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Traumatismes pénétrants : alerter le radiologue avant le chirurgien ?

Mis à jour le 21/06/2018 par SFR

 

Kathia Chaumoitre et Ugo Scemama, Fédération d'imagerie d'urgence (FIU)

 

En cas de traumatisme pénétrant, le dogme de l’exploration chirurgicale première et systématique est remis en question. Dans European Journal of Trauma and Emergency Surgery, Navsaria P et al., proposent un traitement non opératoire en cas de traumatisme par arme à feu, thoraco-abdominal avec point d’entrée flanc/hypochondre droit (1). Ce traitement conservateur est possible grâce à un scanner injecté permettant un bilan précis des lésions et de la trajectoire des projectiles. Il s’adresse à des patients stables avec des lésions hépatiques et/ou rénales sans atteinte digestive. Sur leur cohorte de 191 patients présentant ce type de lésions sans signe de péritonite, seulement trois d’entre eux ont dû être opérés dans le suivi.

Pour ces traumatismes pénétrants, il apparait qu’un scanner injecté sans balisage digestif est aussi performant qu’une acquisition avec balisage oral et rectal comme le rapportent Jawad H et al. sur 274 patients (162 lésions digestives) (2). La performance du scanner pour le diagnostic des lésions digestives est élevée avec une sensibilité de 88 % et une spécificité de 72 %.

Au total, les traumatismes pénétrants (malheureusement de plus en plus fréquents en France) ont une prise en charge qui tend à se rapprocher de celle des traumatismes fermés avec une utilisation de plus en plus systématique du scanner chez les patients stables.

 

Référence :  

1. Navsaria P et al. Selective nonoperative management of liver gunshot injuries. Eur J Trauma Emerg Surg. 2018 Jan 24. doi: 10.1007/s00068-018-0913-z.

2. Jawad H et al. Single-Contrast CT for Detecting Bowel Injuries in Penetrating Abdominopelvic Trauma. AJR Am J Roentgenol. 2018;210:761-765.