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Imagerie ostéo-articulaire

Publié le 03/05/2011, mis à jour le 03/05/2011 par SFR
Florence MOREL
Service de Radiologie
Hôpital Bichat
Paris


Une séance a été dédiée à l’IRM 3T, nous rappelant notamment les principaux artéfacts rencontrés et comment optimiser nos séquences en imagerie ostéo-articulaire.
L’artéfact de déplacement chimique est majoré. Pour y remédier, on peut :
- Augmenter la matrice (ce qui entraine une perte de signal)
- Augmenter la bande passante (augmentation x 2 = perte de signal x 1,3)
L’augmentation du champ magnétique entraine un allongement du temps de relaxation longitudinale en T1 de 20-25 %. On doit donc augmenter le TR pour retrouver un signal équivalent.
Le T2 quant à lui diminue de 10-25 % selon les tissus, ce qui entraine une perte de contraste. Il faut donc ajuster le TE à la baisse (entre 30 et 55 ms environ).
On nous rappelle que les artéfacts de susceptibilité magnétique en T2* sont nettement plus importants.
Le SNR (rapport signal sur bruit) à 3T est approximativement augmenté d’un facteur de 1,8 par rapport à celui à 1,5T
Enfin, le dépôt d'énergie SAR est :
- oproportionnel à la fréquence
- oinversement proportionnel au TR
Donc, une « bonne stratégie » est d'augmenter le TR
-pour augmenter l'intensité du signal
-et le rapport contraste-bruit (CNR)
-et pour diminuer la déposition d'énergie (SAR)



Applications
: il est indispensable d’optimiser les protocoles pour avoir un gain appréciable par rapport à l’IRM 1,5T.
-On pourra réaliser des coupes plus fines et de ce fait avoir une meilleure résolution et moins de volume partiel (ex : continuité des ligaments au niveau de la cheville).
-On peut augmenter la résolution pour le même temps d'acquisition, ou alors diminuer le temps d’acquisition pour la même qualité d'image.
-3D-SPACE prend 7,5 minutes mais permet d'avoir en une seule acquisition les trois plans habituels et de faire du MPR dans un plan spécifique aux structures étudiées.
-L’IRM fonctionnelle permet d’apprécier le contenu en collagène des cartilages et des disques (perte de glycosaminoglycanes (GAG) dans l'arthrose précoce.
Quelques rappels intéressants au cours des différentes séances :
-les séquences STIR font annuler le signal de la graisse mais aussi tout ce qui est hyper en T1, dont les produits de dégradation de l'hémoglobine.
-Placer le patient en procubitus lors de la réalisation d’une IRM de la cheville ou du pied permet de diminuer l’artéfact d’angle magique ; ce qui peut s’avérer utile dans l’étude des structures ligamentaires et tendineuses.
Lors des séances scientifiques :
  • S.P. Yap (San Francisco) nous montre que le scanner périphérique haute résolution est performant pour déterminer le risque de fracture chez la femme ménopausée diabétique de type 2.
  • Les kystes interapophysaires liés à l’atteinte dégénérative articulaire ne sont pas toujours bien mis en évidence en IRM, qui reste cependant l’examen de référence. Leur détection peut être améliorée avec la lordose rachidienne (P. Niggemann, Bonn).
  • Y. Kwong propose d’utiliser la ligne de Mac Rae pour le diagnostic d’impression basilaire, car c’est une méthode fiable et facile à mémoriser. Par ailleurs, il rappelle que la fréquence de la maladie de Baastrup augmente avec l’âge (« vieillissement normal » du rachis) et qu’il ne faut pas la considérer systématiquement comme étant la cause des lombalgies.
  • A. Lawson (Cape Town) nous montre qu’il est possible d’apprécier le déplacement du muscle gastrocnémien en IRM (DENSE MRI), au cours de la flexion plantaire.
  • D. Orlandi (Gène) nous confirme la fiabilité de l’élastographie notamment dans la détection des altérations de l’aponévrose plantaire.
  • L’angle de torsion épiphysaire serait augmenté (> 20°) chez les sujets présentant un conflit fémoro-acétabulaire (C. Schaeffeler, Munich).
  • T.J. Dietrich (Zurich) nous rappelle que les encoches acétabulaires supérieures sont communes et ne doivent pas être considérées à tort comme des défects cartilagineux.
  • L’imagerie optique (vert d’indocyanine) reste malheureusement encore peu fiable pour la détection d’une activité inflammatoire articulaire au niveau du carpe et des doigts, chez les patients suivis pour polyarthrite. (R. Meier, Munich).
  • G. Bierry (Strasbourg) nous montre l’intérêt des USPIO (T2*) dans le suivi des arthrites septiques. Chez des lapins, ils ont observé une normalisation des images en T2* lors de la stérilisation articulaire, alors que la prise de contraste après injection de gadolinium persiste (synovite).
  • Enfin, S. Weckbach (Munich) nous apprend que l’IRM de diffusion corps entier couplée à une séquence HASTE STIR dans le bilan d’une fièvre d’étiologie inconnue peut être intéressante, notamment lorsque les autres techniques d’imagerie se sont avérées négatives. Elle présente une excellente sensibilité et spécificité mais il faudra souligner cependant qu’il existe des artéfacts cervicaux.