déterminer.
- L'IRM avec produit de contraste superparamagnétique (USPIO : Ultra Small Paramagnetic Iron Oxide) et séquence en écho de gradient pondérée en T1 avec saturation du signal de la graisse après injection de Gadolinium pourrait être utile dans le staging ganglionnaire axillaire. Sa valeur serait améliorée en la couplant aux résultats du PET-scan (mais le rapport coût-efficacité n'a pas été présenté…) (85).

Femmes à haut risque de cancer du sein – IRM pré-thérapeutique

Chez les femmes à haut risque de cancer du sein (prédispositions génétiques, antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, antécédents personnels de lésions mammaires frontières, d'irradiation thoracique (maladie de Hodgkin), l'IRM apparaît comme une technique particulièrement performante pour le dépistage de (nouvelles) lésions. En effet, pour ce groupe de patientes, plus que dans la population générale des femmes, on retrouve une excellente sensibilité de l'examen dans l'ensemble des études, de 90 à 98 % ce qui est supérieur à la mammographie (chiffres rapportés lors de la séance plénière 30 novembre). Ainsi, des lésions malignes peuvent être totalement occultes en mammographie et/ou échographie, et être diagnostiquées seulement en IRM. De plus, la valeur prédictive positive de cet examen semble supérieure chez les patientes à haut risque par rapport au reste de la population.

Dans une autre série de dépistage du cancer du sein chez les femmes à haut risque, 36 cancers ont été détectés chez 34 femmes, dont 34 par IRM (sensibilité 94 %). Une IRM antérieure était disponible chez 18 patientes, et à la relecture, des signes suspects étaient déjà présents dans 8 cas (pour deux relecteurs) et 5 cas supplémentaires (pour un des deux relecteurs). Comme en mammographie, l'analyse de ces cancers ratés permet d'améliorer les performances diagnostiques (86).

Chez les patientes porteuses d'un cancer du sein, l'IRM préthérapeutique permet une meilleure estimation de la taille tumorale que la mammographie et l'échographie, en particulier s'il s'agit d'un carcinome lobulaire infiltrant ou s'il y a une composante intracanalaire extensive. Elle permet également d'identifier des cancers non visualisés par les autres techniques (chez 40 patientes dans une série de 140 : 28,6 %) dans le même quadrant que la lésion principale, dans un autre quadrant et dans un autre sein. Des implications thérapeutiques importantes (mastectomie à la place d'un traitement conservateur, chimiothérapie néo-adjuvante, chirurgie conservatrice mais plus étendue) peuvent découler de ce meilleur bilan d'extension locale (87).

Au total, l'IRM apparaît donc comme une excellente technique pour le suivi de ces patientes à risque, mais l'accessibilité, le coût et les contre-indications de cet examen en freinent encore l'expansion. Enfin, sa réalisation ne doit pas faire surseoir à la réalisation de biopsies qui seules apportent une preuve histologique.

L'IRM, par sa grande sensibilité, entraîne cependant la mise en évidence de nombreux « incidentalomes ». Un poster de l'exposition scientifique rapportait les résultats du protocole multicentrique étudiant ces lésions en échographie de contraste (88). Parmi 42 incidentalomes (> 5 mm, homolatéraux (n = 29) ou controlatéraux (n = 13) à la lésion initiale), 35 étaient retrouvés en échographie de contraste et biopsiés (bénins (n = 14), carcinome in situ (n = 6), invasif (n = 15)). L'auteur souligne donc le rôle de cette technique dans la gestion des lésions découvertes fortuitement en IRM. Un poster électronique (Rizzatto G, en ligne «http://rsna.org/ » : on-line presentations) apportait plus de précisions concernant cette nouvelle technique.

Indications et résultats

La valeur de l'IRM pour le dépistage des cancers du sein chez les femmes à haut risque, déjà rapportée dans plusieurs séries publiées récemment, est confirmée dans plusieurs communications présentées.

