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IMAGERIE DU SEIN

Mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Fabienne Thibault (1), Charley Hagay (2), Bruno Boyer (3)
(1) Service de Radiologie, Institut Curie, Paris, (2) Radiodiagnostic, Centre René Huguenin, Saint Cloud, (3) Service de Radiologie, HIA Bégin, Saint Mandé


A. LES GRANDS THEMES

I – IMAGERIE INTERVENTIONNELLE
On note d'une part un élargissement de la gamme des techniques disponibles pour les biopsies percutanées, qu'elles soient guidées par la mammographie en stéréotaxie, l'échographie, ou l'IRM. D'autre part, on assiste au développement (études sur de petits nombres de patientes) de techniques de traitement percutané (cryoablation, ultrasons focalisés, radiofréquence, hyperthermie induite par laser) sur des lésions bénignes. Au stade de la recherche, études de faisabilité de destruction percutanée de tumeurs malignes (lecture B Fornage ; Singletary Cancer J 2002).

1 - Procédures interventionnelles sous IRM
Systèmes de repérage spatial
P. Causer (Communication 751) : Procédures réalisées majoritairement chez des patientes porteuses de mutation génétique BRCA ayant eu un dépistage par IRM. Série de 23 lésions incluant 11 cancers.
Système permettant un abord médial des lésions sur le sein comprimé de profil, ce qui représente un progrès technique. Possibilité de localisation de cibles multiples avec une seule injection intra-veineuse (calcul des coordonnées spatiales assisté par ordinateur). Séquences utilisées : 2D SPGR avec saturation de la graisse. Vérification de la localisation des aiguilles dans le plan sagittal et axial. Taille maximale des lésions repérées : 3 à 35 mm (moyenne, 9 mm). Erreurs de localisation maximum dans le plan sagittal (axe cranio-caudal) et en profondeur (axe antéro-postérieur) : de 11 et 16 mm respectivement. Durée totale de la procédure inférieure à 1h. Temps écoulé entre la visualisation de la cible et la vérification de la position de l'aiguille : inférieur à 4 min. Les décalages de la position de la cible en profondeur étaient fréquents, en particulier pour les lésions de taille inférieure à 7 mm, souvent masquées par les artéfacts de l'aiguille. Ce déplacement était supérieur à 4 mm pour 6 lésions sur 14 évaluées.

Systèmes de biopsie assisté par le vide
A 12 Gauges et 9 Gauges, testé par l'équipe de Orel (Communication 752), à l'aide du système Atec, Suros Surgical SystemsÒ (Indianapolis), dispositif « hand-held » disponible aux USA, comportant aiguille et pistolet jetables. Série de 62 lésions biopsiées par ces auteurs, de 4 à 50 mm de diamètre incluant 30% de cancer, et mise en place de clips. Forte proportion dans cette série de patientes porteuses d'une mutation BRCA 1.

Autre système de biopsie assistée par le vide utilisable en IRM :
C'est le système Vacu FlashÒ (pistolet Vacora, de Bard, avec aiguilles jetables, dispositif coaxial) disponible en Europe.

Remarques concernant les procédures de repérage ou biopsie guidée par IRM
Les aimants fermés nécessitent l'utilisation d'une grille de compression et de repérage spatial des lésions. Daniel BL et coll. Disposent d'un aimant ouvert et utilisent la technique de repérage à main levée.
Une séquence de repérage avant injection de produit de contraste ne semble pas nécessaire pour certains si on utilise des séquences avec suppression de graisse.
Valeur ajoutée des systèmes de biopsie assistée par le vide, en particulier pour les lésions de petite taille. Possibilité de laisser des clips en place.
Il est important de s'évaluer en terme de VPP, et de vérifier la disparition des prises de contraste pathologiques après biopsie.

Nouveau système de biopsie à visée diagnostique*
Système de biopsie « en-bloc », Neothermia Corporation.
Communication à propos d'une série de 373 patientes. Comparaison des résultats aux résultats obtenus chez 373 patientes ayant une biopsie par MammotomeÒ classique sur des lésions allant de Birad 3 à 5, prélevées sous guidage stéréotaxique.
Ce type de biopsie « en-bloc » a l'avantage de rapporter un fragment unique de grande taille pour l'analyse histologique. Le taux de sous-estimation (lésions invasives versus in situ) en est diminué.
Ce système se déploie autour de la cible comme un petit parapluie métallique, puis se referme sur la cible. L'exérèse se fait par radiofréquence. Les berges du prélèvement de même que les berges dans le sein sont par conséquent brûlées.

2 - Traitements guidés par l'image : Revue par Bruno Fornage, Houston.
Traitement par radiofréquence, échoguidé, à l'aide d'une aiguille de 15 G qui doit être parfaitement placée au centre de la lésion de façon à obtenir une marge de parenchyme traité autour de la lésion d'environ 1 cm. La cible est chauffée à 95°C pendant 15 minutes.
Lorsque la température augmente, il y a une perte de visibilité de la tumeur en échographie. Cette procédure nécessite une anesthésie locale d'excellente qualité car elle est douloureuse.
Problème, en cas de lésion maligne, du traitement de l'extension tumorale microscopique, soit non vue en échographie, soit non traitée. Contre-indication a priori du cancer lobulaire infiltrant et des lésions ayant plus de 25% de composante canalaire in situ sur la pièce de biopsie percutanée.
Quelles indications possibles ? Des patientes qui ne seraient pas candidates à la chirurgie, éventuellement des patientes âgées ou des cas de récidive locale. Toutes ces indications sont à prendre avec d'extrêmes précautions.

Hyperthermie induite par le laser
Récente série publiée par Dowlatshahi K, Am J Surg 2002. Procédures guidées par stéréotaxie.

