Décès du Professeur Daniel Fredy

 La Société française de radiologie a la tristesse de vous faire part du décès du Professeur Daniel Fredy, et adresse à sa famille et ses proches sa profonde sympathie. En savoir plus...

Daniel Frédy vient de nous quitter, le 3 juillet à l’âge de 81ans.

Né à Istanbul, ayant passé sa jeunesse à Dijon et bourguignon de cœur, Daniel Frédy fait ses études de Médecine à Paris ; il va y passer les concours d’externat puis d’internat. Souvent, Daniel évoquait ses stages d’étudiant puis d’interne, en particulier ceux effectués à l’hôpital de la Salpétrière dans le service du professeur Raymond Garcin et à l’hôpital Foch dans le service du professeur Gérard Guiot. De ses rencontres, déterminantes pour le choix de sa vie professionnelle, est née sa passion pour la prise en charge des patients atteints de maladies du système nerveux. Pour lui, comme il le répétait souvent, la radiologie était « de la clinique en image ». Chef de clinique – assistant dans le service du professeur Jacques Bories à la Salpétrière, il va acquérir une parfaite maitrise de l’encéphalographie gazeuse, en particulier pour l’exploration de la corne temporale. Ses travaux, qu’il publiera et qui seront salués dans le Year Book of Medicine, contribueront à le faire connaître. Le professeur Jean Talairach, père de la neurochirurgie stéréotaxique, le fait venir à l’hôpital Sainte-Anne en 1972 pour y développer l’activité de neuroradiologie. Il y retrouve un neurologue qui a beaucoup compté dans sa vie et dans sa carrière, le professeur Pierre Rondot, chef de service de neurologie, dans lequel il va animer le fameux staff du samedi midi. Daniel Frédy sera nommé chef de service puis professeur des universités en 1980 et c’est avec un enthousiasme constant qu’il va mener cette double mission et contribuer à l’essor de l’imagerie dans toutes ses composantes. C’est d’ailleurs avec le professeur Serge Askienazy, chef de service de médecine nucléaire, qu’il va assurer la gestion du scanner, les équipes des deux services trouvant dans cette collaboration de réelles raisons d’épanouissement professionnel.

Ceux qui ont eu la chance de côtoyer Daniel Frédy ont pu apprécier l’importance qu’il a donné à l’enseignement. Le savoir doit se partager car l’enseignement « permet de donner autant aux autres qu’à nous-mêmes pour parfaire notre métier ». Pour lui, l’élève doit « dépasser le maître ». Qu’il s’agisse des élèves manipulateurs de L’École nationale de chimie physique et biologie de Paris, des externes qui ont découvert avec lui la radiologie, des internes qui ont appris la neuroradiologie à l’aide d’anecdotes parfois imagées ou des visiteurs des Journées du Patrimoine, tous ont été impressionnés par sa culture et sa passion. Daniel a eu à cœur de favoriser l’évolution professionnelle de membres de son équipe ; grâce à lui, des aides-soignants sont devenus manipulateurs d’électroradiologie.

Daniel Frédy était un homme sincère et profondément humain. Il a consacré une grande partie de sa vie au soutien à apporter aux personnes atteintes de handicap et, plus récemment, a cherché les raisons du mal-être ou des troubles ressenties par les traumatisés crâniens.
Daniel Frédy était un homme de goût qui aimait sa région d’origine. Il a intronisé bon nombre de ses amis à la Confrérie des Chevaliers du Tastevin.


Daniel Frédy était un homme cultivé et curieux. Il s’est occupé du musée historique de l’hôpital Sainte-Anne pendant 15 ans et a été président de l’Association des amis du musée. C’est dans cette fonction qu’il a pu montrer à quel point les sciences neurologiques et psychiatriques méritent d’être proches.

Ses obsèques auront lieu à Tel Aviv dimanche 12 juillet. Au nom de la communauté radiologique attristée, nous adressons à sa famille et à ses proches nos plus sincères condoléances.


Jean-François Meder, Catherine Oppenheim, Sylvie Godon-Hardy, Olivier Naggara, Denis Trystram, Claude Marsault