Décès du Professeur Henri Nahum

 La Société française de radiologie a la tristesse de vous faire part du décès du Professeur Henri Nahum, et adresse à sa famille, ses proches et ses nombreux élèves sa profonde sympathie. En savoir plus ...

Henri Nahum nous a quitté le Vendredi 20 Décembre 2019 dans la paix et entouré des siens.
Il était né le 19 Juillet 1928 à Smyrne. Lorsqu’il a atteint l’âge de 7 ans, ses parents, enseignants, francophones et francophiles, ont émigré au Maroc. Cette enfance internationale et méditerranéenne aura marqué sa vie, son intérêt pour le monde, pour tous les humains et pour toutes les cultures. 


Il vient à Paris pour faire ses études de médecine et choisit la radiologie, et plus particulièrement la radio-pédiatrie, avec son maitre et ami Jacques Sauvegrain. Mais le destin en avait décidé autrement. Appelé à l’hôpital Beaujon pour un intérim d’un an, il y fit en réalité toute sa carrière de Professeur d’Université.

Il a été un des grands artisans du développement de la radiologie clinique, qui a transformé notre métier, aujourd‘hui reconnu et estimé comme un acteur majeur auprès du patient. Il a développé l’activité universitaire en radiologie, et naturellement occupé des fonctions majeures dans la communauté médicale, en présidant la commission médicale de l’Hôpital Beaujon et en devenant Secrétaire Général de la Société Française de Radiologie qu’il a beaucoup modernisée. Sous son impulsion, les Journées Françaises se sont développées, gagnant en qualité et en audience, posant les bases solides de ce qu’elles sont aujourd’hui. Il devint aussi Directeur de Collection pour Flammarion, à l’origine d’une série d’ouvrages à succès. 

Mais la radiologie n’était qu’un des aspects de sa passion. Il voulait participer plus avant à la vie de la cité et il fût élu conseiller municipal de Clichy. Comme toujours, il accomplit complètement cet engagement citoyen, sans se départir d’un regard indépendant. Grand lecteur depuis toujours, son inclinaison pour l’histoire lui fit reprendre des études à la Sorbonne jusqu’à obtenir le titre de Docteur en Histoire, lors de la soutenance impressionnante, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, de sa thèse sur les Juifs de Smyrne à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Il écrira plusieurs ouvrages qui font autorité et participera à des congrès d’historiens. Il réunira aussi ses passions en reconstituant l’histoire de la radiologie française au travers des archives du centre Antoine Béclère et de la SFR.


Ce parcours pluridisciplinaire transcrit fidèlement la personnalité d’Henri Nahum. Au-delà des techniques et des faits, ce sont les rapports humains qui l’intéressaient au plus haut point. La médecine, la politique, l’histoire sont des observatoires de la vie des hommes. Il aimait passionnément les échanges. Tous ceux qui l’ont côtoyé en dressent un portrait similaire : attentif, ouvert, cultivé et positif. Au-delà de la fonction ou du métier, c’est la personnalité de son interlocuteur qu’il voyait et dont il discernait les qualités. Son regard si bienveillant a rendu meilleur plus d’un d’entre nous. Comment expliquer autrement qu’il ait eu tant d’amis et d’admirateurs fidèles dans des cercles si différents ?

Nous avons perdu un Maître, et pas seulement en radiologie. Beaucoup d’entre nous ont perdu un mentor, un ami, un père, et souvent tout cela à la fois. Les souvenirs sont nombreux, mais nous en aurions voulu plus encore et il va tellement nous manquer.


Nous présentons nos condoléances à Marie-Odile, avec laquelle il a formé un couple lumineux depuis leur rencontre et jusqu’au dernier jour, à ses enfants Pierre et Marc et leurs familles, dont il parlait souvent avec tendresse et fierté, à notre amie Catherine Adamsbaum, sa nièce, dont il suivait la carrière avec affection et admiration, et à toute sa famille, qui comptait tellement pour lui.


Au nom de tous ses élèves.

Valérie Vilgrain, Philippe Grenier, Claude Marsault, Yves Menu, Marc Zins, et en souvenir de Marc Levesque