Cryoablation échoguidée
Avantage : celle-ci est peu ou pas douloureuse. Création d'une boule de glace sur le site de la lésion. Expérience personnelle de B. Fornage (Communication aux JFR 2003). Singletary SE Cancer J. 2002 Mar-Apr; 8(2): 177-80

Traitement par ultrasons focalisés de haute intensité sous IRM
Auteurs Gianfelice DC et coll., publication dans Radiology 2003, vol 227, p 849-855


II – MAMMOGRAPHIE NUMERIQUE

1 - Données cliniques
Information disponible provenant de l'étude ACRIN DMIST sur le plan technique
537 Page 435, R.E. Hendrick
Inclusion d'environ 49500 femmes d'octobre 2001 à décembre 2003, sur 31 sites de dépistage. Information actuellement disponible sur un sous-groupe de 3500 patientes environ.
Des tests techniques des appareillages ont été effectués sur des mammographes Fisher, G.E., Lorad (Hologic), Fuji (écrans radio-luminescents à mémoire). Réalisation de mammographies en technique analogique et numérique chez les même patientes.
Résultats :
- Pas de différence notable en termes de force de compression exercée, d'épaisseur de sein comprimé lorsque chaque technologie numérique était comparée à un couple/film écran classique. L'épaisseur moyenne des seins comprimés était de 5,3 cm en conventionnel pour
5,2 cm en numérique.
- Les confrontations numérique vs. Conventionnel en terme de dose moyenne à la glande en mGy, étaient, si l'on considère la globalité des résultats, de 24% moindre en numérique qu'en analogique.
- Les résultats par constructeur figurent dans le tableau suivant :

Constructeurs : Dose glandulaire moyenne
(diminution de la dose par rapport à un couple écran-film)
Pourcentage de cas ou des clichés complémentaires sont nécessaires en plus des 4 clichés standard pour explorer la totalité du sein
(par rapport au couple écran-film)
Champ d'exploration
FISCHER - 32 % + 4 % 21 x 29 cm
G.E. - 28 % + 15 % 19 x 23 cm
LORAD Dose proche + 1 % 24 x 29 cm
FUJI - 2 % + 1 % 24 x 30 cm

Dose glandulaire moyenne par cliché, technique conventionnelle : 2,9 mGy, pour 2,4 mGy en technique numérique.
Le nombre de clichés complémentaires est en moyenne de 13.4 % pour l'analogique et 18.4 % pour le numérique, concernant de 0 % à 15 % des cas (G.E à cause de la taille du détecteur).

Résultats de l'étude Oslo I, publication dans Radiology en Décembre 2003
538 Page 435, P. SKAANE
Comparaison de la mammo numérique GE (lecture sur écran) et analogique dans le programme de dépistage d'Oslo (I) avec suivi à 2 ans ½ et résultats finaux.
Les résultats incluent les cancers d'intervalle et les cancers détectés à la 2ème vague. Population limitée de 3683 femmes :
- 32 Cancers détectés sur 2 tours en analogique (28/30)
- 28 Cancers détectés sur 2 tours en numérique (22/25)
Pas de différence significative.

En étudiant côte à côte l'aspect des cancers en mammographie analogique et numérique, 6 cancers apparaissaient un peu mieux circonscrits en analogique et 6 cancers mieux visibles en numérique. 19 cancers étaient de visibilité équivalente avec les deux techniques.

539 Page 435, P. SKAANE
Comparaison de la mammo numérique (G.E.) et analogique dans la détection et classification BI-RADS de lésions chez les mêmes femmes que précédemment. N = 232 cas. 6 lecteurs.
- L'aire sous la courbe (ROC) Az est en moyenne de 0.916 pour le numérique et de 0.887 pour l'analogique (46 Cancers, 88 bénins et 98 normaux). La différence n'est pas significative.
- Pour le diagnostic de Cancer : en utilisant les catégories BI-RADS 3 (ceci semble discutable) à 5 comme vrais positifs, il y avait en moyenne + 3 Cancers diagnostiqués en numérique chez les 6 lecteurs. Différence non significative

2 - Appareils
Chez les différents constructeurs, des mammographies numériques étaient disponibles sur écran (exposition technique)
- G.E. Avec le sénographe 2000 D, Full Field Digital Mammography (FFDM), convertisseur indirect aSi, pixel à 100 µ, champ d'investigation de 19 x 23 cm.
Une évolution actuellement disponible : la tomosynthèse. Cette technique permet de visualiser le sein en coupes de faible épaisseur grâce à une série d'acquisitions obtenues avec plusieurs angles d'inclinaison du tube.
La dose délivrée pour la réalisation d'une tomosynthèse pour un sein est légèrement inférieure à la dose délivrée pour la réalisation d'une mammographie avec deux incidences pour un sein. Images vues sur les stands de très bonne qualité.

Autres systèmes de mammographie numérique disponibles :
- FFDM, systèmes à balayage : Fischer Imaging (barrette de CCD ; série d'améliorations techniques récentes améliorant les performances : augmentation du signal/diminution du bruit, présenté en séance de physique ; pixel : 54 et 27 microns) ; et Sectra (Silicone cristallin, système fonctionnant en compteur de photons ; gain en irradiation ; pixel : 50 microns).

- Lorad-Hologic (détecteur plan, convertisseur direct à base de Sélénium amorphe aSe, pixel de 70 microns ; détecteur Hologic également pour Agfa DR, Digital Radiography, et Siemens).
La tomosynthèse est également disponible chez Lorad-Hologic. Inclinaisons automatiques successives du tube de 15 ° pendant l'acquisition

- ERLM (CR, Computed Radiography) : Fuji, pixel de 50 microns, Agfa CR, et Konica, pixel : 87.5 microns).

Les stations de visualisation comportent actuellement deux moniteurs de 5 millions de pixels, moniteurs à tube cathodique ou écrans plats.


III – IRM: SPECTROSCOPIE. IRM à HAUT CHAMP (3 teslas et au delà)
Une communication intéressante concerne l'intérêt de la spectroscopie IRM dans la prédiction de la réponse à la chimiothérapie des cancers du sein. Etude de S. Meisamy et Coll, Minneapolis (750, Page 492 livre des résumés). Intérêt de l'adjonction de la spectroscopie IRM à 4 tesla à l'IRM (14 patientes). Examens réalisés avant chimiothérapie, puis 24 h après le début de la chimiothérapie : IRM dynamique et spectroscopie single voxel.

La baisse du pic de la choline 24 heures après le début de la chimiothérapie est prédictive de la réponse tumorale, alors qu'en quantification du volume tumoral, il y a un délais de 6 semaines pour voir une réponse.
Question à l'orateur : raison du choix d'une mesure du taux de choline 24 h après le début du traitement ? Ce délai correspondrait au délai de l'apoptose induite par la chimiothérapie.

Notes à propos de la spectroscopie IRM dans le sein :
Ceci est actuellement réalisable à 1,5 Teslas et 3 Teslas.
Les cancers du sein ont donc un taux de choline élevé par rapport au tissu normal qui n'en a pas.
Actuellement cette spectroscopie est réalisée sur single voxel. Les évolutions technologiques prochaines seront la spectroscopie multi-voxel avec des analyses spectrales automatiques permettant d'établir des cartographies de la répartition de la choline dans l'ensemble du sein.
La sensibilité et la spécificité sont élevées de plus de 90 % chez les patientes jeunes, à risque.

Articles de référence par KATZ-BRULL JNCI 2002, et autres auteurs (voir BIBLIOGRAPHIE).