Une étude prospective concernant 340 dépistages (17 cancers) a rapporté les résultats suivants : pour l'IRM, la mammographie et l'échographie, la sensibilité était de 100 %, 40 % et 29 %, la spécificité de 93 %, 96 % et 96 %, la VPP de 53 %, 44 % et 36 %, la VPN de 100 %, 95 % et 94 % (89).

Dans une étude internationale, 367 femmes ont été examinées, 27 biopsies ont été réalisées et ont permis le diagnostic de 4 cancers (1,9 %). L'IRM a détecté les 4 cancers alors que la mammographie n'en a détecté qu'un. Le taux de recommandation de biopsie a été de 8,5 % pour l'IRM et de 2,2 % pour la mammographie, mais la VVP a été identique pour les deux techniques (12,9 % et 12,5 %) (90).

Dans une série de 66 patientes ayant une histoire de cancer du sein familial, 106 lésions suspectes, non retrouvées à l'examen clinique et à l'imagerie conventionnelle, ont été adressées pour une biopsie guidée par IRM. Sur 97 biopsies réalisées, un carcinome invasif a été identifié dans 11 cas, un carcinome intracanalaire dans 13 cas, et une hyperplasie canalaire atypique dans 2 cas (91). Cette étude met en évidence le grand nombre d'anomalies douteuses détectées ches les patientes à haut risque (dont 23 % de lésions malignes) et souligne la nécessité de disposer d'un système permettant de guider une biopsie par IRM.

Parmi 1701 dépistages chez des femmes à risque, un carcinome intracanalaire a été détecté chez 9 patientes et un CIC associé à un cancer infiltrant chez 10 patientes supplémentaires. Seuls 3 CIC présentaient des microcalcifications suspectes alors que les autres CIC n'avaient aucune traduction mammographique. 18 CIC ont été identifiés par l'IRM. Un seul CIC de bas grade n'a été identifié que fortuitement dans une mastectomie préventive (92).

Dans la série de Conant EF, le taux de détection de cancer chez les femmes à risque était significatif (2,6 %) mais avec un taux très élevé de biopsies (21 %) et de suivi rapproché (22,5 %) (93).

Dans la série italienne, 18 femmes sur 235 ont eu un diagnostic de cancer. 40 % des cancers ont été détectés uniquement par IRM et il n'y a qu'un faux négatif de l'IRM (1 CLI de 9 mm) (94).

La VPP pour la malignité des biopsies mammaires recommandées en raison d'une anomalie IRM (29 %) est considérée comme similaire à celle des biopsies recommandées pour une anomalie mammographique (aux Etats-Unis). Cette VPP pour la malignité et les lésions à haut risque est plus élevée chez les femmes ayant des antécédents personnels de cancer du sein (95).

L'IRM mammaire a une excellente sensibilité, mais sa spécificité est souvent moins bonne. Une série internationale a analysé 821 examens réalisés chez des patientes porteuses de lésions mammographiques ACR4 ou 5 ou d'anomalies cliniques ou échographiques suspectes. La sensibilité était de 88,1 % et la spécificité de 67,4 %. La VPP de l'IRM était de 72,4 % alors que celle de la mammographie était de 52,8 % (96).

La VPP des biopsies mammaires réalisées après repérage par IRM est plus faible (22 %) que celle des biopsies après repérage mammographique, mais la proportion de lésions à haut risque est plus élevée (29 %). Les lésions manquées sont assez fréquentes (9,8 %) et un contrôle par IRM post-opératoire doit être recommandé pour toutes les lésions bénignes (97).

IRM interventionnelle

Plusieurs travaux abordaient la question des biopsies guidées par IRM, technique à l'heure actuelle peu développée et en évaluation.

Le problème du repérage de ces lésions semble important puisque Viehweg P rapporte un taux de 8 % de lésions non retrouvées au moment de la biopsie, probablement en raison de modifications hormonales ou inflammatoires (91).

Par ailleurs, il semble exister un taux relativement important de biopsies faussement rassurantes par erreur de positionnement lors de la procédure. En effet, Stewart ST et al rapportent un taux de faux négatifs de 9,8 %, préconisant ainsi un suivi par IRM de toutes les lésions biopsiées retrouvées bénignes en anatomo-pathologie, surtout lorsqu'il existe une discordance anatomo-radiologique (97).

