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Les séquences de diffusion améliorent les capacités diagnostiques de l'entéro-IRM pour la détection des tumeurs de l'intestin grêle.

Mis à jour le 11/12/2014 par SFR

 

Amzallag-Bellenger et coll. ont évalué rétrospectivement la valeur ajoutée des séquences de diffusion pour détecter une tumeur du grêle par rapport aux séquences classiques en entéro-IRM à I.5 T. Quatre-vingt-dix-huit patients suspects de tumeur du grêle, ayant eu une entéro-IRM ont été inclus dans l’étude. Les entéro-IRMs comprenaient une séquences HASTE (séquence très pondérée T2) (axiale et coronale), une séquence TrueFisp (séquence rapide d'écho de gradients pondérée T2/T1) (axiale et coronale), une séquence en 3 D VIBE (écho de gradient rapide pondérée T1) avant et après injection d’un chélate de gadolinium (axiale et coronale) et une séquence de diffusion (axiale, b = 0 et 800 s/mm2). Les entéro-IRMs étaient effectuées après ingestion d’1,5 litre de PEG. Une injection de glucagon était réalisée avant les séquences diagnostiques. Deux lecteurs indépendants, d’expériences différentes (un radiologue junior et un radiologue senior) ont analysé les images réparties en 4 séries indépendantes (sets 1, 2 et 3).


Le set 1 comprenait les séquences TrueFisp et HASTE, le set 2 les séquences TrueFisp, Haste et diffusion, le set 3 les séquences TrueFisp, HASTE et 3 D VIBE et le set 4 la totalité des séquences (set 3 + séquence de diffusion). Chaque set a été interprété en utilisant une échelle de 0 à 3 pour la présence ou l’absence de tumeur du grêle. Les valeurs de sensibilité, spécificité, VPP, VPN et exactitude ont été calculées pour chaque set. L’agrément entre les deux lecteurs a été comparé par le test du Kappa.


Parmi les 98 patients, 29 (29,5 %) avaient une tumeur du grêle d’une taille moyenne de 27,2 ± 17,3 mm (extrêmes : 7 – 71 mm), consistant en 21 tumeurs malignes (carcinoïdes, n = 11, métastases, n = 2, lymphomes, n = 5, adénocarcinomes, n = 3) et 8 tumeurs bénignes (tumeurs stromales, n = 6; lipome, n = 1; pseudopolype inflammatoire, n = 1).


Avec le set 1, le lecteur junior atteignait une sensibilité de 51,7 % et le lecteur senior de 75,9 %. Avec le set 2, le lecteur junior atteignait une sensibilité de 72,4 % et le lecteur senior de 79,3 %. Avec le set 3, le lecteur junior atteignait une sensibilité de 86,2 % et le senior de 89,7 %. Pour les deux lecteurs, la séquence de diffusion améliorait les performances de l’entéro-IRM du set 1 mais la différence n’était significative que pour la sensibilité du lecteur junior. Le set 2 était inférieur au set 3 en termes de sensibilité pour le lecteur junior mais équivalent pour le lecteur senior. Le meilleur agrément inter-observateurs était obtenu avec le set 3 (K = 0.76). L’apport de la séquence de diffusion au set 3 n’améliorait pas la sensibilité de la détection tumorale tant pour le lecteur junior que pour le lecteur sénior.


Les auteurs concluent que les séquences de diffusion apportent un « plus » diagnostique en entéro-IRM effectuée avec des séquences HASTE et TrueFisp , même si l’apport n’est net que pour les lecteurs juniors. Enfin, l’usage de la séquences de diffusion ne permet pas de s’affranchir de l’injection de gadolinium qui reste indispensable en l’absence de contre-indication.

 

Amzallag-Bellenger E, Soyer P, Barbe C, Nguyen TL, Amara N, Hoeffel C. Diffusion-weighted imaging for the detection of mesenteric small bowel tumours with Magnetic Resonance--enterography. Eur Radiol 2014 Aug 12.

 

Pour consulter l’article :

 

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25113647