IRM à 3 Teslas : Session spéciale.
Les orateurs ont souligné l'intérêt en Imagerie neurologique et abdomino-pelvienne.

L'avantage du haut champ est la multiplication par deux du rapport signal sur bruit (à 3 Teslas) ce qui permet d'augmenter la résolution spatiale des images et la caractérisation des petites tumeurs.
A 3 Teslas, le chemical shift est augmenté. De même, la susceptibilité magnétique, avec davantage d'artéfacts mais ceci peut être contrebalancé par les techniques d'acquisition parallèle et la performance des gradients.

Meilleure séparation des pics de l'eau et de la graisse. Efficacité augmentée des agents de contraste sur les séquences pondérées T1.
Se souvenir également que l'énergie de radiofréquence déposée est multipliée par 4.


IV – DEPISTAGE DU CANCER DU SEIN
Aux Etats-Unis le dépistage se heurte à des problèmes de prise en charge financière importants :
- Prise en charge de la mammographie de dépistage faible, si bien que toute la frange de population à faibles revenus est très peu atteinte par le dépistage,
- Critères de qualité élevés, en particulier du niveau de formation des radiologues, alors que les jeunes radiologues sont de moins en moins enclins à se diriger vers l'imagerie du sein compte tenu des pressions médico-légales,
- Difficultés d'organisation des relectures par des radiologues spécialisés.

Toutes les métanalyses récentes concluent à un gain important en mortalité des femmes ayant bénéficié du dépistage mammographique, de l'ordre de 25 %, gain qui apparaît plus tardivement chez les femmes dépistées avant l'âge de 50 ans et peut constituer un biais dans l'évaluation de ce gain.

D'autres sources de biais dans des études qui comparaient un groupe de femmes avec offre de dépistage à un groupe contrôle étaient que dans le groupe 1 seulement 60 à 80 % des patientes avaient un dépistage réellement fait, tandis que dans le groupe contrôle n'ayant théoriquement pas de dépistage, 10 à 15 % des femmes en avaient un également.

La conclusion de Stephan FEIG est la recommandation d'un dépistage de 40 à 74 ans.


V - CAD (Computer-Aided Detection) :

Commentaire
Le CAD est intéressant à utiliser comme une aide, un outil supplémentaire, non comme seul moyen diagnostique en remplacement des radiologues.
Tirer profit du CAD nécessite des radiologues bien formés, capables d'appréhender le problème des faux positifs.
Il persiste une limite dans l'interprétation des cancers d'aspect radiologique difficile, n'ayant que peu de signes en mammographie, qui risquent de passer comme des faux positifs aux yeux des radiologues (y compris experts), alors que ce sont de vrais positifs de lésions ayant une présentation trompeuse.

Résumés par communications
502 Page 424 :
Sensibilité du CAD dans la détection des anomalies birads 4 et 5.
A partir de films numérisés, 96 lésions jugées suspectes à vérifier par spécialiste de mammo.
Le CAD rate 5/31 (16 %) cancers et marque à tort 35/65 (54 %) lésions bénignes.
Mise en garde des auteurs : mais on ne sait pas quel CAD ?.

503 MC Mahoney * (share holder)
CAD X system :
- 2.5 Fx +/cas
- 0.5 Fx+/film
Les faux positifs des CAD en mammographie de dépistage ne devraient pas augmenter sensiblement les taux de rappel car la majorité de ces faux positifs sont “innocentés” par les lecteurs spécialisés.

1493 WW Logan-Young, p. 689. Système R2
Etude des performances en dépistage obtenue par deux radiologues versus 1 radiologue aidé par le CAD. Etude prospective sur 19586 mammographies : détection de 90 cancers et 51 cancers d'intervalle :
- 26 cas radiologiquement occultes,
- 25 cas avec image mammographique,
- marquées comme positives 13/25 par le CAD.
- 6/13 cas avaient été vus par le radiologue mais considérés comme non suspects et 7/13 cas n'avaient pas été détectés par les radiologues.

1500 GW Hoffmeister, Suède, p. 691. Système CADx.
Evaluation de l'impact des faux positifs du CAD. Etude rétrospective de 228 mammographies de cancers dépistés en 1998-2001 au Karolinska Hospital à Stockholm.
Dans ce programme, 75% de compliance des femmes à l'invitation. Environ 15000 femmes participantes par année au programme. Taux de rappel de 3%, et taux de cancer de l'intervalle de 15% des cancers dépistés.
Les faux positifs étaient définis comme toutes les marques situées dans une autre région que celle du cancer. Sur ces 228 mammographies, 2 radiologues expérimentés ont revus ces marques.
Sensibilité du CAD de 100% pour les carcinomes in situ et de 84% pour les cancers invasifs ≤ à 20 mm, soit une sensibilité globale de 86% pour les petits cancers. Les tailles histologiques allaient de 4 à 20 mm, 52% des lésions £ 1 cm. Le taux de faux positifs était de 2,4 par cas (4 incidences mammographiques) ou de 0,6 par image.
14% des faux positifs étaient des microcalcifications et 86% des masses.
38% des faux positifs indiquaient une lésion bénigne (fibroadénome, kyste, adénose sclérosante) et 62% des marques n'indiquaient aucune lésion (à ce niveau, images construites avec superposition glandulaire ou zone de plus grande densité parenchymateuse).
Les auteurs concluent que la majorité des faux positifs (62%) n'était donc située en regard d'aucune lésion et pouvait être facilement écartée par un radiologue entraîné.

1501 Page 691, JA Baker
Reproductibilité des résultats du CAD en mammographie de dépistage
Etude de 50 cas de cancers du sein détectés par le CAD, numérisés, puis analysés par le CAD (Image Checker, R2) et lus séparément 10 fois par le CAD. Les auteurs ont testé la reproductibilité de la conclusion du CAD concernant les masses par opposition aux calcifications, les vrais positifs par rapport aux faux positifs, et la sensibilité du CAD pour de multiples passages d'un cas individuel versus de multiples passages de cas appartenant à une cohorte de patientes.
La sensibilité du CAD pour des cas appartenant à toute une population était relativement reproductible, par opposition à une variabilité notable de l'analyse du CAD pour des cas mammographiques individuels. Enfin, une plus grande variabilité du CAD était notée pour les marqueurs faux positifs par rapport aux marqueurs vrais positifs.
Pas de différence significative dans la variabilité de détection en cas individuel des microcalcifications par rapport aux masses. La sensibilité de détection sur la population globale allait de 80 à 86 % selon les passages.
Discussion : cette variabilité de détection est peut être en partie expliquée par la méthode qui consistait à numériser des films analogiques, sachant qu'une insertion un peu différente du film dans la machine pour chaque tour de numérisation pourrait être à l'origine de ces résultats différents.