Les industriels commencent à s'intéresser plus à l'IRM interventionnelle. En dehors des systèmes déjà disponibles chez les fournisseurs d'IRM, il commence à y avoir d'autres matériels. SUROS SURGICAL SYSTEMS Inc (www.surossurgical.com) a développé des matériels de macrobiopsies utilisables en IRM (MRI Access) avec un système de repérage dédié. Ce matériel n'est cependant pas disponible en France au moins pour le moment.

Enfin, de multiples sessions et posters traitaient de l'aide au diagnostic (CAD). Leurs résultats sont rapportés dans un autre chapitre.

Scanographie

Après injection de produit de contraste iodé, les valeurs d'atténuation des lésions malignes sont plus élevées que celles des lésions bénignes à la phase précoce (30 sec) (98).

La scanographie multi-détecteur donne des résultats identiques à l'IRM dans le bilan préopératoire des cancers du sein à condition de réaliser des coupes plus fines (2 mm) qu'en IRM (99).

L'IRM permet de détecter la présence d'une composante intracanalaire plus fréquemment que la scanographie multidétecteur mais si l'on ne tient compte que de la taille maximale de la lésion, qui conditionne les marges d'exérèse, les résultats sont identiques (100).

Nouvelles techniques

Un développement rendu possible par la mammographie numérique et qui semble prometteur est la tomosynthèse. Cette technique permet l'acquisition d'une série de multiples coupes fines 3D reconstruites tous les millimètres à partir de plusieurs projections selon différents angles du tube, et avec une dose similaire à la mammographie conventionnelle. Elle est en cours de développement chez plusieurs constructeurs (Hologic, GE). La réalisation d'une seule incidence oblique par sein en tomosynthèse pourrait être suffisante à condition que le positionnement soit optimal (101). Le CAD pourrait être appliqué à ces images avec une meilleure détection des anomalies du fait de la réduction des superpositions (102, 103).

Les premiers résultats de la « mammographie » laser CT ont été rapportés : sensibilité 77 %, spécificité 54,1 % (104).

La « mammographie » par émission de positons obtenue avec une PET scanner de haute résolution pourrait être un moyen de prédire la nature bénigne ou maligne d'une lésion identifiée par une autre technique et pourrait également identifier des lésions non suspectées dans le même sein ou le sein controlatéral (105).

La mammographie numérique avec injection de produit de contraste donne de meilleurs résultats lorsque le sein n'est pas comprimé. Les avantages seraient la diminution des difficultés de détection et d'analyse liées aux superpositions et au bruit dû aux structures mammaires environnantes, la diminution de la compression du sein, une meilleure localisation des lésions, la possibilité ultérieure d'imagerie 3D avec produit de contraste et de repérage de lésions avant prélèvement (106).

Elle permet de détecter le rehaussement dû à l'angiogenèse tumorale (2).

Un prototype combinant une mammographie numérique plein champ et une échographie 3D automatique acquises successivement au cours d'une même compression a été présenté (107).

La mesure d'impédance électrique pourrait être utile pour la caractérisation en particulier pour les lésions de petite taille (6 à 10 mm) et superficielles, mais la sensibilité n'est que de 82,5 % à 92 % (108).

Quelques informations concernant l'exposition technique

Les évolutions technologiques en mammographie numérique

Participer à un événement annuel comme le RSNA est le moment idéal pour faire le point sur les nouvelles technologies de l'imagerie. En particulier, quelles sont les évolutions récentes et annoncées en mammographie numérique ?

