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Imagerie ORL

Publié le 19/04/2010, mis à jour le 13/08/2010 par SFR

Antoine IANESSI
Service d’Imagerie Médicale, CHU Nice

Devant le nombre considérable de séances portant sur de multiples sujets il est souvent difficile de prendre rapidement ses marques dans un tel congrès. Fort heureusement, grâce au « guide book » distribué à l’enregistrement, j’ai pu facilement cibler les séances recommandées en imagerie de la face et du cou.
Cette année la radiologie ORL était à l’honneur avec des « fondations courses ».
La séance du vendredi sur la technique de réalisation d’imagerie était pleine et nous a appris les principaux pièges à éviter en fonction de la modalité employée scanner ou IRM. Les conférenciers (R. Maroldi, IT et MG Mack, DE) ont été très efficaces dans leur présentation.
Le cours modéré par V. Chong, SG sur l’oropharynx et le nasopharynx comprenait une présentation de F. Dubrulle très enrichissante.

Samedi, le cours sur les ganglions lymphatiques était surpeuplé. HC Thoeny (CH) nous a appris à rechercher une origine mélanique devant un hypersignal T1 des ganglions et une pathologie thyroïdienne devant un ganglion partiellement kystisé. On a aussi évoqué l’intérêt de la mesure de l’ADC pour distinguer les ganglions de lymphome versus carcinome spinocellulaire ou des ganglions bénins. Les cas soumis au vote de l’auditoire ont apporté un vrai « plus » à la séance. Les glandes salivaires ont été abordées avec un message à retenir : le risque qu’une tumeur salivaire soit maligne est d’autant plus élevé que la glande est petite. Ainsi, dans la parotide 80 % des tumeurs sont bénignes et parmi elles 80 % sont des adénomes pléomorphes classiquement uniques et qui récidivent souvent sur un mode multiple. De belles illustrations de propagation neurale aux nerfs crâniens V et au VII ont été montrées. AD King (HK) a assuré un cours sur les glandes thyroïde et parathyroïde. Il était très approfondi, avec la présentation des différents carcinomes thyroïdiens, les critères de nodule typiquement bénin et les arguments en faveur de la malignité. Le carcinome folliculaire représente 15 % des cancers de la thyroïde et ne présente habituellement pas de calcification. Il métastase à distance plutôt qu’au niveau ganglionnaire. Les 3 arguments forts de malignité sont l’hypoéchogénicité, les microcalcifications et les contours flous, irréguliers. Les 4 nodules typiquement bénins sont les nodules spongiformes, les nodules kystiques à contenu colloïde (queue de comète) ou avec débris, les nodules avec calcifications en coquille d’œuf. Les thyroïdopathies ont été détaillées au travers de 3 cas typiques soumis en quizz à l’audience : Hashimoto, Basedow, de Quervain. On a appris que les ganglions sont plutôt jugulocarotidiens dans la maladie de Basedow et médians sous le lobe inférieur dans la thyroïdite de Hashimoto.

Les séances scientifiques étaient nombreuses. En oncologie, plusieurs communications ont eu attrait à la diffusion pour la caractérisation (bénin/malin) des tumeurs de la parotide. Concernant ce point alors que plusieurs publications apparaissent concernant des valeurs seuils d’ADC pour ces caractérisations, une communication a mis l’accent sur la variabilité de cette valeur en fonction des paramètres de la séquence de diffusion sur une même machine et donc du risque d’erreur concernant la standardisation de ces valeurs d’ADC. On voit se profiler l’intérêt de la diffusion dans la différenciation récidive versus remaniement post radiothérapie.

Une séance spéciale sur le présent et le futur de l’échographie montre bien les divers axes de développement de ce secteur : l’élastographie, l’échographie de contraste, l’acquisition volumique. Le Professeur G Rizzato (IT) a dressé une vue d'ensemble très complète et intéressante des techniques et des indications actuelles de l’élastographie. L’orateur a précisé la non uniformité des techniques et de l’échelle de couleur selon les constructeurs. Je retiens l’aspect typique d’un kyste pur apparaissant en 3 couches superposées. En cours d’évaluation dans la sénologie, l’application en pathologie thyroïdienne est un sujet d’étude à ne pas manquer.

Le lundi, j’ai assisté à « l’interactive teaching session » de l’imagerie ORL. Ces séances avec boîtiers électroniques sont vraiment très enrichissantes. SJ. Golding avait préparé un cours transversal sur la pathologie sus-hyoïdienne avec des messages clefs et pratiques. La séance junior de la mi-journée du dimanche est bâtie sur le même modèle. La salle remplie de « fellows » est l’endroit idéal pour se faire des amis afin de mettre à mal le panel de radiologues seniors sur de multiples quizz. La séance était arbitrée avec beaucoup d’humour par A Szabo (HU). Le panel a gagné avec un point d’avance !
L’exposition technique était très grande. J’ai été attiré par l’échographe de la société Supersonic dont l’image bidimensionnelle est très réussie en dehors de son utilisation élastographique. Particulièrement bien reçu sur le stand Agfa, la dernière version du PACS intègre désormais des outils de post traitement 3D qui font penser que l’on pourra bientôt s’affranchir des consoles constructeurs.