B. REFLEXIONS

I – INDICATIONS de SENOLOGIE INTERVENTIONNELLE

1 - Les biopsies stéréotaxiques diagnostiques :
Les indications de ces biopsies guidées sont relativement bien connues.
Plusieurs communications ont abordé les biopsies stéréotaxiques de lésions papillaires et de la nécessité d'effectuer une chirurgie complémentaire dans tous les cas de lésions papillaires diagnostiquées sur des biopsies de gros calibre (14G ou système par aspiration).
Il semble que les papillomes diagnostiqués sur ces biopsies puissent être surveillés à la condition qu'il n'y ait pas d'atypie cellulaire sur les prélèvements effectués.
En ce qui concerne les néoplasies lobulaires (carcinome lobulaire in situ ou hyperplasie lobulaire atypique), plusieurs travaux tendent à montrer que ces lésions doivent faire l'objet d'une chirurgie complémentaire. En effet, les lésions malignes découvertes après chirurgie complémentaire montrent qu'il existe un sous-diagnostic de 11 % dans les hyperplasies lobulaires atypiques et de 19 % dans les carcinomes lobulaires in situ. Pas de différence significative des sous-diagnostics dans les hyperplasies canalaires atypiques et dans les néoplasies lobulaires.

2 - Thérapeutiques :
La tendance à explorer les voies thérapeutiques de la radiologie interventionnelle se confirme mais reste néanmoins à l'état de « work in progress ». La tendance actuelle est à strictement limiter ces exérèses à des lésions bénignes confirmées après biopsie diagnostique quelques soit le mode de guidage (même si le but ultime est d'aborder les lésions malignes).
Les différents types « d'ablation » peuvent être effectués soit par thermocoagulation (radiofréquence), soit par cryothérapie, soit par thermocoagulation au laser.
Potentiellement (travaux de recherche), la destruction de lésions malignes pourrait se discuter dans un nombre de cas limité (femmes refusant une intervention, patientes âgées, contre indication à une chirurgie). Ces techniques ne sont pas éthiquement défendables actuellement étant donné l'importance de la notion de berges saines difficiles à contrôler dans ce type de technique. La technique par biopsie exérèse «en bloc » reste une technique diagnostique.
En rapport avec cette radiologie interventionnelle, la mise en place de clips est également étudiée, posant un certains nombres de problèmes en particuliers de déplacement qui peuvent représenter un pourcentage non négligeable, jusqu'à 30 %. (27 % de déploiement de clips « inadéquats » aucune différence statistique n'a été retrouvée dans les différentes offres commerciales (3 types de clips différents testés, (communications poster N°291 page 214).

II – LE MODE DE BIOPSIE GUIDEE
Une tendance perceptible dans les séances scientifiques comme dans les posters est la généralisation des biopsies guidées que ce soit sous échographie ou en stéréotaxie.
Mise sur le marché de nouveaux systèmes de biopsie ou de repérage compatibles avec le guidage par IRM.
Plusieurs modalités différentes viennent concurrencer le Mammotome: biopsie « en bloc », par dissection RF. Un système est à la fois compatible en HH et sur système de stéréotaxie ou sous IRM (société SUROS Surgical system) mais non disponible actuellement en Europe. En Europe, système Vacu Flash de Bard

III – MAMMOGRAPHIE NUMERISEE
Il n'y a pas eu de véritable révolution. Généralisation de la mammographie numérisée chez plusieurs constructeurs (Agfa avec le détecteur Hologic, Siemens également avec le détecteur Hologic, et par ERLM : Fuji, Siemens, Agfa).
La technologie Slot-scanning présentée par Fischer est rejointe par la technologie Slit- scanning de Sectra qui représenterait une dose de l'ordre du 5e d'une mammographie conventionnelle. La technologie utilisée est celle de chambre à fil de Charpak.
La tomosynthèse, développée par plusieurs constructeurs, permet de visualiser les images du sein en « coupes » qui peuvent représenter une fraction de millimètre tous les millimètres, ces données étant tout d'abord obtenues à partir d'une série de clichés avec angulation de 15° à 30° environ, la série pouvant être de 6 clichés pour Hologic, 11 clichés pour General Electric. Quelques cas sont présentés montrant la très bonne visualisation des lésions dans cette technique qui permet de se dégager complètement des superpositions mammaires. Certains, comme Koppans, promoteur de la tomosynthèse chez GE, prône l'utilisation de cette technique en dépistage à la place de la mammographie en MLO et en cranio-caudal. L'irradiation représenterait un peu moins de 2 clichés de mammographie et l'examen serait fait sous une seule incidence.

IV - IRM
En ce qui concerne les examens de diagnostic, beaucoup de sessions montrent que l'IRM est probablement en passe de devenir, tout au moins aux Etats-Unis, un outil de diagnostic complémentaire. Certains en font même un outil de diagnostic complémentaire possible dans les microcalcifications (session scientifique).
Dans le diagnostic d'extension avant chirurgie, l'IRM est encore en position de force, concurrencée dans un certain nombre de communications par l'échographie, cependant moins reproductible que l'IRM. Le besoin d'une preuve histologique tend à freiner l'expansion de l'IRM. Les travaux sont assez nombreux à montrer l'intérêt des biopsies guidées par IRM. Ceci est en relation avec la nécessité d'obtenir des marges saines dans le but de diminuer le nombre de récidives locales.
L'IRM voit également une application confirmée dans le contrôle post-opératoire d'une tumeur maligne afin de rechercher la persistance d'éventuelles lésions, multifocales voir multicentriques dans le même sein. Un travail montre que les examens effectués dans un délai de 14 jours après cette chirurgie ne diminuent pas les performances de l'IRM comme cela pouvait être supposé en post-opératoire.

V – NOUVELLES TECHNOLOGIES DIAGNOSTIQUES
· On retrouve la détection des lésions mammaires par impédance électrique existant déjà sous une forme commerciale (Trans Scan de Siemens). Cet outil permet d'effectuer dans des zones qui ont été choisies et déterminées sur les données mammographiques ou échograhiques des relevés d'impédance électrique qui permettent de classer les lésions en vraisemblablement maligne ou bénigne.
La sensibilité de cette technique est relativement élevée, de l'ordre de 90 %, équivalente dans les microcalcifications (voire supérieure) et dans les masses. Ce système pourrait représenter un outil de tri avant dépistage, mais la nécessité d'orienter cet examen d'impédance électrique sur les données mammographiques ou échographique implique qu'il faille déjà faire un bilan de diagnostic ou de dépistage. Pour être utile, il faudrait que l'exploration soit complète sur les deux seins. (risque de perte de spécificité dans ce cas).
Cette technique pourrait être utilisée pour déterminer dans les ACR 3 et 4 faibles, les patientes qui devraient bénéficier d'une biopsie guidée à visée diagnostique.

