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Cancers pulmonaires : ils pourraient aussi métastaser par voie aérienne !

Mis à jour le 09/07/2015 par SFR

 

Dans un article paru en décembre 2014 dans l’American Journal of Roentgenology (1), A. Gaikwad et al. s’intéressent à l’imagerie et à la physiopathologie des métastases aérogènes. Définies comme la propagation de cellules tumorales depuis la lésion primitive jusqu’au parenchyme pulmonaire adjacent ou plus distant via les voies aériennes, leur existence est encore débattue, malgré des données expérimentales (dès 1946) montrant le développement de métastases chez la souris après instillation endotrachéale, et les avancées plus récentes de la biologie moléculaire rapportant une origine monoclonale à de nombreux adénocarcinomes

multifocaux. Dans la nouvelle classification des adénocarcinomes pulmonaires, ce serait les sous-types lépidique, papillaire et micropapillaire qui seraient les plus à même de métastaser par voie aérienne, d’autant plus qu’ils sont de phénotype mucineux.


En imagerie TDM, les anomalies suggestives d’une dissémination aérogène sont les nodules centrolobulaires persistants et les opacités micronodulaires branchées (arbre en bourgeon), classiquement aux contours flous et avec du verre dépoli périphérique. Ces nodules tendent à la confluence et à la progression, pouvant aboutir à des plages de condensation alvéolaire. Ils prédominent en périphérie du primitif et dans les segments postéro-basaux des lobes inférieurs. Les diagnostics différentiels à évoquer sont infectieux, iatrogènes post LBA et condensations secondaires à l’obstruction bronchique tumorale d’amont.


Au total, des nodules centrolobulaires flous ou du verre dépoli gravito-dépendant chez un patient suivi pour adénocarcinome peuvent faire évoquer des métastases aérogènes, et ce d’autant plus que les lésions persistent ou progressent (Figure 1, issue de l'article) et que la tumeur primitive est de phénotype mucineux. Cette occurrence serait moins péjorative que des métastases hématogènes ou lymphatiques, mais de moins bon pronostic qu’un primitif multifocal synchrone.

 

1. Gaikwad A, Souza CA, Inacio, JR et al. Aerogenous Metastases: A Potential Game Changer in the Diagnosis and Management of Primary Lung Adenocarcinoma. American Journal of Roentgenology, (2014) 203(6), 570-582.

 

 

 

Figure 1 : Homme de 56 ans avec adénocarcinome lobaire supérieur droit et métastases aérogènes présumées en lobaire inférieur droit.
Le scanner initial (A) met en évidence des micronodules branchés dans le lobe inférieur droit. Le contrôle à 4 mois (B) objective une progression de ces nodules. Une wedge-résection dans le lobe inférieur a confirmé l’adénocarcinome, de même type histologique que la tumeur primitive (prédominance papillaire). Le patient n’avait pas d’autre métastase.