Les évolutions techniques récentes :

Quelques insuffisances techniques des mammographes numériques actuellement sur le marché avaient été mises en évidence dans l'Addendum sur la mammographie numérique (version 1.0, novembre 2003) du Protocole Européen sur l'assurance de qualité en mammographie de dépistage (ref : Addendum on digital mammography to chapter 3 of the Third edition of the European guidelines for quality assurance in mammography screening, Version 1.0, November 2003, European Commission). Dans ce document, les constructeurs étaient encouragés à apporter des modifications afin de satisfaire les recommandations. La visite de l'exposition technique a permis de constater, avec satisfaction, que des réponses semblent avoir été apportées :
1. Le Senoscan de Fischer dispose maintenant d'un exposeur automatique. Un pré-balayage permet d'adapter les paramètres techniques de l'exposition résultant en une augmentation limitée de la dose délivrée d'environ 8-10 %. L'utilisation d'une deuxième génération de détecteur associée à la modification du potter permet de limiter la perte en profondeur, côté paroi thoracique, à moins de 5 mm qui correspond à la limite exigée par le protocole de contrôle qualité Européen. De plus, ce détecteur procurerait une amélioration de la DQE de 18 %.
2. Sur le stand GE, était présenté le sénographe DS avec un nouveau détecteur à conversion indirecte de dimensions 24 cm x 31 cm ce qui est de nature à satisfaire l'exigence française de disposer d'un grand format.

Les évolutions technologiques annoncées :
1. La fusion d'image

    Fischer présentait un nouveau potter plat qui, grâce à un support en mylar sous forte tension, permet d'associer au système de détection à balayage une sonde échographique. Cet ensemble permet la fusion de l'image mammographique avec l'échographie. Il est possible de réaliser automatiquement un balayage complet du sein ou un balayage partiel d'une zone d'intérêt préalablement déterminée sur l'image mammographique venant d'être réalisée. Ce système pourrait être commercialisé à l'horizon 2006.
    De son côté GE précise que la fusion mammographie-échographie est en cours de développement.
2. La tomosynthèse
    GE et Hologic présentaient la tomosynthèse et l'ensemble des constructeurs annonce la disponibilité sous 2 ans. Toutefois, GE précise qu'aucune évaluation clinique n'est en cours alors que du côté d'Hologic deux sites aux USA disposeraient du système dans le cadre d'une évaluation clinique. De son côté, Planmed précise que la tomosynthèse est en cours de développement mais sans donner de précision supplémentaire.

Nouveaux produits :

Dans le supplément nouveaux produits du bulletin quotidien d'information du RSNA, deux annonces ont retenu notre attention :

1. Barco a obtenu l'agrément de la FDA pour son nouvel écran plat LCD Coronis de 5 millions de pixels

2. Bioptics présente le PiXaray, détecteur numérique sous forme de cassette permettant de faire évoluer un mammographe conventionnel en numérique. Le format de la cassette est de 25 cm x 25 cm, a une résolution spatiale limite de 10pl/mm et une profondeur de numérisation de 14 bits. Une autre cassette de dimensions 20 cm x 25 cm avec une résolution spatiale limite de 20 pl/mm est annoncée pour 2005

Dans ce marché en évolution, Sectra n'annonce pas de nouveauté même si elle revendique un démarrage encourageant des ventes de leur point de vue avec deux mammographes installés (Suède et Allemagne) et trois en cours de livraisons (Allemagne (2) et UK (1)). Toutefois, il faut souligner que Sectra n'a toujours pas obtenu l'agrément de la FDA ce qui constitue à n'en pas douter un frein à l'évolution.

Les PACS

Les liens étroits entre mammographie numérique et PACS sont évidents et l'intégration progresse. ROGAN-DELFT a développé une technologie d'accès ultrarapide et un nouveau viewer avec un nouveau protocole d'affichage. Dans le bulletin journalier du 1er décembre, on apprend que la FDA a validé la station de lecture DOMINATOR et validé la connectivité avec tout autre système de mammographie numérique ayant déjà été accepté par la FDA.

Les CAD

L'aide informatisée pour le radiologue est déjà largement présente. En plus des CAD mammographiques qui font partie des produits que l'on peut déjà considérer comme confirmés, on voit se développer des logiciels IRM. R2 Technology est très largement présent avec Second Look - iCAD. CAD STREAM semble déjà avoir une bonne expérience. Le produit est destiné à standardiser l'interprétation des examens IRM du sein grâce à un atlas ACR BI-RADS et un CAD. Il permet de créer des cartes de rehaussement avec deux seuils différents et la sélection automatique de région d'intérêt (www.confirma.com).