· A l'état de recherche, la technique de rayon X en contraste de phase (292 page 214) a été exposée dans un poster qui montre une nette amélioration de l'analyse des pièces opératoires dans les zones denses (en particulier dans les zones de tissu tumoral qui sont homogènes et opaques sur les radios de pièces standard numérisées, alors que des structures complexes deviennent visibles sur l'imagerie en contraste de phase, se rapprochant un peu de la structure anatomopathologique), et une amélioration de la visibilité des petites microcalcifications allant jusqu'à 0,036 mm.

· Imagerie moléculaire : une session spéciale
Base : visualiser des activités enzymatiques, expressions géniques, messagers secondaires. Deux références dans Bibliographie.

VI– LES PACS
Augmentation du nombre de proposition de PACS, de nombreuses sociétés proposant leurs services dans les minis PACS et dans les stations de travail adaptées à des cabinets de radiologie de taille moyenne.
En ce qui concerne la sénologie, différents constructeurs d'appareil de mammographie numérisées proposent des PACS ; l'archivage total des données et la communication des données reste encore un produit relativement sur « mesure » et « artisanal ».


MATERIELS

- Mammographie numérique : Cf section correspondante

- Interventionnel sous IRM : Systèmes de biopsie avec aspiration (Atec, Suros ; Bard, Vacora)
Clip de repérage intra mammaire après biopsie : Artemis Medical Inc (coussinet de collagène)

- CAD en IRM. Logiciel d'aide à la lecture des IRM: CADstreamTM (ConfirmaTM)
Ce logiciel permet de naviguer dans l'ensemble des données 3D de manière rapide, de réaliser des cartographies de rehaussement, une imagerie paramétrique par rapport au profil de rehaussement (individualisation des pixels à rehaussement plus rapide ou plus lent), calcul de volume tumoral et mensurations dans un plan. Système de recalage spatial permettant de pallier les artéfacts liés aux mouvements respiratoires. Formatage du compte rendu avec images clés rapides.

- Echographie par balayage en compression similaire à celle réalisée pour une mammographie : U-Systemsâ Full Field Breast Ultrasound
Echographie mammaire sur un appareil que le constructeur appelle un « Somographe ». Le sein est automatiquement balayé à l'aide d'une barrette de 768 éléments pour une exploration en grand champ. Moins d'1 minute de balayage par sein pour l'obtention de 400 à 800 images immédiatement converties en coupes tomographiques en incidences cranio-caudales et médio-latérales obliques (repères spatiaux identiques à ceux des vues mammographiques).
Six coupes de 0,5 à 1 cm d'épaisseur (« Somograms ») peuvent être visualisées conjointement à la mammographie. Il est possible de corréler des zones d'intérêt en mammographie et en échographie. Visualisation également des coupes échographiques natives obtenues dans l'axe de compression du sein (images échographiques « conventionnelles »).


C. RESUMES DES SESSIONS SCIENTIFIQUES ET POSTERS PAR THEMES

I - MAMMOGRAPHIE NUMERIQUE

Lecture du samedi, page 35 : Andrew D. Maidment.
- Dose : de 10 à 50 % plus faible qu'en analogique.

510 Page 426 : Guy BESSON
Nouveau détecteur du Slotscan (Sénoscan-Fischer)
- Réduction de dose jusqu'à 60 %.
- Augmentation DQE
- Résolution limite 18.5 cycles/mm avec DQE de > 10 % à 16 cycles /mm.
La diminution de l'épaisseur du détecteur de iodiure de cesium. La DQE à 10 cycles/mm augmente de 30 %.
Amélioration du CNR (rapport Contraste / bruit) de 7 à 15 % suivant épaisseur.(Passage de 12 bits à 16 bits).
La dose peut diminuer de 30 % par rapport au détecteur actuel sans perte de qualité.

513 : Page 427: R.E. ROSS
« Xray capillary optic array design and assessment for Mammography »
La DQE peut être nettement améliorée (de l'ordre de 50% à 4 pl/mm, et >50% pour des fréquences spatiales plus élevées) par “Xray capillary optic array design » : système de conduction de la lumière du scintillateur vers le détecteur dans un système à conversion indirecte, en particulier à balayage type slot-scanning.

Séance du lundi, page 423 : E.A. RAFFERTY et équipe de D.B. Kopans, GE
Tomosynthèse
- Rationnel : Améliore la visibilité des masses et des distorsions, mais semble diminuer la perception des microcalcifications
- Eude présente en MLO : acquisition de tomosynthèse en double énergie.
1. De 25 à 31 KVP (Dose < 2 clichés conventionnels)
2. À +2 KVp
- à +2 KVp, les micros sont mieux vues : distribution mieux appréciée par rapport aux clichés conventionnels :
o Tomo > 16/25 cas
o Tomo = 6/25 cas
o Tomo < 3/25 cas
La Tomosynthèse peut améliorer la perception et l'analyse de la distribution des microcalcifications. La visualisation en volume des images acquises à haute énergie était préférée par les radiologues.

500 Page 424 : H. CHAN
Comparaison de la densité des seins en SFM (Screen-Film Mammography)et en DM (Digital Mammography)
La numérisation diminue la densité glandulaire (meilleur rayonnement X plus « dur » et KVp). Elle peut améliorer la sensibilité de détection des lésions dans les seins denses, mais pose le difficile problème de la comparaison avec les mammos analogiques.

501 M.F. ICE
Comparaison des durées d'acquisition des mammographies de dépistage.
En numérique (n = 503) / en analogique (n = 1 885).
(Dans un environnement de lecture sur film).
L'acquisition est plus rapide en numérique de 2.76 minutes (19.96 minutes/ 22.2 minutes).

540 Page 436: W.K. MATZEK
Comparaison de la mammographie numérique directe plein champ, Senograph 2000 G.E et de la mammographie numérique ERLM (phosphore), Siemens FUJI.
La qualité des images jugées sur plusieurs paramètres par plusieurs lecteurs est meilleure en numérisation directe (G.E.) mais dans la classification Birads des lésions, les performances sont identiques.

541 Page 436 : J. ALONSO
Comparaison mammo analogique et numérique en,
1. « qualité globale »
2. « détection des calcifications »
3. Artéfacts
La numérisation est nettement supérieure en qualité globale et artéfacts, et supérieure dans la détection des microcalcifications.

