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STONE Score(1): Un nouveau score clinique prédictif du résultat du scanner dans la colique néphrétique non compliquée ?

Mis à jour le 22/05/2015 par SFR

 

La colique néphrétique est une pathologie fréquente, touchant le plus souvent des sujets jeunes. Il est admis en France, que le scanner abdomino-pelvien non injecté, basse dose est l’examen le plus performant pour poser le diagnostic de colique néphrétique non compliquée. Cependant, il reste source d’exposition aux rayonnements ionisants et coûteux.

Aux Etats-Unis, le scanner pratiqué face à une suspicion de colique néphrétique simple est un scanner non injecté standard. Il est reconnu pour être le meilleur examen d’imagerie pour confirmer le diagnostic depuis la publication de Smith et al en 1996(2, 3). Depuis, le nombre de scanners réalisés aux Etats-Unis pour suspicion de colique néphrétique simple a été multiplié par 10. L’impact sur la stratégie thérapeutique reste peu évident.

Dans cet article paru en mars 2014 dans le British Medical Journal, les auteurs, des médecins urgentistes, des médecins internistes, des urologues et des physiciens américains et néo-zélandais, ont voulu évaluer la performance d’un score clinique (le Stone Score) prédictif de lithiase urétérale non compliquée. Un score élevé serait lié à une forte probabilité de colique néphrétique simple et une faible probabilité de diagnostic différentiel. Ainsi, les patients pourraient être pris en charge soit sans imagerie, soit avec une imagerie alternative (échographie ou scanner basse dose).

Afin d’établir ce score, après une analyse de la littérature, ils ont analysé les données cliniques de patients pour lesquels avait été réalisé un scanner selon le protocole « douleur lombaire » (pour lesquels le scanner confirmait le diagnostic de lithiase urétérale).
Les critères d’exclusion étaient : absence de douleur lombaire ou dorsale, contexte traumatique, signes d’infection évidents, contexte de néoplasie active, insuffisance rénale ou antécédent de traitement urologique. Finalement, 1040 patients ont été inclus.
Ils ont ainsi pu déterminer grâce aux analyses statistiques les 5 données cliniques les plus prédictives de colique néphrétique (CN) simple : sexe masculin, courte durée de la douleur, origine caucasienne, présence de nausées ou vomissements et présence d’une hématurie microscopique.

Ils ont ainsi pu définir 3 niveaux de probabilité en fonction du score établi (cf Figure 1 ci-dessous): "Faible" (score de 0-5), "Modéré" (score de 6-9) et "Elevé" (score de 10-13) et testé le score établi sur 491 patients consécutifs mais également sur la cohorte rétrospective.

En utilisant ce score, la probabilité d’avoir une CN simple était d'environ 9 % pour les scores "Faible", 51 % pour les scores "Modéré" et 89 % pour les scores "Elevé".
La probabilité de diagnostic différentiel dans le groupe avec un score "Elevé" variait de 0.3 % à 1.6 % en fonction de la cohorte.

Les auteurs concluent que ce score permet de prédire la présence d’une lithiase urétérale comme étiologie à la symptomatologie du patient. Ils n’écartent pas l’intérêt du scanner mais soulignent que malgré les recommandations du Collège Américain de Radiologie de 2011, très peu de scanner sont réellement réalisés avec réduction de dose. De plus, en dehors des Etats-Unis, le scanner n’est pas nécessairement l’examen de 1ère intention réalisé devant une suspicion de CN simple. Certains auteurs, les recommandations de la société européenne d’urologie et le guide du bon usage (France) placent l’échographie comme examen de 1ère intention dans certaines conditions (4,5,6). Il pourrait ainsi être intéressant d’utiliser ce score et d’y rajouter un item échographique (présence d’une hydronéphrose) qui permettrait de créer un nouvel algorithme de stratégie diagnostique. Une évaluation multicentrique reste nécessaire.

 

(1) Moore CL, Bomann S, Daniels B, Luty S, Molinaro A, Singh D, Gross CP. Derivation and validation of a clinical prediction rule for uncomplicated ureteral stone-the STONE score: retrospective and prospective observational cohort studies. BMJ. 2014 Mar 26;348:g2191.

(2) R. C. Smith, M. Verga, S. McCarthy, and A. T. Rosenfield, “Diagnosis of acute flank pain: value of unenhanced helical CT.,” AJR. Am. J. Roentgenol., vol. 166, no. 1, pp. 97–101, Jan. 1996.

(3) R. C. Smith, M. Verga, N. Dalrymple, S. McCarthy, and A. T. Rosenfield, “Acute ureteral obstruction: value of secondary signs of helical unenhanced CT.,” AJR. Am. J. Roentgenol., vol. 167, no. 5, pp. 1109–13, Dec. 1996.

(4) C. Moore and L. Scoutt, “Sonography first for acute flank pain?.,” J. Ultrasound Med., vol. 31, pp. 1703–1711, 2012.

(5) S. J. Park, B. H. Yi, H. K. Lee, Y. H. Kim, G. J. Kim, and H. C. Kim, “Evaluation of patients with suspected ureteral calculi using sonography as an initial diagnostic tool: how can we improve diagnostic accuracy?,” J. Ultrasound Med., vol. 27, pp. 1441–1450, 2008.

(6) T. Knoll, “S2 guidelines on diagnostic, therapy and metaphylaxis of urolithiasis : Part 1: Diagnostic and therapy.,” Urologe. A, vol. 48, no. 8, pp. 917–24, Aug. 2009.