L'assistance pour le compte rendu

Le référentiel BI-RADS est omniprésent chez les industriels qui se proposent de faciliter la réalisation de comptes rendus et le suivi des patientes. Parmi les produits proposés, on peut citer MammoBase (www.mammobase.com) qui permet la relance des patientes présentant des anomalies à surveiller ou à biopsier avec possibilité d'envoyer des courriers en langue espagnole et PenRad Technologies (Jake@PenRAd.com) qui permet d'éditer de manière automatique des comptes rendus en anglais mais aussi entre autres langues en français.

Enseignement post-universitaire

Un programme très complet d'enseignement était proposé aux participants du congrès. Il couvrait des domaines habituels : le retard au diagnostic des cancers du sein, les bases essentielles de la prise en charge des cancers du sein, le dépistage, l'interventionnel sous échographie et stéréotaxie, l'IRM mais aussi l'enseignement des référentiels BI-RADS mammographie, échographique et IRM. Deux cours étaient consacrés à la résolution des problèmes qui se posent en imagerie du sein et aux moyens pour améliorer sa pratique, un autre au sein masculin et aux pathologies inhabituelles de la femme.

La mammographie numérique et d'imagerie de haute technologie ont fait l'objet d'un catégoriel de quatre cours d'une série consacrée aux aspects les plus actuels de la mammographie numérique. Ce cours catégoriel a permis de développer aussi les aspects fondamentaux et les bases physiques utiles pour une bonne compréhension de ces technologies complexes. On peut regretter le caractère très technique de certains exposés. Cependant, un syllabus est disponible « Advances in breast imaging : physics, technology, and clinical applications. Categorical course in diagnostic radiology physics » avec comme éditeur Andrew Karellas d'Atlanta et Maryellen L. Giger de Chicago destiné à mettre à la disposition des radiologues, des manipulateurs et des physiciens médicaux intéressés par l'imagerie du sein une mise au point de l'essentiel de nos connaissances actuelles dans le domaine. La plupart des chapitres ont été rédigés par des experts mondialement reconnus. L'ouvrage couvre tous les aspects fondamentaux, organisationnels et pratiques (tab. 1).

Monticciolo DLBreast disease : anatomy, pathology, and diagnosis
Feig SABreast cancer screening and diagnostic work-up
Kopans DBScreening mammography issues and controversies
Seibert JAPhysics of mammography
Barnes GTCommon and less common problems found during screen-film MQSA physics performance audits
Butler PF, Wilcox PAUpdate on accreditation of screen-film and digital mammography
Karellas A, Vedantham S, Suryanarayanan SDigital mammography image acquisition technology
Nishikawa RMImage quality metrics in mammography
Vedantham SQuality control techniques for digital mammography systems
Yaffe MJ, Jong RAAdvances in digital mammography : image processing, digital subtraction, and dual-energy techniques
Samei EDigital mammographic displays
D'Orsi CJDigital mammography in the clinical practice
Wu T, Moore RH, Rafferty EA, Kopans DBBreast tomosynthesis : methods and applications
Boone JMBreast CT : its prospect for breast cancer screnning and diagnosis
Schnall MD Beckerman BG, Nishikawa RM et alNational digital mammography archive
Chan HP, Sahiner B, Hadjiiski LMComputer-aided diagnosis for screening mammography
Giger MLComputer-aided diagnosis in diagnostic mammography and multimodality breast imaging
Sickles EAThe use of computer-aided detection in mammographic interpretation : detection versus distraction
Carson PL, LeCarpentier GL, Roubidoux MA et alPhysics and technology of breast US imaging including automated three-dimensional US
Hall TJThe physics of elasticity imaging : a new option on the latest US systems
Kolb TMBreast US for screening, diagnosing, and staging breast cancer : issues and controversies
Hendrick REPhysics and technical aspects for breast MR imaging
Newstead GMClinical role of breast MR imaging
Tab. 1 : sommaire du syllabus « Advances in breast imaging : physics, technology, and clinical applications. Categorical course in diagnostic radiology physics »

Références (livre des résumés RSNA'04)


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