542 Page 436 : N. WEDEKIND
Compare les temps de lecture sur films et sur console de mammo numérique
L'auteur conclut à l'amélioration des performances des radiologues (en terme de vitesse) dans la lecture de mammographies de dépistage après une période d'entraînement (de lecture de 1000 mammographies sur console). Au début, score plus bas pour les microcalcifications.

543 T. ROELEF (Nijmegen)
Même sujet que 542.
Pas de différence significative en terme de sensibilité et spécificité avec cependant une différence dans les scores concernant les microcalcifications un peu moins bien vues en numérique.

544 J.P. QUAM.
Compare SFM et Mammo numérisée ERLM (Fuji) dans la visibilité (conspicuity) et la caractérisation des anomalies (échelle de Likert 0 à11).
Pas de différence de « conspicuity » dans les seins normaux, mais différence dans les seins denses (37 %) MN>SFM.

545 Page 436 : T.K. NISHIMO (Mammo num GE).
Les auteurs étudient le rapport contraste / bruit d'une lésion simulée (5 mm) sur fantôme et montrent que le contraste entre la lésion et le « tissu » augmente avec l'épaisseur du filtre (augmentation de 5 à 10 % suivant épaisseur du filtre de Mo).

272 BR-poster. Page 210 : T GEERTSE à Nijmegen
Comparaison de la qualité image des différents types d'appareils de mammographie numérique.
Les systèmes testés étaient le GE 2002, le Kodak CR 900, le Lorad Sélénia et le Fuji 5000 MA, Siemens Mammomat 3000. Sénoscan Fischer exclu car non distribué en Hollande. Etude faite avec le fantôme CD Mamm 3.4.
Le résultat de l'étude montre une supériorité de l'appareil Lorad-Hologic pour les épaisseurs de PMMA de 3 cm et 5 cm avec des doses de 1,1 milligrays et 1,8 milligrays (medium glandular dose). Par contre, sur les épaisseurs de 7 cm de PMMA, supériorité du Sénographe 2000D de G.E.

N°273 BR-poster. J BORREGO (Madrid)
“Full field digital Mammography: New sign discovered”
Radiographies des pièces opératoires de lésions mammaires stellaires : comparaison analogique versus digital.
L'auteur décrit une rétraction de la graisse entre les spicules et d'autre part une limite lésionnelle (ligne joignant la pointe des spicules) qui correspondrait à la taille totale de la lésion, non retrouvée en anatomopathologie. En fait, il s'agit du halo clair ou « halo sign » de nombreuses fois décrit en mammographie. On regrette qu'il n'y ait pas de corrélation anapath sur cette limite visible en radiologie non retrouvée en anapath. Cet élément serait utile dans la confirmation de l'exérèse complète.

301 BR-poster. CAD. Equipe de Chicago par M. Hélène GIGER
Présentation d'une station de diagnostic intelligente (élaborée depuis plusieurs années) combinant aide sur images mammographiques et échographiques.
Etude réalisée par 10 radiologistes, 5 experts et 5 radiologues en formation sur une série de 97 cas incluant 39 cancers, 39 lésions bénignes solides et 19 lésions kystiques. Les courbes ROC faites sans et avec utilisation du CAD montrent une amélioration des performances du radiologue lorsqu'il est aidé du CAD, l'aire sur la courbe passant de 0,88 à 0,93 en utilisant le CAD.
Le poster illustre l'aide apportée par la station où l'image du cas étudié est disposée en regard d'images de la même famille sémiologique appartenant à la base de données de la station. La station fournit un pourcentage de probabilités de malignité pour chaque lésion.

Références :
Giger M.L, Proc Computer Assisted Radiology and Surgery (congrès CARS'2000) p 822-827 Giger M.L, Proc SPIE Medical Imaging 2002, 4684 : 768-773.


II - IRM

Page. 289
B.N.Joe:
L'auteur a étudié les caractéristiques des prises de contraste (pente initiale de la courbe de rehaussement, délai jusqu'au rehaussement maximum, degré de rehaussement par rapport à l'intensité de signal de base) à deux vitesses d'injection intra-veineuse du produit de contraste: 0.5 cc/sec et 2 cc/sec. Il y a une plus forte concentration de Gadolinium dans un délai plus rapide dans les vaisseaux à haut débit. Dans les cancers mammaires (n = 27) : à haut débit, le rehaussement initial est plus rapide, mais pas nécessairement plus intense.

Intérêt de tenir compte du débit d'injection pour l'interprétation.

H.Gabriel
Sur 42 lésions (21 bénignes et 21 malignes). Les auteurs montrent que dans 12 cas (29 %), les profils de courbes classiques (différenciation bénin/malin) ne sont pas concordants avec l'histologie. De plus, en ROI manuelles, il y a 5 à 43 % de discordance (kappa) dans la classification des types de courbes selon les radiologues opérateurs.

C.Delfrate.
IRM dans les microcalcifications. Etude multicentrique de 136 lésions. Les auteurs concluent à l'amélioration de l'efficacité diagnostique des microcalcifications passant de 67% (mammo) à 79% et de la spécificité passant de 18% (mammo) à 67% (mammo + IRM)

S.R.Kukami
Etude comparant l'extension des Carcinomes lobulaires infiltrants en IRM et en Pathologie. IRM supérieure à l'imagerie conventionnelle, mais sous-estime certaines extensions à distance et certaines composantes intracanalaires associées.

Même sujet, page 291
S.D.Diekmann
L'IRM est très utile dans le bilan d'extension des cancers lobulaires infiltrants comparé à la C.R (mammographie numérique par ERLM). (P< 0.0078).

Page 290
G.M.Newstead
L'IRM est utile en post-opératoire avec marges positives ou douteuses avec une sensibilité de 95 %, spécificité de 90 %, PPV de 90.9%, PPN = 95 % pour le diagnostic de tumeur résiduelle.

C.C.Riedl.
Les auteurs (autrichiens) concluent à la supérioté de l'IRM dans le screening des femmes mutées BRCA1 par rapport à Mammo/Echo. N = 70, 8 biopsies, 5 cancers (62.5%) 3 bénins (37.2 % de Faux + )

F.Sardanelli
Montre l'intérêt de l'IRM dans le screening des femmes à risque : 1) Antécédents Familiaux lourds et/ou 2) Antécédents personnels de cancer et 3) BRCA 1 ou 2 mutées. L'incidence de cancer est de 11.7 % dans le groupe antécédents personnels, et 19.6 % dans les antécédents familiaux lourds (3K ou plus).

C.K.Kuhl
Comparaison de la mammographie, échographie et IRM dans le screening des cancers des femmes mutées ou suspectes de mutations génétiques (sur 5 ans). Sur les 51 cancers diagnostiqués (Se = 40%)
- 19 sont Birads 4-5 et 2 Birads 2-3
- 24 ont des signes écho : 18 sont suspects, 6 sont ronds (Se = 47 %)
- 49/51 sont vus en IRM (Se = 96 %).
- 2 cancers étaient occultes quelle que soit l'imagerie (1 invasif , 1 DCIS)

308 BR-poster. IRM ductale, Y Kanemaki
- IRM Philips. Utilisation d'une antenne dédiée pour la région aréolaire d'un diamètre de 4,7 cm ; champ de vue de 7 cm. Séquences : 3D Turbo Spin écho T2, TR 1500, TR 120, matrice
256 x 512, épaisseur de coupes 1,6 mm, 50 coupes, temps d'acquisition 4 mn 57 et séquences
3D FFE T1, TR 43, TE 8,7, angle 50°, matrice idem, épaisseur de coupes idem, durée d'acquisition 5 mn 48 s.
- 15 patientes ayant un écoulement mamelonnaire étudiées. 9 opérées. Diagnostics histo : 2 DCIS, 3 papillom intra-ductal, 2 carcinomes canalaires invasifs, 1 papillomatose,1 ectasie canalaire.
- Les structures canalaires rétro-aréolaires apparaissent souvent hyperintenses en pondération T1 (14 x 15 patientes) et moins souvent hyperintenses en T2 (4/15 patientes). La taille moyenne des lésions intra-canalaires détectées était de 3 mm (1 à 5,6 mm). Galactographie faite 10/15 fois avec lésion visualisée 7/10 fois, toutes vues en IRM.
Dans un cas l'IRM a détecté une lésion non vue en galacto. Dans 2 cas ni l'IRM ni la galacto n'ont permis de voir la lésion. Il s'agissait dans 1 cas d'une ectasie canalaire simple et l'autre cas n'a pas été opéré.
Commentaires : Les images canalaires montrées sont de très haute résolution spatiale. Etude originale qui serait intéressante de compléter sur une plus grosse série.

307 BR-poster. Chimiothérapie néo-adjuvante. Corrélation entre IRM dynamique et 18 FDG PET, FJ Gilbert
Combinaison d'une IRM dynamique et d'un TEP-SCAN avec utilisation d'un modèle pharmaco-cinétique et détermination d'une constante de transfert (ktrans).
Résultat :
Etude faite chez 21 patientes qui tend à montrer que les modifications de la valeur de la constante de transfert reflètent des modifications de la perméabilité tumorale, et pourraient être utilisées pour mesurer la réponse (modifications de la physiologie tumorale précédant la réduction de volume sous chimiothérapie).
Référence de la pharmaco-cinétique : Tofts et coll, J Magn Res 1999, 10 : 223-232

298 BR-poster. IRM et cancer colloïde du sein, T Okafiji (Japon).
Série de 18 patientes ayant un carcinome colloïde du sein diagnostiqué et ayant une IRM mammaire dans les deux semaines précédant la chirurgie.
Identification des formes histologiques colloïdes pures, mixtes, et la présence de composante intra-canalaire extensive.
Résultat :
Lésions de 10 à 80 mm. Larges lobulations dans 14 cas, bien rondes ou ovales dans 3 cas et plutôt anguleuses dans 1 cas. Le signal tumoral : hyperintensité en T2 dans les 18 cas, rehaussement périphérique en T1 dans 14 cas, réhaussement global 3 fois et pas de réhaussement dans 1 cas. Les images présentées ont une faible résolution spatiale. Elles apparaissent relativement anciennes. A noter une prise de contraste progressive de toutes les tumeurs sur le plan dynamique.

299 BR-poster. Staging tumoral pré-opératoire des cancers du sein en IRM, J Ueki
Utilisation de la technique 3D VIBE de Siemens. La base est une imagerie en 3D écho de gradient avec imagerie rapide (espace K rempli par interpolation). Dans le cas particulier, on avait TR/TE 4,54 / 2,9 msec, FLIP angle de 12°, champ de vue de 181 x 180 mm, matrice de 256 x 208, coupes de 0,7 mm à 1,5 Teslas.
Résultat :
Etude chez 63 femmes. Risque de surestimation des « extensions tumorales intra-canalaires » considérées comme telles sur l'existence d'une prise de contraste en bande de plus d'1 mm d'épaisseur ou d'un réhaussement finement nodulaire en continuité avec la tumeur principale. Ces images pouvaient être associées à des lésions de mastopathie, d'extension tumorale lymphatique ou graisseuse. Lorsque l'IRM ne montre ni « extension intra-canalaire », ni lésion multifocale, une attitude chirurgicale conservatrice a toutes les chances d'être faite dans de bonnes conditions. Très bonne corrélation de l'étendue lésionnelle chez 37 sur 38 femmes.


III - DIVERS

Page 217
305 BR-poster. Evaluation clinique, mammographique et échographique de la réponse à la chimiothérapie néo-adjuvante. Etude de 40 patientes. F Sperber
Avant chimiothérapie néo-adjuvante : l'examen clinique n'est corrélé au résultat de l'imagerie que dans deux tiers des cas. L'évaluation est sous-estimée par l'examen clinique dans un tiers des cas.
Après chimiothérapie, en pré-opératoire : l'examen clinique et l'échographie sont mieux corrélés aux résultats pathologiques que n'est la mammographie. Cependant, cette évaluation clinique et échographique est inexacte dans un tiers des cas avec une sous-estimation de la taille tumorale. Dans ces cas, la lésion résiduelle était considérée comme une masse unique, qui en réalité correspondait à des lésions résiduelles multifocales en histologie.
D'autre part, une surestimation de la tumeur résiduelle était notée dans 15% des cas en mammographie et 7% des cas en échographie, probablement liée à des remaniements fibreux. L'échographie était la meilleure méthode d'évaluation des ganglions axillaires avant et après chimiothérapie.

Page 215
297 BR-poster. Métastases mammaires : revue de 25 ans, Martinez-Miravete
1987 à 2003 : diagnostic de 1801 cancers mammaires primitifs et de 25 lésions métastatiques au sein. Diagnostic affirmé sur l'identification d'une lésion primitive non mammaire et de la concordance histologique entre lésion primitive et secondaire. Diagnostic cytologique (n = 10), par microbiopsie (n = 12), et biopsie chirurgicale (n = 3).
Etiologies : mélanomes, cancers ovariens, sein controlatéral, carcinome pulmonaire, lymphome non hodgkinien, leucémie, sarcome du stroma endométrial, adénocarcinome colique et gastrique.
Les présentations mammographiques : lésions rondes, multiples, bilatérales (cancer ovarien, mélanome, LNH) ; lésion arrondie unique (cancer primitif mammaire controlatéral) ; masse irrégulière dans un cancer pulmonaire ; asymétrie de densité dans un adénocarcinome gastrique ; présentation inflammatoire dans une leucémie.
Présentations échographiques : masses hypoéchogènes ovalaires soit à grand axe horizontal (LNH, liposarcome) ou bien verticalisée (LNH, mélanome). Masses hyperéchogènes dans la graisse (adénocarcinome gastrique ou pulmonaire).


Revue des présentations Info-Rad. B Boyer

La plupart des présentations proposent des logiciels d'enseignement mammographique sur ordinateur. L'impression générale est que les Américains ont la forte volonté de profiter de la numérisation de la mammographie pour constituer à l'échelle nationale une gigantesque banque de données pour faciliter la lecture des mammographies et surtout pour développer des logiciels d'enseignement, d'entraînement et d'évaluation à la mammographie de dépistage.

9509 mirc-i : mise à jour de l'archivage national des mammographies numériques
Présentation du vaste projet américain de la « National library of Medicine » d'archivage systématique des mammographies numériques et ses applications : accès à cette base de données par serveurs internet avec données patients, dossier antérieur des patientes, analyse CAD des mammographies tout en respectant les règles de confidentialité. La phase II du projet montre la possibilité d'exploiter les données archivées à des fins de recherche ou d'enseignement.
Exploitation intelligente à grande échelle des possibilités de la mammographie numérique et notamment de l'intérêt d'un archivage systématique et centralisé des données.

9205 ED-i : logiciel d'entrainement et de test pour l'éducation et l'évaluation des radiologistes
Une des applications du projet exposé dans la présentation ci-dessus. Il s'agit d'un logiciel d'entraînement à la lecture des mammographies de dépistage : séries de 50 ou 100 mammographies puisées dans la collection de la « national digital mammography archive » ; les séries sont composées au choix de l'utilisateur de foyers de microcalcifications ou de masses. Après détection interactive de la lésion, l'opérateur définit son degré de suspicion.
La réponse est immédiate ou en fin de test : la performance de l'utilisateur est évaluée très précisément avec courbe ROC, niveau de sensibilité, spécificité, comparaison avec d'autres élèves. Logiciel d'entraînement intéressant qui pourrait équiper les structures de gestion de dépistage mais la version présentée nécessite une station Unix et des moniteurs haute résolution coûteux. Seule une version de démonstration avec 3 cas est présentée.

9231 ED-i : logiciel d'entraînement à la mammographie de dépistage
Logiciel très proche du précédent. L'évaluation du lecteur est moins précise, mais par contre les cas positifs sont mieux documentés avec aspect échographique et résultats des cas biopsies. Là encore, il s'agit d'un projet avec quelques cas de démonstration.

9232 ED-i : apprentissage du lexique bi-rads mammographique et échographique à l'aide d'un logiciel interactif
Logiciel très intéressant : analyse de mammographies puis d'échographies à l'aide de l'application Access de Microsoft : détermination très conviviale à l'aide de menus déroulants des caractéristiques des lésions pas à pas (type de lésion, taille, forme, contours, densité, etc) suivant le lexique BI-RADS. Puis une fois la description terminée, comparaison avec l'interprétation idéale.
Logiciel très intéressant permettant un apprentissage très didactique du lexique BI-RADS en vue d'une uniformisation de l'interprétation.

9213 ED-i : mammographies de dépistage : enseignement pratique.
Logiciel assez proche du précédent et basé sur le même principe de rédaction d'un compte-rendu suivant le lexique BI-RADS, mais seul le compte-rendu mammographique est envisagé et il faut au préalable identifier le siège de la lésion. Là aussi, confrontation à l'interprétation idéale. Avantage par rapport au précédent : on peut varier le contraste et agrandir les zones d'intérêt. Par contre, la rédaction du compte-rendu est plus laborieuse.
A signaler qu'un site internet permet de visualiser une version de démonstration du logiciel et propose l'achat de CD-Rom dont le prix varie en fonction du nombre de cas présentés (www.efficiencysystems.com).

9219 ED-i : convertir un fichier d'enseignement de mammographies analogiques au format électronique. Enseignement intensif de la mammographie de dépistage et de diagnostic
Apprentissage de la numérisation de mammographies. Les difficultés de la conversion sont envisagées : choix de la résolution, du contraste adéquat. Le but est de créer une banque de mammographies accessible facilement sur un PC pour l'enseignement de la mammographie.
Des liens permettent après analyse d'accéder au diagnostic. Logiciel utile pour rendre accessibles sur PC des kits d'enseignement de mammographies analogiques.

9240 ima-i : logiciel pour accélérer et améliorer l'analyse des IRM du sein.
Logiciel de post-traitement d'IRM mammaires. Reprend le principe du logiciel functool développé sur les consoles ADW par GE : analyse pixel par pixel et codage couleur des zones de rehaussement après injection. Calcul instantané des courbes de rehaussement des zones d'intérêt préalablement repérées par le codage couleur. Visualisation dynamique de coupes IRM. En fait, toutes les consoles de post-traitement des IRM commercialisées en France proposent maintenant ce type de logiciel.


Bibliographie :

MAMMOGRAPHIE NUMERIQUE
Skaane P, Young K, Skjennald A.
Population-based mammography screening: comparison of screen-film and full-field digital mammography with soft-copy reading--Oslo I study. Radiology. 2003 Dec;229(3):877-84.

INTERVENTIONNEL
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A hybrid breast biopsy system combining ultrasound and MRI. Piron CA, Causer P, Jong R, Shumak R, Plewes DB. IEEE Trans Med Imaging. 2003 Sep; 22(9): 1100-10

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Radiofrequency ablation of early-stage invasive breast tumors: an overview. Singletary SE, Fornage BD, Sneige N, Ross MI, Simmons R, Giuliano A, Hansen N, Kuerer HM, Newman LA, Ames FC, Babiera G, Meric F, Hunt KK, Edeiken B, Mirza AN. Cancer J. 2002 Mar-Apr; 8(2): 177-80

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Laser therapy for small breast cancers. Dowlatshahi K, Francescatti DS, Bloom KJ.
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Beyond randomized controlled trials. László Tabár, Bedrich Vitak, Hsiu-Hsi TonyChen, Ming-Fang Yen, Stephen W. Duffy, Robert A. Smith. Cancer 2001, Volume 91: 1724-1731.

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IMAGERIE MOLECULAIRE
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Biomarkers in imaging: realizing radiology's future. Smith JJ, Sorensen AG, Thrall JH. Opinion. Radiology. 2003; 227(3): 633-8.